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Atelier de vulgarisation d’une étude régionale sur le sexisme, le harcèlement et la violence à l’encontre des femmes dans les parlements d’Afrique :  Le brillant exposé de l’honorable Mariam BABA MOUSSA

Au cours de la plénière de ce mardi 21 décembre 2021, l’honorable Mariam BABA MOUSSA membre du bureau des femmes parlementaires de l’Union Interparlementaire a organisé dans l’enceinte même de l’hémicycle, un atelier de vulgarisation sur une étude régionale sur le sexisme, le harcèlement et la violence à l’encontre des femmes dans les parlements d’Afrique. À cette importante séance qui a mobilisé les députés de la huitième législature, plusieurs responsables d’organisation de défense des droits des femmes dont Me Huguette Bokpê Gnacadja, Secrétaire Exécutif de l’Institut National de la Femme et de la Présidente du Réseau des Femmes fonctionnaires Parlementaires du Bénin Florine Nago Bognon étaient présentes.

Dès l’entame de son exposé, l’honorable Mariam BABA MOUSSA a expliqué à l’assistance que, quand on parle de violence faite aux femmes en politique et dans les Parlements, il s’agit de tout acte de violence qui vise les femmes politiques ou parlementaires en raison de leur sexe afin de les dissuader à mener des activités politiques et d’exercer leurs droits fondamentaux ainsi que de les influencer ou empêcher leur participation à la politique à titre individuel ou collectif. Avant d’aborder le cadre normatif de ladite étude, l’honorable Mariam BABA MOUSSA a précisé que bien avant l’étude sur le sexisme, le harcèlement et la violence faite à l’encontre des femmes dans les parlements d’Afrique, deux études l’ont précédé ; l’une en 2016 sur la violence faite aux femmes dans les parlements à l’échelle mondiale et l’autre en 2018 qui a couvert les parlements d’Europe. Elle a tenu à préciser que celle faite sur les parlements d’Afrique a été conjointement financé par l’Union Interparlementaire et l’Union Parlementaire Africaine. Abordant le cadre normatif, la communicatrice explique que l’étude n’a pas été faite sans se référer à des documents tels que le Protocole de Maputo, le Pacte international relatif aux droits civiques et politiques, la convention pour l’élimination de toutes les discriminations faites à l’encontre des femmes etc.

Dans son exposé, l’honorable Mariam BABA MOUSSA fait savoir que l’étude a été faite sur la base d’entretien avec deux cent vingt quatre (224) femmes des parlements de cinquante (50) pays africains dont 137 sont des femmes parlementaires et 87 des femmes des fonctionnaires des parlements. Le message phare décelé au cours de cette étude est : “la mise à l’écart des femmes”. Abordant le volet statistique, la communicatrice a tenu à préciser que les chiffres seront liés à chaque type de violence. Ainsi sur les 224 femmes qui ont été objet de cette étude, 80% ont répondu aux questions liées aux violences psychologiques, 67% ont fait l’objet de remarques sexistes, 46% ont été la cible d’actes sexistes, 42% ont reçu des menaces de mort, 19% de passage à tabac et 39% ont été confrontées à des actes d’intimidation etc.

L’honorable a fait ressortir dans sa communication que les auteurs de ces violences sexistes sont ses collègues parlementaires masculins, les collègues de partis politiques opposés à celui des répondants qui arrivent en première place suivis de près par ceux de leur propre parti politique. Ces violences ont souvent lieu dans les parlements comme lieu de travail et 87% de femmes ont répondu avoir été objet d’harcèlement dans l’enceinte des parlements selon la communicatrice.

Les solutions proposées par l’étude 

Comme solutions, il a été proposé des politiques internes dans les parlements visant à lutter contre les violences sexistes, des services d’écoute et de conseils, des mécanismes de réflexion et de traitement des plaintes, des sanctions et la formation de toutes les personnes au parlement. En conclusion, l’honorable Mariam BABA MOUSSA souhaite qu’au parlement béninois, qu’il y ait plus de respect du temps de parole donné aux femmes, qu’il n’y ait plus d’harcèlement et qu’on entende plus parler de violences sexistes.

À la suite de l’honorable Mariam BABA MOUSSA, la Secrétaire Exécutif de l’Institut national de la femme Me Huguette Bokpê Gnacadja est allée dans le même sens que la communicatrice principale en demandant aux députés de prendre des mesures temporaires spéciales visant à accélérer l’instauration d’une égalité des sexes entre les hommes et les femmes. Elle précise que ces mesures doivent être abrogées dès que les objectifs en terme d’égalité des chances sont atteints. Ce faisant, le parlement se met ainsi en phase avec le protocole à la charte Africaine des droits de l’homme et des peuples dont l’article 9 dispose que les États entreprennent des actions positives spécifiques pour promouvoir la gouvernance participative et la participation paritaire des femmes dans la vie politique de leur pays à travers une action affirmative et une réputation nationale et d’autres mesures de nature à garantir donc la participation des femmes, leur représentation dans les processus électoraux et leurs interventions en partenaire égal aux hommes à tous les niveaux de l’évaluation et de la mise en œuvre des politiques de développement des États. Plusieurs interventions des députés présents à cet atelier ont également enrichi les débats.

POLO. AHOUNOU

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