Analyse de la situation nationale actuelle: « …On tente d’embellir la situation à travers le dialogue social. Mais en réalité, on vise plutôt trois objectifs fondamentaux … » dixit Dr. Jean A. ODJO

Autre diagnostic après ceux de Tévoèdjrè, des avocats et des catholiques : « …On tente d’embellir la situation à travers le dialogue social. Mais en réalité, on vise plutôt trois objectifs fondamentaux … » dixit Dr. Jean A. ODJO

Aux diagnostics posés par le Médiateur de la République, l’Ordre des Avocats et l’Eglise Catholique, vient s’ajouter celui d’un simple citoyen. Il a pour nom Dr. Jean Adébissi ODJO. La vie nationale aux plans politique, économique, social et moral  a été passé au scanner de ce citoyen averti et il en tire une conclusion : « … Le régime actuel a largement étalé ses limites. Le pays est au bord du gouffre. La déception des populations est indescriptible… ». Voici son analyse.

Francis Z. OKOYA

 

Analyse de la situation nationale actuelle

On se souviendra longtemps du passage de ce régime à la tête de notre pays. Les questions fondamentales du maintien de la paix sociale, de la sauvegarde de la stabilité politique, de la promotion du progrès économique et social, n’ont de cesse d’agiter désespérément l’esprit du citoyen. Rares sont les catégories socio professionnelles qui ne craignent l’apocalypse d’un moment à l’autre. Le pays est mal gouverné. Il est victime d’une administration irrationnelle. Et c’est peu dire !

AU PLAN POLITIQUE

Inutile de revenir sur les acquis philosophiques fondamentaux de la Conférence des Forces Vives de la Nation que le régime s’est fait l’option sportive de piétiner quotidiennement. Les Béninois, de l’intérieur comme de l’extérieur sont affligés d’assister au ternissement de notre label politique de “vitrine démocratique’’ de la sous région. Cette administration rêve de lui substituer une ’’démocratie nescafé’’ dont elle seule en détient l’alchimie.

Le pouvoir se complait à se peindre en prédateur attitré de la cohésion sociale, opposant les cadres des mêmes localités à des fins politiques et s’illustrant par sa gestion calamiteuse des riches ressources humaines de la Nation. Du fait de sa tenue inadéquate du gouvernail, la stabilité politique du pays ne tient qu’à un cheveu. Jamais un régime aussi caractériellement instable dans ses décisions n’a occupé la scène politique aussi durablement depuis l’indépendance. Tout cela et plus encore fait reculer le pays à tout point de vue. La tendance électoraliste au sommet ne s’est pas démentie depuis 2006. Même le Contrat Social, défendu avec opiniâtreté par le peuple béninois pour que ce régime puisse voir le jour en 2006, est sous la menace grave d’être jeté dans la poubelle, en échange de feuilles de choux. A travers celles-ci, on dissimule mal l’intention secrète de mettre entre parenthèses la démocratie républicaine pour la monarchie républicaine.

Pour l’heure, l’indépendance et le respect des institutions de l’Etat, on en a cure ! On se croit tout permis. On tourne dans tous les sens sans principe clair, sans le moindre programme cohérent et articulé de développement à court, moyen ou long terme. Jamais girouette n’a autant tourné !

Mais, debout, le peuple résiste, lutte et veille au grain. Cela provoque le branlebas politique et met à nu les crises au sommet. Celles-ci se suivent et ne se ressemblent pas. A chaque jour son scandale. Les remaniements techniques n’en finissent pas. Toutefois ils n’y font rien. Pas plus que la concentration en une seule main de postes ministériels clés n’arrive à bout du chaos actuel. Elle traduit plutôt la crise de confiance ambiante, la peur panique, le désarroi et la position défensive inconfortable.

Le pays est tombé bas. Très bas. Pourtant, il a tout ce qu’il lui faut pour une gouvernance de qualité.

AU PLAN ECONOMIQUE

Premièrement, il faut rappeler que la charge assignée à ce régime par les populations qui en avaient marre des anciens politiciens, était de mettre le pays sur l’orbite du développement économique et industriel. Elles attendaient la stimulation de la création de richesses pour la Nation et d’emplois pour la jeunesse. Elles réalisent aujourd’hui avec douleur qu’elles ont donné un coup d’épée dans l’eau. La facilitation par l’Etat du développement prodigieux du secteur privé que supposait cette charge est toujours attendue. Rien n’indique qu’elle se réalisera sous ce régime. Car, la pratique semble d’entraîner les opérateurs économiques nationaux dans des crises à rebondissements incessants de partenariat public- privé (PVI-NG), de les mettre aux pas usant de redressements fiscaux, de se soucier peu des dettes publiques intérieures, etc. Ce régime n’œuvre pas à la promotion d’une bourgeoisie nationale forte et consciente de ses responsabilités. Or, sans cette couche sociale, on ne peut avoir dans notre système politique et économique actuel le développement durable des forces productives et du secteur privé. Ainsi, ce régime a trahi la cause à la base de son émergence.

Deuxièmement, depuis le Renouveau Economique, les composants fondamentaux générant notre Produit Intérieur Brut (PIB) sont (pour schématiser les choses à l’extrême) : les activités au Port Autonome de Cotonou, la production cotonnière et les services touristiques. Où en sont ces activités ?

Abordons les activités au Port Autonome de Cotonou. Grâce à l’aide des Etats Unis d’Amérique, notre Port à bénéficié d’investissements importants (dans le cadre du Millenium Challenge Account) pour sa sécurisation et le renforcement de ses capacités. Bien sûr en rapport avec les intérêts stratégiques américains à long terme. Pour autant, la gestion des affaires portuaires se fait aujourd’hui dans un cafouillage sans nom. Le chef de l’Etat lui-même est obligé d’y jouer les ’’aiguilleurs’’ quelques fois ; tandis que le Ministre Délégué de ce département est obligé de se livrer, de temps à autre au rôle de ’’ veilleur de nuit’’, pour les besoins de la cause. Cela en dit long sur le spectacle désolant qu’offre l’Administration des activités portuaires. Les réformes en la matière n’arrangent rien. De façon absolue, notre Port est moins fréquenté aujourd’hui par les navires que par le passé, pour le bonheur d’autres ports de la sous région. Aux dires du Ministre chargé du Département, environ 60% de ces navires se rendraient désormais chez le voisin de l’Est et 40% chez celui de l’Ouest. Jugez-en par les chiffres suivants, de l’évolution du trafic navires, de 2001 à 2011 ; tous types de navires confondus : navires commerciaux (cargo divers, frigorifiques, minéraliers, pétroliers et tankers, porte -conteneurs, routiers, porte-véhicules) et navires non commerciaux (chalutiers, autres navires) :

Il urge d’infléchir cette tendance pour le bonheur du Trésor Public.

S’agissant de la production cotonnière, la situation est encore plus désespérée. Dans les champs c’est la baisse de la production, dans les bureaux la guerre des chiffres, aux lieux publics les chaudes empoignades et humiliations sordides d’opérateurs économiques. On aura tout vu par la ’’faute’’ de l’or blanc sous ce régime ! Des milliards de francs CFA sans cesse engloutis dans cette filière, ainsi que les monts et merveilles promis à cor et à cri, n’ont pas mené la filière à la terre promise. Au demeurant, la connotation électoraliste attachée aux activités dans ce secteur n’a rien arrangé. Au contraire, elle a mené la filière à sa perte. Les exportations de coton du pays poursuivent leur chute libre. Les chiffres suivants (de ces exportations) de 2001 à 2011 sont assez éloquents.

On gagnerait à arrêter au plus tôt cette tendance baissière de la production cotonnière, indicatrice de la tendance haussière de la pauvreté matérielle dans les zones rurales et le pays dans sont ensemble.

Quant aux activités touristiques, il faut dire que depuis le Renouveau Démocratique, le caractère porteur de la ” destination Bénin ” n’est pas démenti. Au contraire, l’insécurité grandissante dans la zone sahélienne en particulier, les troubles politiques incessants dans la sous région en général, accroissent la fréquentation de notre pays , perçu de l’extérieur plutôt paisible et calme. C’est ainsi que les chiffres officiels indiquent la montée continue du nombre de touristes par an. Le tableau ci-dessous en dit long.

Cette hausse des recettes touristiques fait partie du dividende global provenant de l’endurance et de la patience du peuple béninois face aux politiques désastreuses du régime les visiteurs étrangers, lors de leur séjour, n’en croient pas ce qu’ils vivent chez nous. Ils se rendent compte que la démocratie est un leurre au Bénin et que le peuple souffre le martyr pour que la paix y règne.

Mais, jusques à quand se soumettra le peuple aux souffrances sans noms ? Jusques à quand se fourvoieront les touristes ?

Car, personne ne voudrait risquer sa vie dans un pays où l’insécurité s’amplifie au fil du temps, où règne la corruption, où la volonté de caporalisation de l’appareil judiciaire met la justice en danger, où les libertés démocratiques sont bafouées, où la presse est muselée, où les citoyens disparaissent subitement sans espoir de les retrouver. Bref, un pays où se fait désirer un véritable Etat de Droit. Encore qu’on ne fait rien pour stimuler les projets touristiques ( la Route des pêches, etc.) !On en fait pas assez pour renforcer les capacités du secteur privé à exceller dans les activités touristiques. On préfère briser les reins aux capitaines d’entreprises.

Ainsi, de sérieuses inquiétudes hantent le secteur touristique si la gouvernance du pays ne s’améliore pas.

Troisièmement, dans le domaine du développement agricole, la promotion d’autres cultures de rente promise par le régime ne se matérialise pas. Au sud, le cas du palmier à huile est flagrant. Au nord, le Karité est pratiquement laissé pour compte. La production abondante de riz et d’autres denrées alimentaires annoncée avec tapage est toujours attendue. La recherche agricole avec les maigres moyens à sa disposition est handicapée pour accompagner de telles entreprises.

Quatrièmement, l’environnement économique pour les investissements nationaux et étrangers laisse à désirer. Les infrastructures socio-économiques sont grandement insuffisantes. La mauvaise qualité, la quantité insuffisante et le prix exorbitant de l’électricité freinent gravement l’industrialisation. La politique fiscale décourage les affaires. Il n’est pas rare d’user du fisc pour mettre des opérateurs économiques à genoux. La corruption et les scandales politico-financiers à répétition vicient l’atmosphère économique. Doing business avec des Béninois est synonyme d’aller au front. La main d’œuvre qualifiée ne court pas les rues. Le fonctionnement en Zig Zag du régime suscite la méfiance des investisseurs. L’insécurité des capitaux garde à distance les hommes d’affaires étrangers. L’absence d’un programme de développement économique et social précis dans la durée n’arrange pas les choses. On ne voit pas où est l’ambition véritable pour la Nation.

On se contente des recettes du Port et de ’’gérer le quotidien’’. C’est misérable !

Cinquièmement, le programme socio économique phare du régime, la Micro finance, est entreprise dans un esprit électoraliste. C’est un échec lamentable du point de vue de la philosophie et des objectifs poursuivis, à savoir, ’’aider les plus pauvres à se passer de l’aide’’. Il est vrai que l’achat de conscience recherché a été atteint. Mais, le programme n’a pas pu remettre en cause la vocation de la micro finance en tant que catégorie économique à savoir : ’’ garder le malade en vie’’, l’objectif de la micro finance n’étant pas de le guérir. Le malade (le plus pauvre) ne peut guérir que si la diversification et l’abondance de la production sont associées au programme de micro finance. Ce qui est loin d’être le souci immédiat ici. En fin de compte, ce programme est un échec pour l’immense majorité des cibles et une occasion de ripaille pour la minorité de gens de ’’cercles’’.

Sixièmement enfin, la consommation de ressources non productive de richesses par cette Administration est alarmante. On ne compte plus le nombre de Conseillers. Les ministères sont en nombre pléthorique. Les programmes de développement qui leur sont assignés sont inconnus. Les innombrables déplacements des membres du régime dont l’utilité reste à prouver pèsent lourd sur les finances du pays. Par ailleurs, les dettes publiques intérieures sont énormes. Elles sont un frein aux activités de nombres d’opérateurs économiques ainsi qu’à la réalisation des marchandises, amplifiant du coup le secteur informel. Quant à la dette publique extérieure, elle n’arrête de s’accumuler ainsi que l’indique le tableau suivant.

En réalité, la dette publique n’est pas a priori un frein au développement. Au contraire, des ressources intérieures et extérieures peuvent être mises à contribution pour propulser le pays en avant. C’est ainsi que dans les années 80/90, le Brésil était l’un des pays les plus endettés au monde. Il usa de ressources extérieures pour se développer. Résultat, au début des années 2000, son économie se hissa au rang des huit (8) plus avancées de la planète. Aujourd’hui, elle est parmi les cinq premières, annonçant des bouleversements économiques à l’horizon avec la montée en flèche des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud)

Mais chez nous, on ne voit pas toujours clair dans les investissements. A preuve, l’Océan Atlantique n’arrête pas ses menaces sur le territoire. L’OCBN ne tient pas ses promesses de révolutionner les transports ferroviaires. La construction du Port sec et de l’Aéroport de Parakou demeure un mirage. Le tronçon Akassato- Bohicon de la voie la plus importante économiquement pour la nation est dans un état inqualifiable. Des milliards de Francs CFA pour réhabiliter la ville d’Abomey n’ont fait aucun miracle. Porto-Novo en tire la leçon qu’il est vain d’attendre un ’’ sauveur suprême’’ et que, seuls ses fils et filles qui la portent dans leur cœur peuvent faire son bonheur. La production d’électricité avec des turbines à gaz peine à sortir de son coma prolongé.

Bref, sur le plan économique, c’est également l’échec total pour le régime.

AU PLAN SOCIAL

Mais il convient de reconnaitre qu’au plan social, des pas en avant ont été faits dans certains secteurs. C’est le cas s’agissant de la scolarisation d’enfants en âge de fréquenter. C’est également le cas dans le domaine de la santé. En particulier dans la lutte contre le paludisme, l’assistance de l’Etat pour la césarienne, des mesures préventives de santé primaire pour les enfants en bas âge, etc. Même si les préoccupations qui les sous-tendent sont électoralistes de nature, leur impact social relativement positif ne peut être nié.

Par contre, la conduite générale de l’Education est un fiasco total, surtout aux niveaux primaire et secondaire. Aussi, des remous sont-ils quasi permanents dans ces secteurs. La part de responsabilité de l’Etat dans la chute inquiétante et continue du niveau de culture des apprenants n’est plus à évoquer. Les résultats d’examens de fin d’année scolaire sont catastrophiques.

Quant à l’ensemble de la jeunesse, le régime n’a pas su promouvoir un environnement véritablement favorable à la résorption durable du chômage qui l’accable. De ce fait, elle se laisse aller aux activités économiques et sociales qui la ruinent et mettent en danger l’avenir de la nation.

La pauvreté générale chez les femmes, leur bas niveau de culture et leur naïveté sont exploités à des fins politiques par les dirigeants.

La vie est chère. La pauvreté fait rage. Le banditisme s’amplifie. Le trafic d’enfants n’entend pas raison. La dépravation des mœurs est à son comble. Les maisons d’arrêt craquent. Les Commissariats de Police regorgent de monde à tout instant. Les hôpitaux sont débordés. Malheureusement, à l’horizon, aucune perspective que ça s’arrange sous ce régime. C’est la première fois dans l’histoire que des rapports internationaux relatent de façon insistante que des Béninois sont engagés dans des organisations terroristes et que le pays est devenu une plaque tournante de la drogue.

Cette situation politique, économique et sociale fait le lit au fondamentalisme et aux actes de désespoir. Il faut s’en préoccuper au plus tôt pour que le pays ne bascule pas de l’autre côté.

AU PLAN MORAL

Le rejaillissement de cette situation sur le cerveau des hommes est effroyable. La crise de confiance qui en résulte n’épargne aucun milieu. Au sommet, des coups bas et autres coups de griffes entre complices dans les affaires s’étalent au grand jour. Les populations n’en croient pas leurs yeux face aux scènes d’humiliation qui rappellent les films western. Pour tout dire, la tournure que prennent les choses dans le pays est inhabituelle. La philosophie à la base de nombreux évènements est étrangère à la morale béninoise de nature générale plutôt petite bourgeoise. C’est une philosophie provenant d’une culture répugnante de bas étage. Tout cela fait que les gens ont hâte que le temps passe plus vite.

EN CONCLUSION

Le régime actuel a largement étalé ses limites. Le pays est au bord du gouffre. La déception des populations est indescriptible. On tente d’embellir la situation à travers le dialogue social. Mais en réalité, on vise plutôt trois objectifs fondamentaux : tromper l’opinion internationale, les bailleurs de fonds et les investisseurs étrangers sur la situation réelle dans le pays, rouler l’opposition dans la farine et enfin maintenir le cape sur la monarchie républicaine à l’aide d’armes indispensables que sont la révision opportuniste de la Constitution (actuellement en repli tactique) et le maintien en l’état de la LEPI. Il sied de tirer quelques leçons fondamentales de notre situation.

Premièrement, le pays n’a pas avancé, entre autres choses, parce que les dirigeants n’ont pas su stimuler la création de richesses et d’emplois. Pour dire les choses terre à terre, ils n’ont pas su ’’mettre le pays au travail’’. Peut-être n’était-ce pas leur objectif à l’accession au sommet de l’Etat. Peut-être aussi, ne sont -ils pas préparés à cela. En tout cas, pour le faire, il s’agit moins d’acquisition de diplômes ou de simple capacité de gestion que de vision philosophique, de qualités morales intrinsèques et de préparation politique préalable appropriée.

Par conséquent, la faillite de ce régime doit pousser à la réflexion approfondie sur l’aventure politique au sommet de l’Etat d’anciens dirigeants de banques internationales.

Deuxièmement, pour qu’un pays progresse au point de vue économique et social, entre autres choses, le développement continu de ses secteurs primaire et secondaire est absolument indispensable. Aucun pays au monde n’a vu prospérer son économie en comptant fondamentalement sur son seul secteur tertiaire. On gagnerait à étudier à fond les exemples des Dubaï et autre Singapour qu’on cite souvent trop vite. En tout cas, l’Espagne et le Portugal en savent quelque chose en Europe. Ils ont appris à leurs dépends que la conversion continue du capital marchand (quand il abonde) en capital industriel, doit être une préoccupation clé pour les dirigeants, en vue de promouvoir durablement l’économie nationale.

Il suit de là que les théories qui privilégient depuis des lustres le développement de notre secteur tertiaire sur les deux autres, du fait de réalités géographiques, indéniables il est vrai, sont trop courtes pour contribuer à nous sortir du sous développement et accéder à la prospérité.

Par conséquent, l’échec de ce régime, dont la vision économique fondamentale est théorisée et orientée vers les activités tertiaires (le Port en particulier) est, dans une large mesure et pour ce qui les concerne, la faillite des théories économiques de proximité et autres théories volontaristes d’Etat-entrepôt.

Troisièmement enfin, l’esprit affairiste dans lequel baigne le pays depuis un certain temps, est le socle des agitations pour la pénétration abondante de capitaux chez nous. Sous le régime actuel, les capitaux n’ont pas fait défaut au secteur public, somme toute. Pour autant, le pays est au bord de l’abîme. Par conséquent, les populations doivent se convaincre que la pénétration des capitaux, en tant que telle, ne suffit pas pour résoudre le problème du sous développement, quelles que soient par ailleurs leurs quantités et formes. Les populations doivent s’en tenir à la juste perception que le développement de toute nation implique le travail avant tout. Elles doivent se convaincre à ce propos que seuls leurs fils et filles véritablement patriotes, à la tête de l’Etat, peuvent faire féconder leur labeur avec l’appui de ressources intérieures et extérieures conséquemment mises en œuvre pour le bonheur de la nation.

En un mot, au point où on en est aujourd’hui, le pays a besoin d’une gouvernance de type nouveau pour aller de l’avant.

Dr. Jean Adébissi ODJO Tel : 97 08 67 74

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OKOYA F.

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