#Bénin : Députés et Ministres vent debout contre la chicha

 #Bénin : Députés et Ministres vent debout contre la chicha
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Dans le cadre de leur mission de contrôle de l’action gouvernementale, les députés, au cours de la plénière de ce jeudi 23 juin 2022 présidée par Louis G. VLAVONOU, ont écouté le Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique Alassane SEIDOU qui est venu répondre aux questions posées par le député Nazaire SADO et relatives à la consommation de la Chicha au Bénin.

Cette interpellation du Gouvernement comporte trois volets que sont : 1)-  Quelles sont les mesures prises par le Gouvernement pour éradiquer ce fléau constitué par la consommation de la chicha ; 2)- Existe-t-il une autorisation accordée aux bars et discothèques pour la consommation de la chicha ; 3)- Quelles sont les statistiques du Ministère de la Santé par rapport aux affections liées à la consommation de la chicha.
 
Le Ministre SEIDOU a répondu à toutes questions avant d’insister sur les mesures urgentes envisagées. Pour lui, il importe de faire dans l’immédiat une analyse sur la nature des produits consommés à travers la chicha. Ensuite, un arrêté interministériel sera pris pour en interdire la consommation en attendant le vote d’une loi anti chicha.

Après ces éléments de réponse du Gouvernement, les députés se sont prononcés sur ce fléau. Voici les extraits de leurs réponses rapportées par le confrère Hermann OBINTI.

Pour l’auteur de ces questions posées au Gouvernement, l’honorable Nazaire SADO, le Gouvernement a reconnu les méfaits de la consommation de la chicha et qu’il n’y a pas une législation spécifique en la matière. Selon lui, l’amende proposée pour décourager les consommateurs est suffisamment faible. Pour cela, il a suggéré la prise d’un arrêté interministériel pour décourager le fléau. Pour finir, il a félicité les préfets pour les initiatives prises contre ce fléau par le passé. Pour l’honorable Norbert AHIVOHOZIN, c’est un phénomène alarmant. À son tour, le député Florentin TCHAOU a souhaité que la consommation de la chicha soit encadrée puisqu’il s’agit d’une question économique.    Pour son collègue Sanni MAMA, il est temps que les autorités prennent leurs responsabilités, car ce phénomène, a-t-il déploré, décime la jeunesse. C’est pourquoi, il a proposé que la loi contre le tabagisme soit corsée et que l’importation de la chicha soit interdite. Comme lui, l’honorable Sina OUNINGUI Bio Gounou, a tout simplement opté pour une urgence face à ce problème de santé publique. C’est l’honorable Aguêmon BADIROU qui a été percutant dans son analyse. Pour lui, le phénomène de la chicha commence par prendre de l’ampleur dans notre pays. Il suffit d’aller dans les bars les soirs pour se rendre compte de son ampleur. Selon une étude qu’il a commanditée, a informé l’honorable, la chicha qui est consommée par les enfants n’est rien d’autres que de la drogue et ce n’est que d’ici à 10 ans, voire 15 ans qu’ils développeront de graves pathologies. Face à ce phénomène qui n’arrange que les promoteurs de bars et certains opérateurs économiques, il a opté pour l’utilisation de la loi contre le tabagisme.

Dans son intervention, l’honorable Bénoit DÈGLA a fait remarquer que la chicha est dangereuse. ” Consommer la chicha pendant une heure équivaut à plus de deux  paquets de cigarettes. S’il y a un texte qui interdit la cigarette, il faut la réviser comme la chicha est plus dangereuse que la cigarette et dire comment la consommer…”, a-t-il déclaré avant de plaider pour la prise d’un arrêté interministériel en attendant une législation appropriée. L’honorable Mariam BABAMOUSSA est du même avis. Prenant la parole, elle a suggéré qu’il faille corser les mesures et revoir les textes législatifs et règlementaires. Il faut également, a-t-elle poursuivi,  soutenir les communes, les Ong qui font la lutte contre la chicha et créer au besoin une semaine de lutte contre ce phénomène.

 À son tour, l’honorable Chantal AHYI a plaidé pour l’encadrement de la consommation de la chicha et en a appelé à la vigilance des parents tout en mettant un point d’orgue sur la sensibilisation. L’honorable Nathanaël SOKPOKPÉ est resté ferme. “… C’est de la drogue qui est consommée et nous n’avons pas besoin de modifier une loi. Le ministre de l’Intérieur doit prendre ses responsabilités, car ce phénomène détruit toute une génération. Mieux, avant d’arrêter la consommation de la chicha, il faut arrêter la commercialisation…”, a-t-il martelé. En alertant, l’honorable Gilbert BAGANA a déclaré que c’est un fléau national.”… Ce qui se passe dans nos villes est grave. Même ailleurs, la chicha ne se consomme pas comme chez nous. Il faut donc encadrer sa consommation. Ce qui se passe est catastrophique. Nous devons prendre des dispositions et agir contre les produits alimentaires contrefaits…”, a-t-il lancé. En bouclant la boucle des interventions, l’honorable Sofiath SCHANOU épouse AROUNA, pense que c’est un problème de société et il importe de se lever pour agir ensemble.

Il faut dire que les députés au cours de cette même plénière ont écouté les réponses du Gouvernement liées aux menaces sécuritaires et à la porosité des frontières béninoises posées par le député Rachidi GBADAMASSI et 18 autres de ses collègues.

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