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Bénin/Harcèlement sexuel en milieu universitaire : Les députés pour des mesures plus fortes

Eléonore Yayi Ladékan, Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique

Les députés veulent que des mesures plus fortes et rigoureuses soient prises pour une lutte efficace contre le phénomène du harcèlement sexuel en milieu universitaire et dans les institutions de la République. Le dossier était au cœur de la séance plénière de ce mardi 5 janvier au Parlement à la faveur d’une question orale avec débat. Tendons-nous vers la relecture de tout l’arsenal juridique sur le harcèlement sexuel au Bénin ? C’est du moins la position défendue par plusieurs députés, ce mardi, à l’Assemblée nationale lors de l’examen de la question orale avec débat posée sur le phénomène par l’honorable Romarique Sèdami Médégan dans le cadre du contrôle de l’action gouvernementale. Les éléments de réponse ont été apportés par la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Eléonore Yayi Ladékan. Selon elle, le phénomène varie d’une université publique à une autre.

A la date d’aujourd’hui, quatre cas ont été enregistrés à l’Université d’Abomey-Calavi (Uac), sept à l’Université de Parakou et trois à l’Université nationale des sciences technologiques, ingénierie et mathématiques (Unstim) d’Abomey. Aucun cas n’a été encore signalé, à en croire Eléonore Yayi Ladékan, à l’Université nationale d’agriculture (Una) qui demeure un bon élève en matière du phénomène du harcèlement sexuel en milieu universitaire et dans les institutions de la République.

Mais les autorités rectorales ne sont pas restées les bras croisés. Des actions de sensibilisation sont régulièrement menées pour attirer l’attention des acteurs du monde universitaire surtout les étudiantes sur l’existence du phénomène, ses manifestations et les comportements à avoir pour l’éviter. L’Uac a créé par exemple, informe la ministre, un Observatoire genre pour contrer le phénomène. L’observatoire a des points focaux dans toutes les entités de l’Uac avec des boîtes à suggestions et à plaintes pour des dénonciations.
En plus des actions de sensibilisation et de prévention, il est prévu des mesures disciplinaires contre les auteurs des cas dénoncés et avérés. Ces derniers font l’objet d’une enquête et d’audition. Les sanctions administratives et académiques sont prononcées contre l’auteur épinglé. Il est relevé de ses fonctions s’il s’agit par exemple d’un responsable d’une entité universitaire. Si l’auteur est un simple enseignant, il est dessaisi de ses cours qui sont confiés à une autre personne. L’auteur est redéployé à un autre poste administratif au niveau de l’Université en question où il servira en tant que collaborateur sous un autre responsable, explique la ministre. Des mesures sont également prévues au niveau du gouvernement à l’encontre des auteurs de harcèlement sexuel en milieu universitaire.

Copier le privé

Une commission administrative paritaire est souvent mise sur pied pour faire les investigations et écouter les mis en cause. L’Inspection générale du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique est parfois mise à contribution pour investiguer sur les cas dénoncés. Les rapports peuvent être confiés à la justice pour que des sanctions pénales soient prononcées contre les auteurs, détaille Eléonore Yayi Ladékan. Ce qui complique souvent les procédures de poursuite, déplore la ministre, c’est lorsque la victime tourne casaque devant la police ou le tribunal et se met elle-même en position de défenseur de son agresseur et harceleur. Ces cas de complicité ne sont pas de nature à faciliter la lutte contre le phénomène, fait savoir Eléonore Yayi
Ladékan. Les députés dont l’auteur de la question orale avec débat estiment que ces mesures de riposte sont encore insuffisantes par rapport aux conséquences de ce phénomène sur l’avenir de l’étudiante harcelée souvent sans force face à l’enseignant qui se dit parfois maitre de sa matière. Le député Bonaventure Aké Natondé, promoteur d’université privée, partage avec la plénière les sanctions dans le privé. Selon lui, la sanction est immédiate dans le privé. L’auteur du harcèlement sexuel avéré perd immédiatement son job. Cela est non négociable. Face à la situation dans le public, les parlementaires jugent utile la relecture de tout l’arsenal juridique sur le phénomène de harcèlement sexuel afin de décourager à jamais les auteurs avec des sanctions plus fortes.

Thibaud C. NAGNONHOU, La Nation, A/R Ouémé-Plateau

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