Me Adrien Houngbédji, président de l'Assemblée nationale
Me Adrien Houngbédji, président de l'Assemblée nationale

Soutien ou opposition parlementaire au Gouvernement, respect des décisions de la Cour Constitutionnelle, grève, insécurité et crimes rituels… : Le Président Adrien Houngbédji en parle

Me Adrien Houngbédji

                                                                                            Me Adrien Houngbédji

L’occasion de l’ouverture de la première session ordinaire de 2018 de l’Assemblée nationale a été celle choisie par le président Adrien Houngbédji pour se prononcer sur certains dossiers brûlants de la vie socio-politique et économique du Bénin. Qu’il s’agisse du soutien ou de l’opposition parlementaires au Gouvernement, du respect des dernières décisions de la Cour Constitutionnelle, de la grève dans les secteurs de l’Enseignement, de la Santé de la Justice, de l’insécurité et les crimes rituels qui les accompagnent ces derniers temps… le premier des élus de la 7ème législature, Adrien Houngbédji s’est prononcé et a, pour chacun des sujets, dit sa conviction.

« …dans un Parlement, tout peut se dire. Tout ! Sauf… »

Pour le président Houngbédji, il est de l’ordre normal de la vie politique notamment celle de l’Assemblée nationale qu’un camp soutienne le Gouvernement en place et que dans un autre camp, des députés critiquent, dénoncent, fassent des contre-propositions.

« …Élus un an avant le Président de la République Patrice TALON, mais légiférant pendant sa mandature, vous l’avez généralement accompagné dans sa politique de réforme. Vous l’avez fait et vous le ferez au nom de l’intérêt général.  Vous avez travaillé au rythme des réformes proposées par le gouvernement, rejetant certaines de ces réformes (la plus importante en particulier), approuvant d’autres, amendant la plupart, dans la plus pure tradition parlementaire. Il est indéniable que votre législature est déjà l’une des plus performantes que nous ayons connues. Le mérite en revient à chacune et chacun d’entre vous, qu’il soit de la majorité ou de la minorité, les propositions des uns s’enrichissant des critiques des autres. Il est normal en démocratie, que dans un Parlement, les uns soutiennent le Gouvernement et prennent fait et cause pour lui. Tout comme il est normal que les autres, ceux de l’opposition, critiquent, dénoncent, fassent des contre-propositions. Il n’y a aucune ignominie à être dans un camp ou dans l’autre.  Et dans un Parlement, tout peut se dire. Tout ! Sauf à respecter l’autre. Sauf à respecter les institutions. Sauf à éviter que les injures ne fusent, que les coups de poings ne pleuvent ou que les chaises ne voltigent. Ensemble nous y avons veillé, donnant au fil des séances, à notre Parlement, l’image qui sied, à une démocratie apaisée et enviée.C’est à cette vigilance de tous les instants, qui est une exigence vis à vis de nous-mêmes, sans compromis ni complaisance que je voudrais nous inviter… »

« Je nous exhorte donc à nous exécuter. Sans débat.  La guerre des institutions n’aura donc pas lieu ici »

Les décisions de la DCC 17-252 du 12-12-17 et DCC 18-075 du 15-03-18 relatives à la désignation des membres du COS-LEPI seront respectées c’est ce qui ressort du discours du Président Adrien Houngbédji ce lundi 09 avril 2018 . Si le président Adrien Houngbédji, comme beaucoup d’autres s’interrogent sur l’étendue et l’utilisation des pouvoirs de la Cour Constitutionnelle, il exhorte ses collègues à exécuter ses dernières décisions.

« …Notre second sujet de préoccupation en ce début de session, est celui de notre rapport à la Constitution et au juge constitutionnel. J’ai longtemps hésité à en parler. Si j’ai finalement pris le pari de le faire, c’est parce qu’il est de mon devoir d’en parler, ayant mesuré l’émoi provoqué en notre sein et en dehors par les dernières décisions de la Cour Constitutionnelle. Il est de mon devoir d’en parler parce-que les décisions DCC 17-252 du 12-12-17 et DCC 18-075 du 15-03-18 impactent directement nos travaux. L’étendue des pouvoirs que s’est reconnu le juge constitutionnel, en a surpris plus d’un. Il me faut en parler pour prévenir les débats passionnés qui pourraient s’instaurer ici, soit qu’on approuve soit qu’on désapprouve. L’effet le plus évident d’un tel débat serait d’ouvrir les hostilités entre institutions, facteur de déstabilisation de notre jeune démocratie.Et connaissant notre Pays, je sais d’expérience que les pyromanes sont embusqués qui mettront de l’huile sur le feu, et que dans les prochaines semaines, les recours fuseront de partout et de nulle part, pour hâter cette déstabilisation. Si je devais paraphraser une célèbre chanson, je dirais….Devant cette perspective, je voudrais nous inviter à la sagesse.  La Constitution est la clé de voûte, la Loi Fondamentale de notre pays ; nul n’est au-dessus d’elle.  Le juge constitutionnel est chargé de veiller à son respect.  Certes nous découvrons qu’à l’occasion de son office, il peut même écarter une loi, tenir en échec le Règlement Intérieur, se substituer à la Constitution elle-même en l’interprétant.Ses décisions sont sans recours, car il est infaillible dans son interprétation. Nous ne le savions pas et il n’est pas sans intérêt, pour aujourd’hui et pour demain, que le juge nous le rappelle. Je nous exhorte donc à nous exécuter. Sans débat.  La guerre des institutions n’aura donc pas lieu ici.  Il nous arrivera bien sûr, à vous et moi, simples législateurs, de nous tromper dans notre approche des textes, ne pouvant deviner à priori, l’approche de ces mêmes textes par le juge constitutionnel. D’admettre que nous ne sommes pas infaillibles est un signe de grande sagesse !  Aristote disait que la sagesse est recommandée au législateur comme elle est recommandée au juge. Elle n’est ni une science ni une technique ; il disait qu’elle est théorique et qu’elle est aussi pratique.  La vraie sagesse conclut-il est celle qui réalise la conjonction de la théorie et de la pratique, car elle est conscience de soi et conscience des autres ; elle est modération, bon sens et prudence ; elle scrute l’avenir. Hors de là, vanité sur vanité, tout est vanité ; les hommes passent, les institutions restent… »

A propos des grèves dans divers secteurs

  L’Assemblée nationale n’est pas insensible aux mouvements de débrayage qui secouent l’administration publique. Voilà ce qu’en dit le président Adrien Houngbédji.

« Notre pays traverse depuis quelques semaines une crise sociale caractérisée par le durcissement des mouvements de grève dans différents secteurs, notamment ceux de l’éducation, de la justice et de la santé. La Représentation Nationale ne saurait rester indifférente face à cette situation aux conséquences désastreuses sur l’économie et l’équilibre social.  Il urge que le dialogue engagé par les protagonistes se poursuive et aboutisse à une baisse significative de la tension, voire à un règlement définitif de la crise. Je voudrais à cet égard, en appeler à la conscience et au patriotisme de tous les acteurs concernés et plus particulièrement aux responsables syndicaux. L’Assemblée Nationale, pour sa part, jouera sa partition dans le sens de l’encadrement du droit de grève et de la prévention des conflits. Lorsqu’elle aura à examiner de nouveau les textes remis en cause par la Cour Constitutionnelle. Elle adoptera la méthode participative, pour tenter d’a  à des règles consensuelles. Une Nation qui aspire au développement et au bien-être de ses citoyens doit savoir concilier l’équilibre entre le droit des uns et les obligations des autres… »

 

La position de l’Assemblée nationale face à l’insécurité et aux crimes rituels

 La vague d’insécurité pointillée de crimes rituels que traverse le Bénin a été aussi abordé par le Président Adrien Houngbédji dans son discours d’ouverture de la première session ordinaire de 2018. Le président du Parlement invite à ce sujet, le Gouvernement à prendre des mesures idoines, pour rassurer notre peuple qui vit dans la psychose et le désarroi.

« A cette crise qui peine à être jugulée, s’ajoute une autre forme d’insécurité jamais connue qui se manifeste par des crimes crapuleux, dits rituels. Ces crimes jettent le discrédit sur notre pays et font lourdement peser la peur au sein de l’opinion publique, sans oublier leur impact sur le tourisme.Au nom de la Représentation nationale, j’invite le Gouvernement à prendre des mesures idoines, pour rassurer notre peuple qui vit dans la psychose et le désarroi. Tout doit être mis en œuvre pour que les auteurs et les commanditaires de tels actes soient identifiés et punis sans ménagement conformément aux textes en vigueur. A tous nos concitoyens, je voudrais dire que la sécurité est l’affaire de chacun et de tous. Et qu’il leur revient de dénoncer aux structures compétentes, les comportements suspects de leur entourage. C’est le lieu de rendre un hommage à nos forces de la Police républicaine pour leur détermination à endiguer le mal… »

 ( Lire, ci-dessous,  l’intégralité du discours du président Adrien Houngbédji)

 F. Z. OKOYA   www.visages-du-benin.com  Toute l’actualité du Bénin et d’ailleurs depuis 2009 ! Restez connecté avec nous,  restez informé!

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