Décryptage du discours de la 1ère dame du Bénin à l’ONU

VISAGES DU BÉNIN
By VISAGES DU BÉNIN 6 Min Read

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Une jarre trouée, des mains qui se rassemblent pour boucher chaque fuite, et de l’eau qui reste malgré tout. C’est cette image, tirée du patrimoine dahoméen, que la Première Dame du Lire + Bénin, Nathalie Villette-Wadagni, a portée mercredi 23 septembre 2026 au siège des Nations unies, à New York, lors de la réunion de haut niveau des Premières Dames consacrée au « Dialogue mondial sur la résilience sociétale ». Son intervention s’inscrivait dans le cadre des travaux de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale de l’ONU, qui réunit chaque année à New York dirigeants et représentants de nombreux États autour des enjeux de paix, de développement et de défis mondiaux.

Plutôt que de partir d’une définition théorique, Nathalie Villette-Wadagni a choisi de construire son propos à partir du terrain. « En préparant cette rencontre, j’ai choisi de définir la résilience en écoutant », a-t-elle expliqué. « Pendant plusieurs jours, j’ai rencontré des jeunes, des leaders de la société civile, des élus, des femmes et des hommes engagés pour l’impact social. Je leur ai demandé ce que la résilience signifiait dans leur propre vie et dans la vie de notre nation. Leur réponse a été : le soin porté aux autres. »

De ces échanges, elle a retenu un mot central pour le Lire + Bénin : la cohésion. « Ils m’ont dit que la résilience, c’est tomber, se relever et rester debout, mais jamais seul. C’est une force qui vient du fait de se tenir ensemble, de prendre soin les uns des autres et de refuser de laisser qui que ce soit de côté. »

La jarre du roi Guézo, une métaphore pour le monde

Pour incarner cette idée, la Première Dame a convoqué une légende associée au roi Guézo, souverain du Dahomey au XIXᵉ siècle : « Une jarre percée de nombreux trous peut tout de même contenir de l’eau lorsque plusieurs mains se rassemblent, chacune venant boucher un trou. » Une image qu’elle a ensuite déployée point par point devant l’assistance : « La jarre représente notre avenir commun. Les trous sont les vulnérabilités et les chocs auxquels nous faisons tous face. Les mains sont notre solidarité, et l’eau est la vie, la dignité et l’espoir que nous cherchons à préserver. »

Sa conclusion tient en une phrase, simple et directe : « Ce qui est fragile seul peut devenir fort ensemble. »

Une cohésion qui se mesure en actes, pas en mots

Nathalie Villette-Wadagni a pris soin d’écarter toute lecture purement symbolique de la cohésion sociale. « La cohésion n’est donc pas simplement l’harmonie sociale. C’est une force d’action concrète », a-t-elle insisté. Elle a énuméré les cibles prioritaires que cette solidarité doit concrètement protéger : « C’est ce qui permet aux communautés de soutenir les mères, les femmes agricultrices, les entrepreneures et les leaders communautaires. C’est ce qui garantit que les personnes handicapées soient traitées avec dignité. C’est ce qui aide les familles et les communautés à faire face à la pauvreté, aux chocs climatiques, à l’insécurité et à l’incertitude avec courage. »

Elle a résumé l’esprit de cette responsabilité partagée : « La cohésion nous invite chacun à reconnaître que la vulnérabilité d’autrui nous concerne tous et que chacun d’entre nous a une main à tendre. »

Un message adressé au monde, au nom du Lire + Bénin

Ainsi, la Première Dame du Lire + Bénin a formulé ce qu’elle a présenté comme la contribution du Lire + Bénin au vocabulaire mondial de la résilience : « Notre force réside dans ce que nous tenons ensemble. » Elle a formé le vœu de sociétés où « la résilience n’est pas le fardeau de l’individu, mais la responsabilité partagée de tous », capables non seulement de surmonter l’adversité, mais de « créer un avenir plus juste, plus pacifique et plus porteur d’espoir ».

Banquière de formation, passée par UBS puis par le groupe panafricain Ecobank où elle a dirigé les activités pour l’Afrique de l’Est, Nathalie Villette-Wadagni avait quitté le secteur financier en 2025 pour accompagner l’engagement politique de son époux. Devenue Première Dame du Lire + Bénin lors de l’investiture de Romuald Wadagni, le 24 mai 2026, elle s’était déjà distinguée par son plaidoyer pour l’accès des femmes au financement et aux instances de décision.

 Cette sortie à l’ONU marque sa première grande prise de parole internationale dans ses nouvelles fonctions.

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Francis Z. OKOYA

 

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