Outre le bilan à mi-parcours de la 9ème Législature de l’Assemblée nationale du Lire + Bénin, la démocratie, l’intégration économique et la paix en Lire + Afrique étaient aussi au cœur des préoccupations du Président Louis G.VLAVONOU le lundi 15 avril dernier.
Dans son discours d’ouverture de la première session ordinaire 2024, le Président de l’Assemblée nationale du Lire + Bénin a partagé son analyse sur la situation qui prévaut au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) suite à la décision du Niger, du Burkina-Faso et du Mali de se retirer de l’Institution sous régionale.
Louis G. VLAVONOU en est arrivé à la conclusion que c’est encore possible de sortir de l’impasse actuelle, car pour le Président du Parlement béninois, ” aujourd’hui plus qu’hier, le salut individuel et collectif des États ouest-africains, aussi bien en matière de développement que sur le plan sécuritaire, se trouve dans l’union et non dans la division “.
Morceaux choisis !
« Comme vous le savez, la présente session s’ouvre dans un climat de doutes et d’incertitudes quant à l’avenir de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), une organisation de tous les espoirs. Il s’agit en effet d’un outil privilégié d’intégration régionale et sous régionale naguère envié et aujourd’hui copié, parfois avec beaucoup moins de réussite, par les quatre autres régions du Continent, créant ainsi les cinq piliers de base de l’Union Africaine. De fait, la création de l’Alliance des États du Sahel regroupant les républiques sœurs du Burkina Faso, du Mali et du Niger, suivie de l’annonce de leurs retraits respectifs de cette institution de référence, en réaction aux sanctions conjoncturelles précédemment prises à leur encontre, mais déjà levées pour la plupart, est incontestablement un sujet de préoccupation majeure pour tous les dirigeants de notre espace géopolitique. En effet, une telle perspective serait la dernière chose à désirer, après un demi-siècle d’efforts et de sacrifices consentis par nos différents pays pour bâtir, patiemment et laborieusement, cet édifice commun désormais menacé de destruction. De fait, une déstabilisation, même partielle, de notre organisation commune, ne manquera pas d’affecter nos États et d’accentuer les souffrances de nos populations liées à une balkanisation parfois excessive, toutes choses que les pères fondateurs ainsi que tous les dirigeants qui se sont succédé depuis lors à la tête de nos États respectifs, cherchaient plutôt à atténuer !
Par ailleurs, il va sans dire que d’autres outils d’intégration, dont au premier chef l’Union économique et monétaire ouest-africaine, s’en trouveront forcément fragilisés à court ou moyen terme ; d’où la nécessité de privilégier le dialogue et le compromis dans la recherche de solutions à cette crise naissante. C’est pourquoi nous devons nous féliciter de l’engagement résolu de la conférence des chefs d’État et de gouvernement dans ces voies, à la faveur du dernier sommet extraordinaire de la CEDEAO tenu à Abuja et consacré à l’analyse de la situation délétère qui prévaut actuellement dans notre sous-région. Cette situation aurait même probablement été explosive si le Sénégal n’avait pas évité, in extremis, le chaos qui se profilait à l’horizon, en organisant finalement des élections apaisées et dans les délais constitutionnellement impartis, à la surprise générale ! C’est tout à l’honneur du vaillant peuple sénégalais et de tous les acteurs de cette prouesse qui rend témoignage à la démocratie et à l’État de droit.
Quoi qu’il en soit, tout le monde s’interroge naturellement sur l’origine de nos difficultés actuelles et les pistes probables de solution. À mon humble avis, la cause lointaine, voire fondamentale, de la déstabilisation de notre communauté demeure cette guerre asymétrique imposée par les organisations terroristes aux États sahéliens dans leur ensemble et à certains États côtiers dont le Lire + Bénin, au lendemain de la désintégration de la Libye intervenue en octobre 2011. De fait, le phénomène tentaculaire du terrorisme, en endeuillant quotidiennement familles et villages et en défiant les forces de défense et de sécurité a compromis la paix, la stabilité politique et la sécurité dans la plupart des pays touchés. Et comme il a un caractère transfrontalier, les risques de contagion doivent certes être pris au sérieux ; mais il me paraît impérieux que tous les États de notre sous-région agressée restent unis et qu’ils mutualisent leurs forces pour y faire face, avec quelque chance de succès !
En termes clairs, aujourd’hui plus qu’hier, j’estime que le salut individuel et collectif des États ouest-africains, aussi bien en matière de développement que sur le plan sécuritaire, se trouve dans l’union et non dans la division, car, comme l’enseigne justement un proverbe africain : « l’union dans le troupeau oblige le lion à se coucher avec la faim. » Cela me paraît encore possible si l’on opère les réformes courageuses qui permettent de sortir de l’impasse actuelle ; c’est une question de volonté politique ! »
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Francis Z. OKOYA