Analyse de la situation socio-politique: Les conseils de Me Migan pour un partenariat Yayi-Houngbédji

 Jacques Atchéffon Migan, ancien bâtonnier de l’Ordre des avocats du Bénin, ancien Conseiller  Technique  et  Juridique du Président Mathieu KEREKOU était ce dimanche sur les antennes de Radio Bénin Culture  FM 93.4 installée dans la ville capitale. Plusieurs sujets touchant à l’actualité parlementaire et à la politique nationale dont  notamment la correction de la Lépi, le rapprochement Prd –Yayi  ont été débattus au cours de l’émission.

 Francis Z. OKOYA

 L’expérience de l’université de vacances du Parti du Renouveau Démocratique qui a connu la participation des ministres du Gouvernement de Boni Yayi est une première qui mérite d’être appréciée à sa juste valeur. Cela augure d’une certaine confirmation du rapprochement entre les deux familles politiques. Ce rapprochement selon Me Migan serait une bonne chose. Mais il conseille à Me Adrien Houngbédji de construire cet axe politique suivant les règles de l’art notamment sur la base d’un contrat pour dit-il, éviter un marché de dupes. Pour Me Migan, si Houngbédji doit travailler avec Boni Yayi, il faudra qu’il exige que les institutions de la République reviennent dans la Capitale Porto-Novo. L’ancien Bâtonnier ajoute que dans ce partenariat, avec l’éventualité que des Prd entrent au prochain Gouvernement, il faudrait que le Chef de l’Etat leur laisse la main libre pour qu’ils forment leur cabinet et procèdent aux nominations qui relèvent de leur champ de pouvoir. Me Migan argumentera ce dernier aspect avec le passage de certains ministres d’autres partis que les Fcbe mais qui n’ont pas pu faire bénéficier leur base ou cercle politique : « … Il ne faudrait pas d’entrée de jeu, condamner le rapprochement entre le Prd et le pouvoir du président Yayi. Car nous n’avons pas encore les éléments d’appréciations.  Mes compatriotes de Porto-Novo et de l’Ouémé doivent  reconnaitre que le siège de l’Assemblée est à Porto-Novo grâce à Houngbédji sinon il serait à Cotonou. Ça me fait mal que le chantier soit suspendu. Je fais ce rappel pour dire que si le rapprochement est effectif, que les frères du Prd ne pensent pas à leur petite personne seule.  Que le Prd demande à Yayi de se rappeler que Porto-Novo est la Capitale, qu’il exige de lui, le retour des institutions à Porto-Novo. C’est ce que je  réclame  depuis toujours. On ne peut pas dire que la ville est petite car  Akpro-Missérété, Adjarra, Avrankou, Adjohoun tout ça constitue Porto-Novo. Je voudrais que le contrat entre Houngbédji et Yayi porte en son premier point le retour des ministères dans  la Capitale et que la Présidence  de  la  République actuelle soit considérée comme secondaire. Ce que je demanderai au président Houngbédji, c’est vrai qu’on dit aujourd’hui qu’il n’y a plus d’enjeux pour lui.  C’est justement ça qu’il faut qu’il démontre  aux Béninois et à l’Ouémé et Porto-Novo qui l’ont porté. Il a une occasion en or aujourd’hui d’agir avec le pouvoir qu’il a condamné… » a déclaré Me Migan

Me Migan et l’actualité parlementaire

Appréciant  l’actualité parlementaire marquée par l’ouverture le 6 septembre dernier de la session extraordinaire au titre de l’année 2012, Maitre Jacques MIGAN  a indiqué  qu’il y a  eu des faits marquants sur lesquels il urge de s’attarder. Après avoir félicité l’ensemble de la représentation pour avoir répondu en masse à cette ouverture, l’ancien Bâtonnier a apprécié à sa juste valeur , la  ratification du protocole de l’amendement à l’accord  sur les aspects des  droits  de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADEPIC) adoptée par le conseil  général de l’organisation mondiale du commerce OMC le  6 décembre 2005 à Genève en Suisse. Pour  Maitre Atcheffon MIGAN « Nos compatriotes meurent à cause des médicaments  vendus en dehors des officines, des pharmacies. Est- ce que ces médicaments que les bonnes dames vendent de maison en maison  sont fiables, comparant ces médicaments à l’essence frelatée il les qualifie de médicaments «kpayo» lesquels causent de mauvais dégâts sur l’organisme humain. Il faut beaucoup de sensibilisation à l’endroit des populations analphabètes afin qu’elles comprennent que l’achat  des médicaments cédés à vil prix sont dangereux. Là où il faudra des répressions  c’est à l’endroit des fabricants de faux médicaments. Les vendeurs et ceux qui administrent ces médicaments  doivent être  sanctionnés avec la dernière rigueur car ceux-là s’enrichissent sur la misère des plus démunies. «…Il faut revoir  la législation dans ce domaine. Je ne voudrais pas que ce soit un délit mais un crime car ces gens-là sont des  criminels puisqu’ils tuent en déversant sur le marché des médicaments kpayo...». Malheureusement conclut-il, c’est la misère qui pousse nos compatriotes  à acheter ces médicaments qui conduisent à la mort.

A propos du vote mardi du budget de l’Assemblée Nationale gestion 2013  l’invité de Florent APLOGAN  a fait savoir qu’en baissant son budget, le parlement se comporte comme un parlement responsable. Face à la crise internationale, il est de bon ton que le parlement revoie à la baisse son budget. La conjoncture ne permet  pas de se lancer dans des dépenses inutiles. Cela doit servir d’exemple pour toutes les autres institutions de la République. « …Nous connaissons aujourd’hui une crise et les caisses de l’Etat  sont vides il faut avoir le courage de le dire. Tout le monde le sait et c’est surement pour cela que le Chef de l’Etat est  décidé à sauver le coton béninois… » . Maitre Jacques MIGAN souhaite cependant qu’au-delà des  dépenses de souveraineté, l’Assemblée nationale doit  éviter de créer des commissions budgétivores. Il invite l’inspection de l’Etat  et  les  autres institutions de contrôle à faire  leur  travail  en cherchant à savoir  pourquoi les commissions  parlementaires  d’enquête et d’information  créées jusque là i n’ont pas encore déposé leur  rapport. A quoi servent ces commissions ? s’est demandé Me Migan.

Par ailleurs, l’ancien bâtonnier de l’ordre des avocats a déploré le fait que l’Assemblée Nationale n’ait pas programmé des questions d’actualité pour la présente session extraordinaire notamment celle relative aux intrants coton. Il salue l’intervention du député Eric HOUNDETE qui a évoqué la question  à l’ouverture  de la session jeudi dernier.  «C’est  un problème national et tout le monde doit s’y mettre » dira-t-il et s’étonne que les élus du septentrion n’aient pas soutenu leur collègue. Pour maitre MIGAN , les problèmes d’inondation dans le septentrion sont préoccupants et les députés doivent saisir l’occasion pour en débattre. Les solutions à apporter ne doivent pas émaner que du seul gouvernement selon lui.

S’agissant du contrôle de l’action du gouvernement il se dit rassuré que le Président de l’Assemblée Nationale décide enfin d’exercer convenablement cette mission à eux confiée  par la constitution.

Me Migan et la Lépi

L’autre sujet qu’a débattu Florent Aplogan et son invité, est relatif à la correction de la Lépi. Pour les  prochaines élections communales Maitre Jacques Migan souhaite qu’il y ait prorogation afin d’avoir une Lépi fiable. Pour lui, on peut proroger le mandat actuel  des élus communaux. Ce délai,  selon les juristes, est un délai de prescription  contrairement aux mandats du Président de la République qui est un délai préfixé. Il voudrait également que les Présidents Nicéphore SOGLO et Emile Derlin ZINSOU essayent  la médiation auprès des acteurs impliqués dans le processus de correction de la Lépi comme ils ont eu à faire avant la tenue de l’élection présidentielle du 13 mars dernier. Cela est d’autant plus utile pour notre pays qui a besoin d’une Lépi  consensuelle. Me Jacques MIGAN s’inquiète à propos de la composition du CORS le Conseil d’Orientation de Supervision de la Lépi. . Maitre Jacques Migan est contre toute actualisation du fichier il souhaite plutôt une correction. La nécessité de la correction s’explique par le fait que cette dernière permettrait de revoir ce qui a été mal fait.  Selon  l’ancien bâtonnier, l’Association des Elus Locaux a confié aux experts de l’O.I.F que 2.200.000 personnes ont été enregistrées sans états-civils et sans témoignage d’élus locaux. Il faut corriger cela a déclaré Me Jacques Atchéffon Migan qui ajoute qu’une simple actualisation permettrait juste d’éliminer de la liste, les morts, d’y insérer ceux qui entre temps, ont atteint l’âge de 18 ans et ceux qui remplissaient les conditions mais qui n’avaient pas été enregistrés.

Il est à rappeler que Me Jacques Atchéffon Migan est le Directeur du Centre international de formation en Afrique des avocats francophones. Il est aussi professeur assistant à l’Université d’Abomey Calavi.

Francis Z. OKOYA

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OKOYA F.

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