Commencée au Lire + Bénin en 2001, la prise en charge des dialysés et les frais inhérents étaient entièrement payés par l’État à tous patients admis dans les centres de dialyse sans distinction de la catégorie socio-professionnelle, a été suspendue en 2019.
« Les rapports d’audits et ceux de la commission chargée du contrôle de la qualité des prestations de soins ont révélé des insuffisances et des pratiques de mal gouvernance dans la prise en charge des patients dialysés au Lire + Bénin. Ces pratiques se traduisent par des facturations de soins fictifs, des prestations non réalisées (forfaits pour des produits d’entretien des salles, de nettoyage des mains et des équipements, etc.). Ce système de gestion a participé à l’inflation des dépenses des soins de dialyse et à l’accumulation des dettes de l’État envers les structures de prise en charge des dialysés. C’est ainsi que des créances dues par l’État central aux hôpitaux après audit au 31 décembre 2019 se sont élevées à 3 460 244 398 F CFA », a expliqué le Gouvernement.
Il a été décidé par la suite de procéder à une évaluation globale et de mettre en place un nouveau mécanisme en vue de réduire le paiement différé, de supprimer les faux frais facturés par les structures et de contenir à un niveau acceptable, les dépenses consacrées à la dialyse dans le pays.
La nouvelle option du Gouvernement : réduire le coût de la dialyse
Actuellement, sur les 412 patients dialysés au Lire + Bénin, le Gouvernement prend en charge 288 cas constitués des Agents de l’État en fonction leurs enfants de moins de 21 ans et leurs conjoints, les retraités de la fonction publique, leurs enfants de moins de 21 ans et leurs conjoints que des indigents déjà enrôlés avant 2019.
Quant aux 124 autres patients dialysés, ils se soignent à leurs propres frais.
Or, selon les chiffres fournis par le Ministère de la Santé, Coût moyen annuel d’une prise en charge totale de dialyse (y compris confection fistule et bilans périodiques de suivi) est de 20 132 152 francs CFA.
Face à cette situation des patients dialysés non pris en charge, le Gouvernement envisage prendre des mesures pour réduire le coût de la dialyse. Et parmi les mesures en vue, il y a : « l’acquisition des générateurs de dialyse ‘ouverts’ qui ne garantit pas le monopole d’acquisition des kits de dialyse au niveau d’un seul fabricant, mais qui instaure la concurrence ; l’achat groupé des kits d’hémodialyse pour réduire à terme le prix de revient, la mise en place prochaine d’un nouveau mécanisme de prise en charge des dialysés pour mieux contrôler les coûts de prestation lors des séances de dialyse et éviter les surfacturations et les soins fictifs ».
Selon le Gouvernement, une étude de la possibilité d’exonération des taxes et droits de douanes du kit au niveau du cordon douanier est en cours entre le Ministère de la Santé et le Ministère de l’Économie et des Finances. La SoBAPS et les directions des hôpitaux, sont, quant à elles, instruites à l’effet de revoir à la baisse leurs marges bénéficiaires sur le prix de cession des kits.
« In fine, ces mesures pourront permettre d’avoir une réduction du coût du kit allant de 20 000 à 40 000 F CFA. Le coût de chaque séance de dialyse, en dehors des bilans de suivi périodique et de la confection de la fistule au démarrage de la dialyse, pourrait à terme se retrouver entre 80 000 F CFA et 100 000 F CFA. »
Les députés réclament la gratuité à la place de la réduction
Le jeudi 04 juillet 2024, interrogé sur ce que couterait à l’État la prise en charge des 124 patients dialysés qui se soignent à leurs propres frais, le Gouvernement a répondu que la facture s’élèverait entre 2 Milliards et 2,5 milliards de francs CFA.
Face à cette réponse du Gouvernement et routes les autres explications, l’honorable Issiaka AROUNA dit être resté sur sa soif. Car il s’attendait, selon ses dires, à entendre le gouvernement, déclarer que la prise en charge des personnes qui souffrent d’insuffisance rénale chronique au Lire + Bénin est désormais gratuite.
Ses collègues les députés Joël GODONOU, Sariki RAOUFOU, Ouoroukou HABIB sont allés dans le même sens que lui. Pour ces élus, cela pose un problème que le Lire + Bénin ne puisse pas trouver 2 milliards de F CFA pour prendre en charge de façon gratuite ses filles et fils qui meurent à cause de l’insuffisance rénale.
Le député Casimir SOSSOU du Bloc Républicain, il urge d’aller au-delà de 04 centres publics de prise en charge des dialysés. Il a suggéré que chaque département soit doté de son centre avec la possibilité de rendre gratuits les trois premiers mois de dialyse.
Saisissant la balle au rebond, l’honorable Sofiath SCHANOU du même Groupe parlementaire, a suggéré que la durée de prise en charge gratuite de la dialyse soit de six (06) mois.
Pour l’honorable Gérard GBÉNONCHI, Président de la Commission des Fiances de l’Assemblée nationale et membre du Groupe Parlementaire UP – le Renouveau, tout en déplorant les pratiques malsaines révélées par les audits dans la prise en charge des dialysés, il a plaidé pour que le gouvernement revienne à la prise en charge totale des malades. « Ce n’est pas 2,5 milliards de dépenses pour les dialysés qui vont nous tuer », a-t-il déclaré.
Ses collègues, les députés Natacha KPOCHAN, Alice DADÉGNON, Aké NATONDÉ sont allés dans le même sens et ont plaidé pour que tous les dialysés déclarés (fonctionnaires de l’État ou non) soient pris en charge par le Gouvernement.
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Francis Z. OKOYA