A.G extraordinaire de l’UNAMAB : Grève de 72 heures des Magistrats dès mardi prochain

( Ils reçoivent le soutien du SYNTRAJAB )

L’Union Nationale des Magistrats du Benin (Unamab) s’est réunie ce vendredi 27 juillet 2012 en Assemblée nationale extraordinaire. Après avoir déploré la décision d’annulation de la passation de charge entre Anjorin et Attolou, les Magistrats ont décidé d’adresser une motion protestation au ministre Garde des Sceaux. Mais c’est le silence du ministre à propos de la crise dans l’administration judiciaire et pour laquelle l’Unamab avait fixé le  20 juillet 2012 comme ultimatum, qui  justifie selon le communiqué ci-dessous la motion “d’une grève d’avertissement de soixante douze (72) heures pour compter du mardi 31 juillet 2012 à zéro heure au jeudi 02 août 2012 à vingt quatre (24) heures.”  A cette Assemblée Générale extraordinaire, le Syndicat National des Travailleuses et Travailleurs des Services Judiciaires et Assimilés du Bénin (Syntrajab) est venu témoigner sa solidarité à l’Unamab. Lire aussi ci-dessous le communiqué de presse  du Syntrajab rendu public à l’occasion

Francis Z. OKOYA

COMMUNIQUE DE PRESSE DU BUREAU EXECUTIF DE L’UNION NATIONALE DES MAGISTRATS DU BENIN (UNAMAB)

Réunie en Assemblée Générale Extraordinaire ce jour vendredi 27 juillet 2012 et après avoir examiné les points inscrits à l’ordre du jour à savoir :

–          Compte rendu de l’évolution de la situation du décret n°2012-143 du 07 juin 2012 portant frais de justice criminelle, correctionnelle et de police ;

–          Analyse de la décision du Conseil Extraordinaire des Ministres annulant la prise de service de Monsieur Victorien ATTOLOU à la tête de la Fédération Béninoise de Football en exécution de l’arrêt n°025/12 du 12 juillet 2012 rendu par la Cour d’Appel de Cotonou ;

L’Union Nationale des Magistrats du Bénin a adopté deux (02) résolutions :

–          Une motion de protestation relativement à la décision du Conseil extraordinaire des ministres en sa séance du 25 juillet 2012 par laquelle ledit conseil a annulé la passation de charge intervenue entre le comité exécutif de la Fédération béninoise de Football dirigé par Monsieur Moucharafou ANJORIN et celui présidé par Monsieur Victorien ATTOLOU suite à l’arrêt sus-indiqué.

Sur ce point, il ressort des conclusions de l’Assemblée Générale Extraordinaire des Magistrats qu’un tel acte constitue une violation du principe sacro-saint de séparation des pouvoirs qui reste l’une des caractéristiques essentielles de l’Etat de droit et qui est consacré par l’article 125 de la constitution béninoise du 11 décembre 1990 ;

–          Une motion de grève suite au silence constitutif de mépris de la part du gouvernement et plus particulièrement de Madame le Garde des Sceaux vis-à-vis des Magistrats sur la crise ouverte depuis un certain temps au sein de la famille judiciaire.

Par cette dernière motion, l’Assemblée Générale Extraordinaire de l’UNAMAB décide d’observer une grève d’avertissement de soixante douze (72) heures pour compter du mardi 31 juillet 2012 à zéro heure au jeudi 02 août 2012 à vingt quatre (24) heures.

En tout état de cause, l’Assemblée Générale Extraordinaire de l’UNAMAB rend le gouvernement responsable de toutes les déconvenues qui découleraient de l’indifférence affichée dans la résolution de cette crise.

Fait à Cotonou, le 27 juillet 2012

Le Bureau Exécutif de l’UNAMAB

 

Déclaration de presse SYNTRAJAB

Chers camarades syndiqués membres du Syndicat National des Travailleuses et Travailleurs des Services Judiciaires et Assimilés du Bénin, mesdames et messieurs les membres de la famille judiciaire, béninoises et béninois, conformément à l’article 9 de ses statuts, le Syndicat National des Travailleuses et Travailleurs des Services Judiciaires et Assimilés du Bénin (SYNTRAJAB) décide ce jour de se prononcer publiquement de façon responsable et patriotique sur le traitement réservé à la justice en général et à ses militants en particulier.

Chers militants et membres de la famille judiciaire, la situation est grave et d’une gravité gravissime. Des tentatives fréquentes de mépris et de domination, en passant par la prise d’un décret provocateur sur les frais de justice criminels, on en arrive maintenant à l’étape de la réduction à néant du pouvoir judiciaire par la désacralisation des décisions judiciaires par voie de décision politique ou administrative.

Les militants du SYNTRAJAB dénoncent cet état de choses gravissime et refusent par notre voix de se faire compter parmi les citoyens passifs qui acceptent les choses telles qu’elles sont, se lamentent seulement et se résignent sans jamais les dénoncer et agir. Le SYNTRAJAB refuse d’assister mains liées et bouches cousues au suicide de ses membres, de la justice et du peuple béninois. Nous lançons alors solennellement un appel ici et maintenant à tous les autres acteurs de la famille judiciaire afin de créer une immense chaîne d’amour et d’organiser une insurrection de la solidarité autour du SYNTRAJAB et de l’UNAMAB désormais unis pour défendre ensemble, non seulement les intérêts professionnels, matériels et moraux de leurs membres, mais également la justice, racine principale de l’Etat de droit, qui est souvent négligée, maltraitée, provoquée, voire menacée quotidiennement. Nous devons nous battre et résister à tous les traitements méprisants, à tous les assauts avec toutes les forces positives pour que notre justice demeure malgré tout, par l’action de tous, véritablement le pouvoir qui arrête le pouvoir, l’institution qui illumine l’espérance du développement national. Pour en arriver-là, nous devons nous battre simultanément afin que cette justice soit une institution dont les animateurs sont bien traités par le moyen de la prise de tous les textes d’application des règles qui régissent les différents corps.

Chers militants, dans notre détermination à lutter, rien ne doit nous distraire et personne ne doit nous endormir par des discours économiques tissés d’artifices car nous savons depuis des années que notre Etat vit  titubant entre les gaspillages insultants et les misères désespérées, entre le bercement excessif des uns et l’abandon des autres, entre les ventres pourris et les ventres creux.

Le SYNTRAJAB criera et se battra si fort et si longtemps que la conscience nationale sera obligée de l’entendre.

Cotonou, le 27 juillet 2012

VIVE LE BENIN ! VIVE LA JUSTICE ! VIVE LE SYNTRAJAB !

LE SECRETAIRE GENERAL

 

    Dénis TOGODO

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OKOYA F.

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