Après l’Union Européenne :Le Fmi s’inquiète de la gestion des dossiers PVI et Coton

L’Union européenne, les responsables de Bénin Control, ceux des structures en charge du coton, ne sont plus les seuls à s’inquiéter de la gestion qui est faite des deux (02) dossiers que sont le PVI et la campagne cotonnière 2012-2013 et celles à venir. Le Fonds Monétaire International vient d’exprimer sur ces sujets. A travers, une  note qu’il vient de publier sur les perspectives économiques régionales pour l’Afrique subsaharienne, Abdikarim M. Farah Représentant Résident au Bénin du Fonds Monétaire International a clairement signifié que s’il y a de l’espoir pour une amélioration de la croissance dans les pays subsahariens,  pour le cas du Bénin « … les perspectives sont tributaires d’une gestion effective, par les autorités béninoises, des risques résultant des événements récents dans l’administration douanière et la filière coton… ». Voici l’intégralité de l’analyse du Représentant du FMI au Bénin.

Francis Z. OKOYA

Point de vue sur les perspectives économiques régionales pour l’Afrique subsaharienne : Mai 2012 par Abdikarim M. Farah, Représentant Résident au Benin Fonds Monétaire International

Dans le passé, tout fléchissement de l’économie mondiale était très mal vécu par l’Afrique subsaharienne. Ce n’est plus le cas depuis quelques années. Alors que l’économie mondiale vacillait l’année dernière, la région a enregistré un taux de croissance de 5 %, certains pays à faible revenu connaissant même une croissance plus rapide. L’économie de la plupart des pays de la région a continué de croître même au plus profond de la récession, en 2009.

À quoi cela tient-il et quelles sont les chances que la région continue d’obtenir de solides résultats en matière de croissance même si l’économie mondiale se heurte à de nouvelles difficultés telles qu’une aggravation des problèmes financiers de la zone euro ou une nouvelle envolée des cours du pétrole ? A mon avis, les perspectives économiques restent positives pour l’Afrique subsaharienne malgré ces risques mondiaux.

Considérons tout d’abord ce qui s’est passé depuis l’éruption de la crise financière mondiale il y a près de quatre ans. Alors que la production n’a pas encore retrouvé ses niveaux antérieurs à la crise dans beaucoup de pays avancés, en Afrique subsaharienne, la croissance ne s’est guère écartée des taux de la période de haute conjoncture des années 2004 à 2008 pendant laquelle les pays à faible revenu ont vu leur économie croître à un rythme moyen de 6 % Certains pays à revenu intermédiaire de la région – dont l’Afrique du Sud – ont toutefois été plus gravement touchés par les problèmes mondiaux du fait de leur plus grande intégration dans l’économie internationale. Depuis le début de la crise mondiale, l’Asie émergente a été la seule des grandes régions du monde à croître plus rapidement que l’Afrique subsaharienne – et le FMI table sur un résultat du même ordre en 2012 avec un taux de croissance d’environ 5 ½ % en Afrique subsaharienne.

La situation du Bénin a été, pour l’essentiel, à l’image de celle de l’Afrique subsaharienne, encore que la croissance ait été inférieure à la moyenne régionale. La croissance a ralenti durant les trois dernières années sous l’effet conjugué des mauvaises conditions climatiques, des conséquences du cycle électoral et, dans une moindre mesure, de l’impact de la crise financière mondiale. Elle devrait cette année afficher une légère amélioration malgré les retombées du renchérissement des prix des carburants suite à la suppression partielle des subventions sur les carburants au Nigeria. Les perspectives sont toutefois tributaires d’une gestion effective, par les autorités béninoises, des risques résultant des événements récents dans l’administration douanière et la filière coton

C’est une très heureuse évolution par rapport aux faibles taux de croissance et aux crises économiques que l’Afrique subsaharienne a connus durant les années 80 et 90. De nombreux facteurs expliquent, bien sûr, cette plus grande résistance de la région. Celle-ci est, dans l’ensemble, politiquement plus stable ; les cours des produits de base ont évolué de manière favorable pour nombre des pays exportateurs et, surtout, la plupart des gouvernements ont mis en œuvre des politiques économiques prudentes et des réformes soutenant la croissance.

Les politiques économiques de la dernière décennie, en particulier, ont été fermement orientées vers la stabilité économique et la libéralisation des marchés. L’inflation a été dans l’ensemble maîtrisée, les réserves de change ont augmenté et le poids de J’endettement a été réduit grâce, en partie, aux allégements de dette consentis. De ce fait, les niveaux d’investissement ont régulièrement augmente, les systèmes bancaires contribuent davantage à la mobilisation de l’épargne et à l’octroi de crédit tandis que l’adoption des nouvelles technologies stimule la productivité de la main-d’œuvre.

Les politiques économiques vigoureuses appliquées ont aussi bien servi les intérêts de l’Afrique subsaharienne quand la crise mondiale a frappé. Du fait que l’inflation était faible et que les situations budgétaires étaient saines dans l’ensemble, les pays de la région ont pu prendre des mesures pour compenser la chute brutale de la demande d’exportations. La solidité des bases de dépôts nationales a protégé, dans une large mesure, les systèmes bancaires africains des tensions financières mondiales. Enfin, la rapidité avec laquelle les partenaires internationaux, dont le FMI, ont réagi en engageant environ 5 milliards de dollars EU pour l’Afrique subsaharienne en 2009, a permis à la région de traverser la tourmente.

Tout n’est pourtant pas rose. Si l’accélération de la croissance économique a permis de réduire la pauvreté dans la région, celle-ci n’en demeure pas moins a des niveaux inacceptables. Les conditions de vie restent en effet précaires dans beaucoup de pays de la région. Cela souligne la nécessité de faire en sorte que la croissance profite vraiment à tous

Parmi les menaces qui pèsent sur les perspectives économiques mondiales figurent notamment le risque d’une recrudescence des tensions financières dans la zone euro, qui ont fortement freiné l’économie mondiale en 2011, et la possibilité d’une nouvelle flambée des cours du pétrole sous l’effet des incertitudes géopolitiques. Une évolution défavorable dans l’un ou l’autre de ces domaines durait inévitablement des conséquences négatives pour l’Afrique subsaharienne : la croissance serait amputée, le chômage augmenterait et les soldes budgétaires de nombreux pays seraient mis à mal

Nous estimons néanmoins que des évènements de ce type ralentiraient certes l’expansion économique de l’Afrique, mais ils ne la feraient pas capoter. Grâce à leurs faibles niveaux d’endettement et à leurs déficits budgétaires modérés, beaucoup de gouvernements disposeraient de la marge de manœuvre nécessaire pour supporter un ralentissement économique en recourant davantage à l’emprunt sans avoir à amputer fortement les dépenses. Bien que certains pays d’Afrique de l’Est subissent encore les effets d’un emballement des prix à la consommation observé l’an dernier, l’inflation reste dans l’ensemble bien maîtrisée

Une dernière remarque. Tant que la croissance restera vigoureuse, les responsables des pays de la région devront s’efforcer d’améliorer les situations budgétaires et constituer des marges de sécurité suffisantes pour pouvoir faire face à tout nouveau choc au niveau mondial. Cela permettra à l’Afrique subsaharienne de garder le cap, c’est-à-dire de maintenir une croissance forte et de réduire la pauvreté, deux objectifs indispensables à une amélioration générale des niveaux de vie.

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OKOYA F.

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