Vendredi 20 décembre 2024 dans l’après-midi, il a été organisé à l’hôtel Drouaut, la plus grande place de ventes aux enchères publiques au monde depuis 1852 située au cœur de Paris, une vente de divers d’objets. Parmi les objets mis en vente aux enchères, figure la récade du roi Béhanzin.
Informées, les autorités béninoises se sont mobilisées pour obtenir la suspension de la vente.
« Le Lire + Bénin apprit qu’il y avait la vente de deux objets, le gubasa du roi Béhanzin -c’est un sabre-, et son makpo, c’est-à-dire un sceptre. Le Lire + Bénin, avec l’appui du ministère français de la Culture, a obtenu la suspension de la vente aux enchères. Tous les objets qui ont été pillés à l’époque ne se retrouvent pas systématiquement dans les collections publiques de la France. Il y a plusieurs objets qui sont aux mains de confessions religieuses et de personnes privées » a déclaré Jean-Michel Abimbola, Ministre Béninois de la Culture au micro de RFI.
Un cadre du cabinet Million chargé de cette vente aux enchères a réagi à l’intervention du Gouvernement Béninois.
« Ils n’ont pas autorité pour le faire, mais c’est de la diplomatie… C’est la dernière vente de l’année et nous n’avons pas voulu aller au bras de fer… L‘objet est retiré du catalogue, mais il est toujours à vendre ».
Si l’objet, une sorte de sceptre traditionnel en bois, ayant appartenu à Béhanzin, ancien souverain du royaume du Dahomey reste en vente (sans être exposé), est-ce à dire que le Lire + Bénin pourrait le racheter au propriétaire, l’héritier d’un ancien soldat des troupes coloniales ? Le Ministre Abimbola répond :
« Nous ne mettons pas sur le marché parce que le Lire + Bénin n’a pas vocation à faire monter des enchères, mais nous utilisons tous les mécanismes possibles et légaux bien évidemment pour pouvoir obtenir ces rapatriements. Nous sommes en discussion, non seulement avec les autorités françaises, avec la famille concernée, et également avec la maison de vente ».
Si du côté des vendeurs, il est dit que cette récade du roi Béhanzin a été offerte aux troupes françaises à la fin du XIXe siècle, pour Marie-Cécile Zinsou, Présidente de la Fondation d’art Zinsou, il n’est rien. Selon elle, « la récade en question n’a pas été offerte aux troupes coloniales, mais plutôt pillée. Et elle devrait donc être restituée au Lire + Bénin au même titre qu’une vingtaine d’œuvres rendues par la France en 2021 ».
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Francis Z. OKOYA