Après le renouvellement des menaces au sommet : L’U.N interpelle la Haac et le Procureur de la République

– Elle rend la Rb complice des dérives dénoncées

– La Cstb condamne et appelle à la vigilance

 Les membres du Bureau politique de l’Union fait la Nation se sont retrouvés le jeudi 30 août 2012 pour analyser la situation socio-politique nationale. A l’occasion, l’U.N condamne à nouveau les propos du Chef de l’Etat tenus le 1er août 2012, puis confirmés le week-end dernier dans les champs de coton, dénonce les menaces de ses partisans et rend la Renaissance du Bénin complice des dérives dénoncés. L’alliance politique coordonnée par Lazare Sèhouèto sous la présidence de Bruno Amoussou, s’étonne du silence de la Haute Autorité de l’Audio-visuel et de la Communication ( Haac) “… généralement prompte à infliger des sanctions au nom de la sauvegarde des valeurs républicaines” et  “s’interroge sur l’indifférence du procureur de la République alors qu’il est annoncé, publiquement, que des opposants seront pendus et que leurs cadavres seront jetés dans la mer”. Par ailleurs l’U.N souligne que la non réouverture des négociations avec les partenaires sociaux serait compris comme un refus du Gouvernement  “à sauver l’école et qu’il souhaite des grèves afin de voir se produire les affrontements annoncés.”. Tout en appelant ses militants à ne pas répondre à la provocation, à rester vigilants, l’U.N invite le Gouvernement à prendre déjà les mesures utiles pour éviter les méfaits des inondations annoncées. A lire l’intégralité du communiqué de presse rendu public par l’Union fait la Nation ( ci-dessous), on se rend compte que l’U.N rend la Renaissance du Bénin non seulement comptable des actions de Boni Yayi mais aussi complice des dérives imputées à ses soutiens des Fcbe.

La Confédération Syndicale des Travailleurs du Bénin (CSTB) est aussi dans la même logique et le communiqué signé de Gaston Azoua, le Secrétaire Général Confédéral en dit long.

Francis Z. OKOYA

 

COMMUNIQUE DE PRESSE DE L’UNION FAIT LA NATION

Le Bureau politique transitoire de l’Union fait la Nation s’est réuni le 30 Août 2012 à son siège à Cotonou. Il a procédé à une évaluation de l’actualité nationale et de ses activités depuis la tenue des « Journées de l’Union » les 26, 27 et 28 juillet 2012.

1-Le Bureau politique se réjouit du succès éclatant de ces assises. Il félicite les militantes et les militants pour la préparation minutieuse des travaux et leur bon déroulement. La qualité des conclusions et l’accueil des propositions sont l’expression des liens qui unissent notre organisation avec les couches populaires. Ils traduisent l’approbation de nos prises de positions par les Béninoises et les Béninois.
Cette réponse enthousiaste des forces vives de la Nation à l’appel « au rassemblement et à la mobilisation pour contenir les dérapages du Président Yayi et des Fcbe » a semé la panique dans les rangs du Pouvoir. Elle a provoqué la colère du Chef de l’Etat qui ne s’en est pas caché lors de son interview du 1er août 2012. Partisan déclaré de l’affrontement, il a condamné notre volonté de constituer un Front unifié qui soit un « cadre approprié pour des discussions et des actions pouvant mettre un terme au déclin national et ouvrir de nouvelles perspectives à notre peuple ».

2- Le Bureau politique salue par conséquent la naissance, contre vents et marées, du Front Citoyen Uni. Il s’agit-là, d’une victoire capitale sur les intimidations du Pouvoir de Yayi et de ses partisans FCBE/RB. Le Bureau politique assure, aux organisations membres de ce cadre de coopération militante, de l’engagement total de l’Union fait la Nation pour contribuer, à leurs côtés, à l’indispensable œuvre de salubrité qu’appelle la gravité de la situation.

3- Le Bureau politique prend acte de l’interview du Chef de l’Etat dans lequel il se présente à « cœur ouvert » à ses compatriotes. Ce faisant, il a voulu que tout un chacun découvre un peu plus sa personnalité et prenne connaissance des solutions qu’il apporte aux principales préoccupations des populations. Il a exposé sa vision de notre pays, donné son appréciation sur la moralité des membres des Institutions, présenté sa conception du combat politique et sa façon de traiter les affaires publiques au sommet de l’Etat.
Le Bureau politique constate cette clarification politique que le Chef de l’Etat poursuit par ses déclarations sur le terrain, dans les champs de coton. Il revient alors à chaque Béninoise et à chaque Béninois d’approuver ou de désapprouver ce qui est présenté et ce qui se dit enfin publiquement. Pour sa part, le Bureau politique transitoire réaffirme l’opposition de l’Union fait la Nation à la politique du gouvernement qui crée la division et la haine au sein de nos populations, encourage le régionalisme, déshonore notre pays, ruine notre économie et détruit les emplois des jeunes.

4- Le Bureau politique s’indigne des propos que Fcbe et ses alliés lui prêtent après avoir échoué dans leurs violentes agressions pour le réduire au silence. Il dénonce la campagne de dénigrement, de mensonges et de menaces, même de mort, des hordes de mercenaires dans les rues et des meetings. Il s’étonne du mutisme de la HAAC, généralement prompte à infliger des sanctions au nom de la sauvegarde des valeurs républicaines. Il s’interroge sur l’indifférence du procureur de la République alors qu’il est annoncé, publiquement, que des opposants seront pendus et que leurs cadavres seront jetés dans la mer.

5- Le Bureau politique dénonce les mesures d’interdiction de réunions en salle que prennent, en toute illégalité, des préfets et des maires dès lors qu’il s’agit d’exprimer des opinions défavorables au pouvoir Fcbe/RB. Il s’associe à toutes les forces sociales qui luttent pour sauvegarder la liberté de s’exprimer, de circuler, de se réunir et de chercher à gagner son pain. Il soutient le combat pour une information équilibrée à l’ORTB et le respect du pouvoir judiciaire dans un Etat de droit.

6- Le Bureau politique déplore le refus du Président Yayi et ses alliés Fcbe/RB de reconnaitre la gravité de la situation du pays. Il insiste encore une fois sur la nécessité absolue de reprendre « sans délai, des négociations entre le Gouvernement, les Centrales syndicales et le Front des trois ordres d’enseignement sur les revendications des travailleurs ». Si le Gouvernement ne prend aucune mesure significative dans ce sens, c’est qu’il se refuse à sauver l’école et qu’il souhaite des grèves afin de voir se produire les affrontements annoncés.

7- Le Bureau politique a, en outre, pris connaissance des rapports des structures de base relatifs aux menaces d’inondations dévastatrices des habitations, des cultures et des infrastructures dans plusieurs régions du pays. Il demande, en conséquence, au Gouvernement de prendre les dispositions nécessaires, de toute urgence, pour faire face à toutes les éventualités.

8- Le Bureau politique en appelle à la mobilisation et à la vigilance des populations. Il invite particulièrement ses structures de base et ses sympathisants à poursuivre activement la popularisation des propositions des « Journées de l’Union ». Il leur recommande de ne répondre à aucune provocation et de ne pas se laisser intimider par les injures et les hurlements de ceux qui affirment que tout va bien.
Pour la très grande majorité des Béninoises et des Béninois, ça va mal ; le pays va très mal. Nous n’avons donc pas le droit de nous croiser les bras. Nous pouvons éviter à notre pays le naufrage collectif. La démocratie nous en donne les moyens.
Enfants du Bénin, debout !

Cotonou, le 30 Août 2012
Le Bureau politique transitoire.

CONFEDERATION SYNDICALE DES TRAVAILLEURS DU BENIN
(CSTB)
03 B.P. 932 Cotonou
Tél. : (00229) 21-30-78-57 Fax : (00229) 21-30-78-49
Email : cstbsn@yahoo.fr

DECLARATION DU CCN/CSTB SUR LA SITUATION POLITIQUE NATIONALE.

Le CCN/CSTB réuni en sa séance du jeudi 30 août 2012, après examen de la situation sociopolitique nationale, a décidé de rendre publique la déclaration ci-après.
Depuis le 1er août 2012, par suite de la sortie médiatique du Président de la République, la situation politique nationale s’est considérablement dégradée, avec de grosses menaces qui pèsent sur les libertés, sur les hommes et la démocratie. On eût dit que le 52ème anniversaire de l’accession à l’indépendance de notre pays, outre qu’il se passe dans la misère noire pour les peuples de chez nous, a été l’occasion de réveiller les vieux démons avec l’appel ouvert au régionalisme et à la division des peuples, à l’affrontement des différentes couches socioprofessionnelles du pays.
Jugez-en avec les propos tenus par le chef de l’Etat et ses thuriféraires.

1. A l’interview du 1er août 2012,
« … Alors, on (M. TALON) mouille pratiquement toutes les forces, les politiques, les syndicats, les magistrats ; les valises circulent au vu et au su de tout le monde… Les 2/3 des journalistes de la presse écrite émargent chez lui (TALON) ; 300 000 FCFA ou 400 000 F, rien que pour insulter le Président… »

« … J’ai appris qu’ils vont tenir une réunion et réunir les syndicats, les magistrats et les autres pour former un front uni pour me faire partir. Moi YAYI ? Ils sont trop petits !… Je vais leur montrer que moi aussi, j’ai du monde derrière moi dans le Nord profond et ils vont s’affronter ».

Et quand le journaliste interloqué fait remarquer « Quand la haine appelle la haine, M. le Président !!! », le Président répond, trompeur mais ferme.

« … Vous avez raison… Je m’excuse vraiment… Je leur dis, venez, mais ils refusent… Il n’y aura pas de Madagascar au Bénin… Malick, dis leur que je n’ai pas peur d’eux… »

A la question de savoir la dictature du développement qu’est-ce à dire ? Et les libertés publiques ? Le Président répond : « … Il faut rayer la pauvreté… Mais notre comportement nous éloigne du développement… Il faut changer de vêtement, mettre de nouveaux habits… La démocratie, est-ce l’anarchie et le désordre ?… il faut que l’Etat soit fort ! »

2. A partir des champs de cotonniers de Ouassa-Péhunco, dans les villes de Djougou, Djidja… le mercredi 22 août 2012.

C’est la même rancœur, les mêmes menaces dans les propos du Président.
« … Ils ont acheté les enseignants… Je ne leur dois rien ! Ils menacent de fermer les écoles à la rentrée… Ils ont payé les communistes ! Descendez tous à Cotonou leur demander des comptes ! L’école, c’est l’affaire des communes. C’est à vous de les interpeller! Descendez tous à Cotonou ! ».

Ces longues citations des propos du Président ont été voulues pour montrer avec quelle rage, quelle volonté farouche il veut en découdre avec les enseignants, certains opérateurs économiques, les communistes, les peuples de la partie méridionale de notre pays. Pour le Président de la République, la démocratie béninoise, c’est le désordre, l’anarchie. Les revendications des enseignants ? Une farce grotesque emmerdante, dont il n’a que cure! Et comme tout baigne dans la corruption dans cet univers, enseignants, syndicalistes, magistrats, communistes, tous sont achetés.

Voilà pourquoi ceux du Nord profond doivent descendre à Cotonou pour punir les ‘sudistes’. Exit l’unité nationale. Vive la dictature du … développement pour que vive la dictature du Président !

Le top donné, les meutes dressées montent au créneau.
Le Ministre de l’Intérieur crie à l’insurrection, annonce l’état d’urgence et menace.
La coordination FCBE, les jeunes turcs de Médjico, les jeunes patriotes de Béhanzin, tous à qui mieux-mieux hurlent leur indignation et crient au sacrilège. Dans cet unanimisme général, aucune contradiction n’est tolérée surtout si elle vient des rangs et le député Azanaï l’a appris à ces dépens : depuis sa sortie, il est voué aux gémonies.

La Confédération Syndicale des Travailleurs du Bénin (CSTB) fustige les propos guerriers anti- peuples du Président de la République et les condamne en tant que propos ethnocentristes, régionalistes, fauteurs de guerre civile. Elle condamne tout autant l’aveuglement et l’hystérie des supporters du Président qui font ici office de faiseurs de despotes.

Elle appelle tous les travailleurs à prendre toute la mesure de la gravité de la situation pour renforcer leurs organisations, se mobiliser massivement et faire échec à toute tentative de régression préjudiciable à notre peuple.

En, tout état de cause, la CSTB est persuadée que nos peuples, qu’ils soient du Sud ou du Nord, de l’Est ou de l’Ouest ont tous contribué à la conquête et à l’enracinement de la démocratie chez nous. De ce fait, ils sont aguerris pour ne pas se laisser manipuler à des fins obscures, étrangères aux intérêts bien compris de la nation.

Cotonou le 30 août 2012

Pour le CCN/CSTB,
Le Secrétaire Général Confédéral

Gaston K. AZOUA

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OKOYA F.

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