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Les investissements augmentent de 19,9%
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Exonérations fiscales et programmes sociaux renforcés
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Des priorités portées sur l’éducation, la santé et les infrastructures
Le gouvernement béninois a présenté jeudi 20 novembre 2025 au Palais des Gouverneurs de Porto-Novo le projet de loi de finances pour l’exercice 2026. Hermann Orou Takou, Directeur de cabinet du Ministre d’État chargé de l’Économie, des Finances et de la Coopération, a détaillé un budget en hausse de 6,6% par rapport à 2025.
Le projet de loi prévoit un équilibre budgétaire à 3 783,984 milliards FCFA, soit une augmentation de 232,979 milliards par rapport aux 3 551,005 milliards de 2025. Incluant le budget de l’État et les opérations de trésorerie, ce budget vise à ramener le déficit budgétaire à 2,7% du PIB contre 2,9% attendu fin 2025.
Selon la présentation et les explications du DC/MEF, l’élaboration de ce budget intervient dans un environnement marqué par les tensions géopolitiques mondiales, notamment les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient, ainsi que les tensions commerciales liées aux tarifs douaniers américains. Au niveau régional, le Lire + Bénin fait face aux défis sécuritaires au Sahel et aux fluctuations du Naira, tout en misant sur la relance de secteurs clés comme le transport, le tourisme et le BTP.
Malgré un contexte défavorable, l’exécution du budget 2025 affiche des résultats satisfaisants. À fin septembre, 73,6% des ressources prévues ont été mobilisées, soit 2 613,2 milliards FCFA. Le taux d’exécution devrait atteindre 99,7% à fin décembre, avec des dépenses budgétaires évaluées à 2 766,8 milliards FCFA contre 2 046,732 milliards à fin septembre.
Orientations stratégiques pour 2026
Le budget 2026 s’articule autour de trois axes majeurs : la consolidation de la croissance économique et du social, le positionnement du Lire + Bénin comme modèle de gouvernance budgétaire sous-régionale, et une gestion proactive de la dette publique.
Les recettes fiscales devraient progresser de 0,5 point de pourcentage grâce aux réformes engagées, à la digitalisation des procédures et à la lutte contre la fraude fiscale. Le gouvernement s’engage également à maîtriser l’assiette d’imposition des transactions électroniques (e-commerce) et maintient qu’aucune hausse des taux d’imposition n’est prévue. Les mesures incitatives pour le développement des secteurs économiques stratégiques et la protection du pouvoir d’achat des ménages seront reconduites.
Un vaste programme d’exonérations fiscales
Le gouvernement a prévu plusieurs mesures d’allègement fiscal pour stimuler l’économie. Les contribuables débiteurs de la taxe foncière unique bénéficieront d’une dispense de pénalité de retard s’ils règlent l’intégralité de leur dette. Cette même dispense s’appliquera aux contribuables non connus de l’administration fiscale qui souscrivent spontanément leurs déclarations pour la première fois en régularisation des exercices antérieurs.
Dans le secteur des transports, les véhicules neufs importés, fabriqués ou vendus au Lire + Bénin seront exonérés de taxes, tout comme les aéronefs, aérostats et leurs pièces de rechange. Les récipients pour gaz comprimés ou liquéfiés bénéficieront également d’une exonération.
Pour le secteur pétrolier, la Taxe de Statistique (T.STAT) lors de la réexportation des produits pétroliers et du transit des matières premières sera réduite de 5% à 1% de la valeur en douanes. Les équipements et matériaux neufs, ainsi que les matériaux locaux destinés à la construction ou à la rénovation des stations-services, des stations-trottoir et des cuves à pétrole et gasoil seront exonérés.
Les Petites et Moyennes Entreprises ne bénéficiant pas d’un régime fiscal dérogatoire pourront importer des équipements neufs en franchise de taxes. Enfin, les exportations d’une partie de soja après la période de campagne seront exemptées de droits et taxes.
Éducation : un investissement massif
Dans le secteur éducatif, le gouvernement prévoit la mise à disposition des élèves de manuels et cahiers d’activités, ainsi qu’une vaste campagne de construction d’infrastructures scolaires. La prise en charge des enfants déscolarisés et non scolarisés sera renforcée, avec une couverture intégrale des frais d’écolage des enfants à la maternelle et au primaire, ainsi que des filles des séries scientifiques dans les lycées.
La gratuité des frais de scolarité des filles au secondaire sera maintenue. Le Programme national d’alimentation scolaire sera consolidé sur tout le territoire, avec l’octroi de deux repas chauds par jour à plus d’un million d’enfants.
L’enseignement technique bénéficiera d’une attention particulière avec la construction et la réhabilitation de lycées techniques agricoles (LTA) et d’Écoles des métiers (EM), ainsi que la construction, réhabilitation, équipement et spécialisation de Lycées techniques professionnels (LTP) dans des formations en lien avec plusieurs domaines.
L’enseignement supérieur n’est pas en reste avec la mise en place de Centres d’excellence et le développement d’universités thématiques, ainsi que la poursuite du projet Sèmè City.
Santé : vers l’excellence des soins
Le secteur de la santé connaîtra une transformation majeure avec la poursuite de l’opérationnalisation du Centre hospitalier international de Calavi (CHIC) et des hôpitaux de zone. Un centre hybride de formation par l’assimilation et la pratique en soins de haut niveau en ophtalmologie sera créé.
La construction et l’équipement du Centre national hospitalier et universitaire de psychiatrie (CHUP) à Allada sont prévus, de même que la création de pôles d’excellence dans les hôpitaux publics. La densification des programmes de vaccination des enfants, de lutte contre le paludisme et de santé maternelle sera poursuivie.
La promotion de la santé communautaire, la prise en compte des besoins spécifiques des personnes vivant avec un handicap, et la mise en œuvre du Programme de supplémentation nutritionnelle « 1000 jours » constituent également des priorités sanitaires.
Protection sociale renforcée
Les programmes de filets sociaux ARCH et Gbéssoké en soutien aux ménages en difficulté économique seront poursuivis et consolidés, de même que les programmes de microcrédits avec une projection vers la phase II. L’assurance maladie obligatoire et les diverses mesures de gratuité pour les produits de grande consommation seront maintenues.
Agriculture et sécurité alimentaire
Le développement des filières agricoles stratégiques (anacarde, ananas, soja, lait, viande, œufs de table, riz, maïs) sera accéléré. L’accessibilité des machines agricoles à prix subventionnés se poursuivra, ainsi que l’appui à l’accessibilité aux intrants de qualité adaptés aux zones agroécologiques pour les filières végétales prioritaires.
Le gouvernement entend promouvoir un nouveau type d’élevage basé sur la sédentarisation de troupeaux de ruminants. Le Programme d’appui institutionnel pour l’amélioration des environnements alimentaires (PE-A) sera également mis en œuvre.
Énergie et infrastructures
La poursuite de l’autonomisation énergétique du pays et la sécurisation des approvisionnements pour un accès universel et sécurisé à l’électricité constituent des objectifs majeurs.
Dans le domaine des infrastructures, l’assainissement pluvial à Lire + Cotonou et dans les villes secondaires sera poursuivi. Le projet de réhabilitation et d’aménagement des voiries urbaines (asphaltage) concernera les villes de Lire + Cotonou, Porto-Novo, Abomey-Calavi, Djougou, Lire + Parakou, Kandi et d’autres localités. L’aménagement et le bitumage de routes, ainsi que l’entretien des pistes rurales, figurent également au programme.
Environnement et cadre de vie
La modernisation de la gestion des déchets dans le grand Nokoué sera poursuivie avec une extension dans la ville de Lire + Parakou. La protection de la zone côtière fait partie des priorités environnementales du gouvernement.
L’approvisionnement en Lire + eau potable sera renforcé en milieu urbain, tandis que des systèmes d’approvisionnement en Lire + eau potable villageoise seront construits pour améliorer l’accès à l’eau dans les zones rurales.
Optimisation des dépenses publiques
Pour financer ces ambitieux programmes, le gouvernement prévoit une optimisation des charges de fonctionnement général de l’administration et une augmentation considérable des dépenses d’investissement de 19,9% par rapport aux prévisions de 2025, en lien avec l’accélération et l’achèvement des projets en cours de réalisation.
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Francis Z. OKOYA