#Bénin/Le Maire Yankoty sur l’émission “Entretien du dimanche” de Eden Tv : « On est passé de douze millions de réalisations par an à plus de deux cent millions »

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Invité sur l’émission “L’entretien du dimanche” du 24 avril dernier, le maire de Porto-Novo Charlemagne YANKOTY s’est prêté aux questions du confrère Donklam ABALO.
Au cours de cet entretien, le journaliste et son hôte, l’édile de la ville Capitale, ont passé en revue le visage que présente actuellement Porto-Novo, le passage du seul Conseiller non PRD de la troisième mandature à celui de Conseiller-Maire Up de la quatrième mandature, les défis à relever à Porto-Novo, la réforme de la Décentralisation avec l’avènement des Secrétaires Exécutifs des Mairies nouveaux ordonnateurs des budgets communaux, l’imminent projet de construction de l’hôtel de ville, le Festival International de Porto-Novo, le regard bienveillant du Chef de l’Etat pour la Capitale longtemps délaissée, les ambitions politiques du Maire YANKOTY, ses relations avec ses prédécesseurs…..

Voici l’intégralité des réponses du Maire de Porto-Novo aux questions du confrère Donklam ABALO.

J-Marc Aurel AGOSSOU

 

Donklam ABALO : Monsieur le Maire bonjour

Charlemagne YANKOTY : Bonjour Monsieur le journaliste

Est-ce que c’est facile de gérer Porto-Novo ?

Je voudrais vous dire à priori que l’impression qu’on a souvent de Porto-Novo, c’est une ville difficile. Mais je voudrais vous rassurer et vous dire que Porto-Novo, la capitale du Bénin est une ville magnifique et sa particularité c’est d’être une ville historique.  Souvent les villes historiques donnent l’impression d’être difficile mais tout dépend de la capacité managériale de celui qui est à la tête. J’avoue que Porto-Novo, le plus important c’est de savoir poser les pas, respecter les aînés. A ce niveau, je peux vous dire que nous n’éprouvons pas de difficulté pour gérer Porto-Novo.

Porto-Novo, une ville magnifique, une ville historique… Mais quand on entre à Porto-Novo, on n’a pas l’aspect d’une ville historique. Est-ce que l’aspect de Porto-Novo vous rend fier ou pas ?

Je voudrais faire un petit rectificatif. Il faut reconnaître que c’est une ville historique parce qu’il y a de ces édifices, de ces valeurs culturelles et patrimoniales et les architectures afro-brésiliennes qui déjà dénotent du fait que c’est une ville historique. C’est vrai que par le passé, on n’était pas trop fier de Porto-Novo en tant que capitale du Bénin parce qu’il n’y a qu’une seule capitale. Mais j’avoue que depuis six ans, et plus particulièrement depuis les deux ou trois dernières années, nous éprouvons une grande fierté de voir que Porto-Novo amorce réellement l’image d’une ville capitale et ceci grâce au leadership du Président Patrice Talon. Qu’on le veuille ou non, il a beaucoup fait pour changer l’aspect de Porto-Novo ces cinq dernières années. On peut en être fier. C’est bon et c’est un début.

Nous allons remonter un peu à votre histoire à l’époque vous étiez conseiller au sein de la mandature dernière, seul conseiller élu sur la liste Union fait la Nation au sein d’un conseil quasiment PRD. Entre  le Conseiller municipal de l’époque et le maire d’aujourd’hui, qu’est ce qui a changé dans votre quotidien, dans vos habitudes ?

Par le passé, j’étais seul non PRD au conseil. Vous étiez un compagnon dans le temps. Je vais dire que l’un a permis de préparer l’autre.

C’est-à-dire ?

Pour avoir été un bon conseiller peut être incompris, je l’ai souvent dit dans le temps parce qu’en tant que conseiller, je m’étais vraiment donné, j’ai participé à l’animation de la vie politique, à l’animation du développement de notre ville. J’ai fait beaucoup de propositions, beaucoup de contributions aussi. Ceci m’a permis en son temps de mieux cerner un certain nombre de choses. Les points pour lesquels je n’étais pas pour autant en harmonie, j’ai ma perception. Aujourd’hui que j’ai la grâce de devenir Maire, cela m’a permis de relever ces défis. Je pense que nous sommes en train de le faire si bien, c’est pour ça je me permets de dire que la position du conseiller m’a préparé à occuper celle que j’occupe aujourd’hui.

Est-ce qu’aujourd’hui Maire de Porto-Novo, il ne vous arrive pas d’avoir des envies de vengeance ?

Ce n’est pas vrai. Je voudrais vous dire ceci. Le maire, il est maire pour tout le monde.

Vous êtes UP…

Je suis de l’Union Progressiste. Quand je porte le titre de Maire, je suis Maire de tous. Ceci dit, je voudrais vous rassurer que tout dépend de la philosophie de chaque parti. Notre parti ne nous enseigne pas la vengeance. Bien au contraire. Aujourd’hui nous avons dans le Bloc Républicain qui est au conseil avec nous, des partenaires avec qui nous travaillons pour le développement de la ville. Nous attirons constamment les attentions sur le fait qu’au conseil, on est là pour le développement de la ville. D’où pour les questions d’intérêt majeur, on a l’obligation de s’entendre et quand le moment de faire la politique va arriver, les accrochages ne manqueront pas. Donc rassurez-vous. Envers nos frères et amis d’hier et d’aujourd’hui, les PRD et autres sensibilités, il n’y a et saurait avoir de vengeance. Vous nous avez vu lors du festival…

Vous avez beaucoup d’autres défis à relever à Porto-Novo, quels sont ces défis que vous avez monsieur le Maire ?

Porto-Novo comme vous l’aviez dit en tant que capitale, il y a beaucoup de choses à faire. En termes de défis d’abord dans un premier temps il faut renforcer la mobilisation des ressources parce que sans ressources on ne peut rien. Et c’est ce qui nous a amené à faire beaucoup de réformes dont la majeure est celle au niveau des gares routières pour le moment. On sait ce que ça nous a permis d’engranger. On est passé de dix, onze, douze millions de réalisations par an à pratiquement plus de deux cent millions l’année dernière. C’est donc dire que nous avons des gisements qu’on peut mieux cerner si on y prend garde. Mais au-delà, il y a beaucoup d’autres réformes que nous sommes en train de faire présentement au niveau de la gestion des domaines et des espaces publics. C’est des choses qui vont arriver incessamment. L’occupation et la gestion des espaces publics publicitaires également… J’avoue que Porto-Novo dispose très peu de potentiels en termes de mobilisation. Mais au plan fiscal, dans les mois à venir nous envisageons une enquête fiscale approfondie pour mieux cerner l’assiette parce que, ce que nous avons aujourd’hui comme base pour la mobilisation des recettes fiscales est un peu caduque et donc la ville a connu entre temps beaucoup de développement en termes de construction, donc il y a lieu d’actualiser.

Ceci dit, le Festival que nous avons aussi lancé est pour nous un moyen de dynamiser l’économie locale. Voilà autant de choses que nous sommes en train de faire.

Nous parlerons précisément du Festival dans quelques minutes. Monsieur Charlemagne YANKOTY vous savez très bien que vous avez besoin d’avoir un conseil municipal uni, une administration municipale harmonieuse mais depuis quelques jours il y a une réforme au niveau de la décentralisation avec des secrétaires exécutifs. Est-ce que vous n’avez pas peur que votre Secrétaire exécutif vous empêche de fonctionner ?

Aucunement. Je suis même très partisan de la réforme. Je voudrais vous rassurer à ce propos et je l’ai déjà dit plus d’une fois. Pour ceux-là qui ont eu la chance d’observer un peu de près la gestion communale, la gestion municipale, on doit être unanime sur le fait qu’il y a un gâchis. On doit être unanimes sur le fait qu’il y a une absence de véritable ambition de développement. Si depuis près de vingt ans on est rentré dans cette expérience, il faut se poser la question de savoir qu’est-ce que la décentralisation a réellement apportée en termes de développement au niveau de nos communes. Prenons l’exemple des grandes villes Cotonou, Porto-Novo, Parakou et dites-nous réellement ce que les maires ont apporté comme réforme majeure qui a suscité ou qui a impacté véritablement le développement des villes. Vous n’en trouverez grand-chose.

Vous dites que les Maires ont été inutiles, c’est ça ? Ils n’ont rien pu faire ?

Je n’ai jamais dit ça. Non c’est pour vous dire qu’on a besoin de repenser notre décentralisation. Parce que la plupart du temps, les maires quand ils viennent, au regard du contexte dans lequel, ils sont, l’impression c’est comment faire pour faire un retour à ceux-là qui les ont positionnés. Ce qui joue véritablement sur le développement au niveau local. Je prends le cas de Porto-Novo, je sais que ce n’est pas facile, je ne veux dévoiler aucun secret mais souvent la liberté que moi maire j’ai pour gérer la ville aujourd’hui, je ne vais pas dire que c’est pareil pour ceux qui m’ont précédé. Au regard de ce qu’on entend dire puisque j’étais dans la masse par rapport à ma réalité, j’ai une parfaite et totale indépendance. Ça me permet de prendre des initiatives. Maintenant en plus de cela, nous sommes venus à un moment où le gouvernement a lancé un audit en 2016 quand le Président Patrice TALON a pris le pouvoir. Et je dis souvent, que sont devenus les résultats de ces audits ? C’est l’une des questions qu’il importe de poser.

Lorsque vous posez la question, vous répondez en même temps, que sont-ils devenus ?

Je ne me pose de question. (Rire) Ça me fait rire.

Quand vous posez la question, moi je saisis la balle au bond pour vous demander de donner la réponse

Merci beaucoup. Je peux vous dire que les résultats de ces audits ont révélé beaucoup d’anomalies qui accablent les maires. Mais la question c’est de savoir est-ce de la faute des maires ou du système qui est mis en place. C’est le diagnostic qui a révélé qu’il était important de revoir un peu le système qui est mis en place. Sinon on va s’en prendre à tous les maires et ça va continuer tant que le système n’est pas changé. On ne s’attaque pas à la cause et on s’attaque aux effets, aux conséquences. Tant que la cause sera là, on aura toujours les mêmes effets. C’est ce que le gouvernement a voulu corriger en mettant en place cette réforme dont vous parlez qui vient dans un premier temps pour corriger l’embrigadement des maires par les partis politiques. Je parle de l’embrigadement des maires par les partis politiques et par les militants au niveau de la gestion des ressources humaines. Vous savez quand vous venez, les gens veulent qu’on les recrute parce qu’ils vous ont aidé à accéder à cette fonction. Ils veulent des facilités, ils veulent des marchés, ils veulent un peu de tout, on vous met sous pression. Le maire, du coup, se retrouve entre le marteau et l’enclume. En même temps qu’il cherche à préserver sa notoriété et préserver sa base, en même temps il regarde les procédures, les viole parce qu’il compte sur le parti, sur les relations. C’est ça qui justifie ce que nous observons aujourd’hui. Beaucoup de maires sont en difficultés. Certains sont en cavale. Et si peut être on devrait continuer, d’autres allaient se retrouver en difficulté.

Et vous pensez que les réformes-là vont corriger tout ?

Je suis convaincu que ces réformes vont corriger beaucoup de choses. Aujourd’hui les maires ne sont pas ordonnateurs et les gens crient…

Evidemment, vous êtes maire de la commune, vous êtes la première autorité mais vous n’ordonnez pas. Le budget est géré par le Secrétaire exécutif

Non, non, non, pour moi, le Secrétaire, est bel et bien exécutif. Je l’ai toujours dit. Celui qui est à l’exécutif, est en exécution. Quand il est en exécution, c’est qu’il y a quelqu’un qui donne les ordres. Nous nous sommes dans la position de ceux-là qui donnent les ordres. Puisque c’est ce que nous retenons que le secrétaire exécutif va exécuter. Plus loin, nous sommes appelés à l’évaluer. Ah c’est important. Les gens ne perçoivent pas ça. Ce n’est pas le gouvernement qui va évaluer un secrétaire exécutif. Ce n’est pas le préfet qui va évaluer un secrétaire exécutif. C’est le conseil de supervision que dirige le Maire. Cela veut dire que lorsque nous lui confions quelque chose pour lui dire exécute, s’il le fais bien on va apprécier, s’il ne le fais pas bien, on va tirer les conséquences qui en découle.

De la même façon, le Maire peut dire que le S.E n’a pas bien fait…

Si le conseil de supervision avec à sa tête bien sûr le Maire déduit que le S.E n’a pas bien fait, c’est dire donc que le Maire est en plein dans ses rôles. Le maire n’a pas perdu grand-chose. Certes nous avons perdu ce qui peut nous conduire en enfer.

Mais cela n’enlève pas votre responsabilité morale

Non, c’est justement pour cela que le rapport d’activités, ce n’est pas le SE qui le présente, c’est le maire qui le présente.  C’est justement pour cela que le SE doit pouvoir soumettre dans un premier temps un plan d’action qu’il doit exécuter. Lorsque nous lui confions par exemple le budget et tout ce qu’il doit faire au cours de l’année, c’est par rapport à tout ça qu’on va l’évaluer. Quand on finit de l’évaluer, il nous fait son rapport, nous on ajoute notre rapport et en conseil on présente. Dans le rapport il y a ce que le maire a fait, il y a ce que le secrétaire exécutif a fait. C’est autant d’éléments qui peuvent réconforter le maire à sévir par rapport au SE. Je voudrais rassurer les uns et les autres et dire que les SE en réalité sont les fusibles et ils doivent faire attention.

Lorsqu’on écoute Charlemagne YANKOTY, on a le sentiment que vous n’êtes pas très étranger à la réforme. C’est une parenthèse que je referme très rapidement. Parlons maintenant de l’hôtel de ville de Porto-Novo, ce n’est pas compréhensible que la capitale, ville à statut particulier, ce n’est pas compréhensible que depuis la décentralisation, vous n’ayez pas un hôtel de ville, qu’est ce qui s’est passé, Monsieur YANKOTY ?

Vous savez c’est le constat amer que nous faisons tous mais nous ne perdons pas espoir et vous savez très bien que l’avenir est beaucoup plus radieux que par le passé. J’avoue que je ne saurais parler au nom de mes prédécesseurs surtout première et deuxième mandature. Mais je peux vous dire qu’au cours de la troisième mandature à laquelle j’ai appartenu, ce n’est pas l’ambition, la volonté qui a manqué. Peut-être qu’on s’y est mal pris. On n’a pas pris par le bon bout et c’est ce qui a fait que ça n’a pas abouti.

Le bon bout, c’est lequel ?

Le bon bout, vous savez, aujourd’hui il faut reconnaître que l’emplacement qui était retenu, les dimensions, la démarche, le modèle économique qu’on a utilisé pour mobiliser les ressources pour construire l’hôtel de ville n’ont pas prospéré. Parce que vous savez, une chose est d’avoir la volonté au niveau du conseil mais il faut l’approbation de la tutelle, du ministère, d’un certain nombre d’autorités mais je pense qu’à ces niveaux, ils se sont butés à des difficultés. Des difficultés parce qu’on a estimé que tout n’était pas prêt, toutes les conditions n’étaient pas réunies pour construire l’hôtel de ville. Plus loin, on s’est rendu même compte aujourd’hui que l’emplacement qu’on avait choisi (à observer ce qui se passe au niveau de la place Bayol, vous allez vous rendre compte qu’il y a un gros collecteur du temps colonial qui s’était effondré. Parce que c’est un collecteur fait en terre cuite), n’était pas pour autant recommandé. Heureusement que le gouvernement a su déplacer l’hôtel de ville de là. Pour désormais nous accompagner à préférer que cela s’installe au niveau de l’emplacement du camp Bio Guerra.  Je pense qu’aujourd’hui, nous avons plus d’espoir.

Parce que le gouvernement s’implique ?

Il y a le Gouvernement et le Chef de l’Etat.

Il n’y a pas de différence entre le Gouvernement et le Chef de l’Etat, vous avez l’impression d’être l’enfant chéri du gouvernement

Non, écoutez, ce n’est pas dans le PAG pour que je puisse dire le Gouvernement. Si aujourd’hui nous avons cette assurance disons c’est parce que lors de nos plaidoyers, le Chef de l’Etat a été sensible à cela, a apprécié et a décidé de nous accompagner. Donc il l’a voulu et le Gouvernement l’accompagne. C’est pour cela que je le dis pour témoigner ma reconnaissance à l’endroit du Chef de l’Etat qui a bien voulu redonner à Porto-Novo tous ses attributs de capitale contrairement à ce que vous étiez en train de me dire bien sûr.

Contrairement à quoi ?

Ah oui ! Parce que vous étiez en train de me donner l’impression que Porto-Novo ne retrouve pas ses attributs de ville capitale. Parce que quand on y rentre, on ne se sent pas trop fier mais pour ceux qui sont restés à Porto-Novo au-delà de six ans, ils savent qu’il y a une nette différence aujourd’hui. Au niveau de Porto-Novo, beaucoup de choses changent. Aujourd’hui, nous avons beaucoup de voies qui sont asphaltées et beaucoup de projets. Bientôt il aura le musée international de vodoun qui sera construit, le siège de l’Assemblée en cours, d’autres projets sur lesquels nous allons commencer les jours à venir des négociations. Je saisis l’opportunité que vous me donnez pour faire ce plaidoyer : de Lokpodji à Ayonougbéta, on est juste à 10-15 minutes du Nigéria. C’est une zone qui pourrait vraiment connaître un boom si le gouvernement s’y penchait un peu.

Oui mais est ce que ce n’est pas la zone dans laquelle les barques chavirent régulièrement, il y a des morts régulièrement ?

Non mais, la zone où les barques chavirent, c’est par l’imprudence des conducteurs, il y a des règles qui ne sont pas respectées. C’est un accident de parcours comme on peut connaître des accidents aussi sur la route ici. Mais une fois qu’il y a l’imprudence, une fois qu’il y a le non-respect des conditions c’est normal qu’il y ait de ces genres d’accidents. Mais nous avons pu travailler avec les différentes parties, nous avons fait des constatations et nous avons compris que bon nombre de ceux qui conduisent ces barques ne détiennent pas de permis. A quoi vous devez vous attendre normalement ? On ne peut qu’observer des accidents.

Nous allons revenir à l’hôtel de ville rapidement, où êtes que vous en êtes là concrètement aujourd’hui ?

Par rapport à la construction de l’hôtel de ville comme je le disais c’est encore une fois le lieu de témoigner notre gratitude au Chef de l’Etat. Au niveau de la ville on disposait d’environ deux milliards mais avec l’appui du gouvernement nous allons mobiliser un complément de trois milliards cinq cent millions pour venir à un budget de cinq milliards cinq cent millions sous le contrôle du gouvernement pour pouvoir construire l’hôtel de ville. Le groupement d’architectes a déjà fini les plans, c’est les derniers réglages qu’ils sont en train de faire. Actuellement, ils sont en train de travailler sur la rénovation du Lycée Béhanzin parce que c’est le lieu de vous dire, le Président a bien voulu en déplaçant le camp Bio Guerra, il y a le CEG BIO GUERRA qui n’est pas des moindres. Nous savons que beaucoup de cadres de l’administration béninoise sont passés par ce CEG et sont nombreux à vouloir que cela reste. Mais en réalité quand vous allez visiter le cadre, vous vous rendez compte qu’on a encore des classes en bambou en plein cœur de ville cela pose un problème. Le Chef de l’Etat a vu juste en souhaitant qu’on déplace ce CEG vers le Lycée où nous avons une capacité de plus de six mille (6.000) élèves alors qu’ils sont à mille sept cent environ. Les salles sont là mais inoccupées. Donc le Chef de l’Etat a souhaité que pour une bonne harmonie dans la zone, vu que le Lycée Béhanzin est un bâtiment de forme coloniale très belle architecture, qu’il faut profiter pour rénover le bâtiment et procéder à une occupation plus rationnelle au lieu de laisser d’autres à côté.  C’est ces travaux-là que les architectes sont en train de faire présentement. Je pense que d’ici le mois de juin, on doit pouvoir libérer ce site et puis les grands travaux pour l’hôtel de ville vont pouvoir commencer. Voilà ce que je peux vous dire.

L’autre réforme que vous avez portée, Monsieur Charlemagne YANKOTY, c’est la réforme du Festival international de Porto-Novo. C’est vrai que Porto-Novo est une ville créative comme Bohicon, une ville créative de l’Unesco

Bohicon vient après Porto-Novo.

De toutes les façons vous êtes toutes des villes créatives de l’Unesco. Monsieur le Maire, les réformes du Festival international de Porto-Novo ont porté sur quoi concrètement ? Qu’est ce qui a changé depuis la création du Festival, le temps mort qu’il y a eu et la reprise du Festival.

Merci beaucoup. C’est le lieu encore une fois de nous féliciter en tant qu’initiateur du festival, je parle bel et bien de la troisième mandature.

Vous étiez conseiller communal

J’étais conseiller communal et j’ai toujours accompagné avec fierté bien sûr.  Pour avoir été seul conseiller de coloration politique différente des autres, nous avons observé quelques failles qu’il importait de corriger. Si vous avez bien observé le Festival, à un moment donné, à ces débuts avait bien pris mais après ça a commencé par dégringoler. Parce qu’il y avait une perte de confiance. Il n’y avait plus l’adhésion de certaines personnes. Vous savez quand les gens ne se retrouvent pas dans ce que vous faites, cela finit par ne pas impacter, rejaillir sur l’image. Or le Festival est un évènement important qu’il faille sauvegarder et améliorer. Je reconnais et je salue l’effort fournit par mon prédécesseur à ce niveau-là. C’est fort de cela que nous avons souhaité distinguer le conseil de la troisième mandature pour dire voilà un label qui est créé mais que nous avons le devoir de pérenniser.  C’est ce devoir qui nous a amené à faire d’autres réformes pour améliorer ce Festival. Au nombre de ces réformes, nous avons voulu professionnaliser la déambulation. Vous avez constaté qu’elle n’est pas aussi longue ennuyeuse que comme par le passé. Nous avons pris des metteurs en scène professionnels, Monsieur Tola Koukoui, Monsieur Alougbine Dine, qui ont encadré tous les acteurs à ce niveau. La déambulation c’est un spectacle qui plait beaucoup. Notre ambition même pour les années à venir c’est de faire de cette déambulation, la déambulation de tous les masques du Bénin. Vous savez, le guèlèdè n’était pas représenté. Nous sommes convaincu que nous avons beaucoup de masques au Nord du Bénin. Il nous faut vraiment faire de cette occasion, une occasion solennelle pour révéler les différents masques du Bénin, c’est une chose.

Nous avons introduit une autre innovation, les distinctions, la soirée FIP Awards qui a permis de distinguer les personnalités qui ont accompagné le Festival. Nous pensons que c’est un événement qu’on doit continuer par sauvegarder parce qu’aujourd’hui nous avons beaucoup de partenaires qui accompagnent la ville. Aussi bien des personnes morales que des personnes physiques. C’est le lieu de leur témoigner notre reconnaissance. Cet événement FIP Awards, c’est pour nous l’instant solennel pour leur dire vraiment merci, bravo, de nous accompagner, on est fier, la ville vous décerne ceci à titre de reconnaissance.

Il y a eu beaucoup d’innovations. Ce qui est plus important pour nous c’est de vraiment faire en sorte que ce Festival booste, dynamite l’économie locale. Il faut que cela serve vraiment à relancer le tourisme, à relancer les différents circuits touristiques de la ville. Bientôt, nous aurons le Musée international. Nous avons à Porto-Novo beaucoup d’atouts. Souvent quand on parle de temple de python, je vous donne juste un exemple, on pense que c’est à Ouidah seulement qu’on trouve ça. Mais à Porto-Novo nous avons deux à trois temples de pythons. Et vous savez, il y a un carrefour emblématique qu’on appelle Dangbéklounon. Le Dangbéklounon tire son nom du fait que le prêtre du Dangbé est là et nous avons un grand temple de python là. Nous envisageons le rénover dans les mois à venir. Au niveau du Musée Honmey, nous avons un autre temple de python aussi. Malheureusement, c’est des choses qui ne sont pas encore davantage révélées. Nous sommes en train de faire un travail de recensement de ces valeurs culturelles que nous pouvons vraiment mettre en lumière pour que les gens comprennent que Porto-Novo, n’est pas moins riche en termes de culture que d’autres villes. Je vous rassure que plus riche en termes de culture et de patrimoines que Porto-Novo, on serait en train de chercher. Vous savez Porto-Novo est un royaume au même titre qu’Abomey.

Est-ce que ce n’est pas votre faute aussi, si tout ça reste inconnu ? Vous n’en parlez pas.

On en parle. Là je suis en train d’en parler. C’est pour vous dire qu’il y a un travail qui se fait et que dans les mois à venir vous allez voir tout ce que nous allons mettre en branle pour mettre en lumière tous ces atouts de Porto-Novo. Le positionnement de Porto-Novo est un atout stratégique majeur et économique pour le pays par rapport au Nigéria. Je vous parlais tantôt de la zone de Lokpodji, voilà une zone dans laquelle l’AFD est en train d’investir près de sept milliards. Quand vous voyez de pareils investissements, il faut se poser la question de savoir le partenaire a vu quoi ? Qu’est ce qui a si tant impressionné le partenaire pour qu’il envisage de construire une grande promenade avec des belvédères pour contempler la nature ? C’est une zone fortement écologique et je vous dis, on n’a rien à envier à des villes côtières et balnéaires. Je ne m’attaque à aucune ville. Je défends ma ville et je pense qu’il y a tellement de potentiels qu’on peut mettre en valeur. Et ce travail nous sommes en train de le faire. Des plaidoyers ont commencé à l’endroit du Ministre du cadre de vie, Ministre des finances, du coordonnateur du BAI le conseiller spécial du Chef de l’Etat… Parce que j’estime que tant qu’on ne va pas révéler ces atouts, il aura quelque chose qui va manquer. Moi je dis le Bénin a à gagner vu que le gouvernement a compris et veut développer le transport fluvial. Dans le PAG 2, le troisième pont de Porto-Novo ne va plus passer par la zone de Lokpodji, toujours pour préserver l’environnement. On va dynamiter les deux ponts que nous avons à l’entrée de la ville et on va les surélever. Ceci va permettre aux bateaux de passer dessous plus facilement.

Alors tout ça, ce sont des projets monsieur le Maire

C’est des ambitions.

Vous m’avez éloigné du Festival de Porto-Novo et je reviens rapidement pour vous poser une question. Nous avons vu tous les moyens que vous avez engloutis dans le Festival international de Porto-Novo. Est-ce que ce festival vous a remporté autant ?

Quand on parle d’investissement, le retour n’est pas souvent ce que vous pensez. Un investissement, le retour est toujours progressif. Ce que nous sommes en train de faire, on est en train de construire un label. On est en train de faire en sorte que le Festival serve de tremplin, de passerelle pour booster le tourisme et révéler davantage notre culture. Et donc ce que nous y mettons aujourd’hui c’est comme vous me dites aujourd’hui le gouvernement est en train d’investir suffisamment à Ouidah dans combien de temps vous pensez que le gouvernement peut amortir ces investissements ? Ce n’est que progressif. Et moi, je garde l’assurance et j’ai la ferme conviction que nous n’avons même pas englouti grand-chose.

C’est parce qu’on a vu beaucoup de concerts…

Oui, il faut nous demander comment on a pu faire. 

Mais je vous le demande Monsieur YANKOTY, comment vous avez pu faire ?

Il y a des partenaires qui nous ont accompagnés. C’est le lieu de les remercier. L’Ambassade de Chine nous a accompagné, ils ont pris toute la retransmission en directe. Nous avons MTN que nous remercions au passage, ils nous ont fortement appuyés avec plus d’une dizaine de millions. La Fondation Claudine Talon, beaucoup de partenaires, je m’excuse, les bagnoles, il y en a plein, Bénin Pétro.

Vous leur faites de la publicité

Je ne fais pas de publicité. C’est une reconnaissance.

Monsieur le Maire, on va vous facturer.

Non ne me facturez pas. Souffrez que, puisque je ne voulais pas aborder la question. Puisque vous avez vu que nous avons englouti beaucoup de moyens.

Certains ont pensé que ce n’était pas utile

Non, bien au contraire. Surtout quand on regarde le contexte dans lequel on l’a fait, c’était pour la première fois ou c’est l’une des rares fois où vous voyez les gens quitter Cotonou et Ouidah, quitter ailleurs pour venir à Porto-Novo parce qu’il faisait bon vivre. C’était magnifique. En tout cas, je rêve de revivre encore de pareils instants.

Monsieur Charlemagne YANKOTY, nous allons parler politique avec vous. Même si vous êtes le maire de Porto-Novo, vous avez une couleur politique qui est l’Union Progressiste. On vous voit très actif sur le terrain, vous étiez récemment drapé dans vos plus belles tenues pour aller sur le terrain parler aux femmes et parler aux jeunes. Est-ce que la mairie est trop petite pour vous Monsieur YANKOTY?

Merci Monsieur le journaliste. Vous savez quand vous avez le goût du travail bien fait, vous ne pouvez que vous donnez à fond. Ce que vous avez fait comme constats, c’est justement la preuve que nous nous sommes engagés et que nous sommes un parti de la mouvance. Nous avons compris qu’en ces moments de difficultés où nous traversons une crise sans précédent, une crise qui ne dit pas son nom. C’est important que nous communiquions beaucoup. C’est vrai que là où on est en tant que maire, souvent les gens pensent qu’on ne doit pas sortir. Non, le Maire c’est un élu, il doit toujours chercher des moments pour être en contact avec sa base, la population et c’est ce que nous avons fait.

Surtout que les élections sont proches

Même au-delà, vous comprenez qu’on n’est pas sorti pour battre campagne. Mais les élections arrivent, c’est vrai. En son temps on le fera, rassurez-vous.

Vous avez multiplié vos sorties quand même

D’abord, on est sorti pour le Recensement à vocation d’identification (RAVIP). Nous l’avons fait parce qu’il faut sensibiliser et informer les populations sur l’importance de le faire surtout pour ceux-là qui ne l’ont pas encore fait de le faire. Pour ceux-là dont les noms portent des anomalies, de les corriger parce qu’aujourd’hui tout est digitalisé presque dans le pays. Et bientôt même pour les élections, on aura à utiliser ces listes. Donc cela a un double sens pour nous, dans un premier temps quand je prends le côté politique, ce sont nos partisans et il faut que demain ils votent pour nous, donc c’est le moment de les sensibiliser pour qu’ils s’enrôlent. Le second côté relève de notre responsabilité parce que nous avons le projet ARCH qui est en train de prendre corps petit à petit, on a besoin de cette carte biométrique pour pouvoir en bénéficier et il faut être dans la base. Le premier élément qu’il vous faut pour aller à la carte biométrique, c’est le Ravip. Si vous ne le faites pas c’est que vous ne pouvez pas bénéficier de toutes ces faveurs de ce « hautement social » dont le Président a parlé.  Et donc c’est fort de cela que nous on s’est mis à la tâche et on a sensibilisé.

La journée Internationale de la femme, c’était quoi le but de votre présence sur des événements ?

C’est mon parti qui a fêté avec ses femmes. Ecoutez, la journée, quel parti n’a pas de femmes. Ou bien la Journée internationale de la femme, est ce que c’est seulement pour les cadres de l’administration ? Bien au contraire. Parce que d’abord les cadres de l’administration sont membres de notre parti, les commerçantes aussi… C’est le lieu de véhiculer et de partager avec les femmes qu’elles ont des droits. Il en a qui se sont battues avant elles pour qu’elles aient les droits qu’elles ont aujourd’hui et qu’elles ont aussi le devoir de se battre pour que les générations futures aient des droits meilleurs. Et aussi, c’est le moment pour nous de leur dire ce que le gouvernement a fait. N’oubliez pas, on parle bien politique, nous sommes de la mouvance présidentielle et nous l’assumons. Il faut reconnaître que le gouvernement a fait pas mal de choses en faveur des femmes. Le gouvernement a pris pas mal de lois au profit des femmes. Vous savez que la prochaine assemblée nationale, nous avons d’office vingt-quatre (24) femmes qui sont garanties sans compter celles qui seront positionnées sur les listes. C’est une discrimination positive qui mérite d’être saluée mais au-delà de tout cela nous avons la lutte contre les violences faites sur les femmes…. Donc il faut reconnaître que c’est pas mal de choses que le gouvernement est en train de faire pour rassurer la femme, la gent féminine qu’elle est capable. On l’a tout le temps sous-estimé, aujourd’hui en tant que parti politique, il nous faut nous entretenir avec nos femmes pour les rassurer, pour leur dire voilà la vision aussi du parti. Donc aujourd’hui, l’Union Progressiste responsabilise beaucoup les femmes. La belle preuve, une femme est notre directrice de l’administration au niveau du parti. Au niveau de ma ville, j’ai une Cheffe d’arrondissement.

Votre SE est aussi…

Vous voyez.

Mais c’était au hasard

Vous voyez, je suis bien né. C’est une femme, parce que c’est des femmes qui donnent naissance. Donc c’est pour vous dire que c’était important que les partis se retrouvent aussi avec les femmes de leur parti et c’est ce que nous avons fait. Si c’est ça qui constitue le fait que je suis sur le terrain bon, je l’assume.

Vous faites d’une pierre deux coups

Sans ces femmes je ne serai pas maire.

Mais est-ce que vous avez pu parler à ces femmes de la question de la cherté de la vie par exemple. Vous avez dit qu’on est en période de crise et le gouvernement a pris des mesures ?

C’était même le menu consistant de la rencontre. C’est important de leur expliquer un certain nombre de choses parce que la crise que nous observons aujourd’hui quoiqu’on dise, que l’on soit de la mouvance ou de l’opposition, on doit être unanime sur le fait que ce n’est ni la faute de ceux qui sont là aujourd’hui qui sont les dirigeants mais c’est une crise mondiale. Cette crise découle d’abord des conséquences de la COVID, les conséquences directes de la guerre entre l’Ukraine et la Russie, le djihadisme autour de nous.

Mais on aurait dû anticiper quand même

Le Bénin a anticipé. Vous n’êtes pas sans savoir que pendant la période de la COVID, beaucoup d’entreprises, beaucoup d’usines ont fermé leurs portes. Ca a plus impacté les pays producteurs et les pays développés que nous ici. Fort de tout ceci, étant donné que nous importons beaucoup, on doit subir les effets de cette crise. Ce n’est pas fini, c’est maintenant nous sommes en train de sortir de cette crise. Maintenant la guerre de la Russie contre l’Ukraine, on est unanime sur le fait que le blé est à la base de l’alimentation de beaucoup de pays où on l’utilise pour le pain, pour les spaghettis, on sait qu’il faut le blé pour pas mal de trucs. Donc, du coup cela justifie la cherté que nous avons au niveau du fait qu’à l’international tout a grimpé.

Vous avez expliqué tout ça aux femmes, est ce que les femmes ont compris ?

Les femmes ont compris. Vous savez, elles ont une ouverture exceptionnelle d’esprit. Et ça je vous l’avoue. Mais ce qui est plus exceptionnel, c’est que quand les femmes vous demandent ‘’bon écoutez, vous nous dites par exemple que Covid a fait ci, Covid a fait ça.  Mais est-ce que c’est ça qui justifie la flambée du prix du maïs ? La flambée du prix du gari’’, mais écoutez, vous comprenez que c’est des questions pertinentes. Et ça, ce n’est pas que le Bénin a failli dans la production. Nous avons connu une production céréalière record. On peut se priver de dire ‘’je vais acheter un habit neuf. Je veux changer ma paire de chaussure, ma voiture’’, mais, on ne peut pas se priver longtemps de manger. Même le carême à un moment donné, on doit pouvoir le rompre. Mais voilà des pays qui sont autour de nous qui sont sous l’influence du djihadisme, qui n’ont plus cette aisance d’aller au champ, vaquer aux travaux champêtres et produire comme cela se doit mais ils doivent manger. Dans ces pays, les gens sont prêts à vendre même les biens pour pouvoir se nourrir. Ce que nous ne sommes pas encore prêt à faire. Et quand on arrive à une extrémité pareille, c’est qu’on est prêt à faire de la surenchère. Et c’est ce qui justifiait beaucoup plus l’exportation de nos produits céréaliers. Donc on constate que le maïs, le gari sortent, ça va au Burkina-Faso, ça va Nigéria. Le Nigéria ça fait deux cent millions et quelques habitants donc si le Bénin avec toute cette population, on doit exporter, allez faites un tour à Ikpinlè, vous allez voir comment est-ce que le gari quitte cette zone-là, la zone de Pahouignan pour le Nigéria. Quand c’est comme cela, ça veut dire qu’à l’intérieur ça va coûter cher. Parce que là où vous vous n’êtes pas prêts à payer le prix et que d’autres sont prêts à quintupler le prix, convenez avec moi que la raréfaction d’abord renchérit la valeur du produit. Donc ça va devenir rare et par ricochet ça va coûter cher. Les femmes ont compris et c’est l’une des raisons pour lesquelles le gouvernement a interdit les exportations de nos produits céréaliers mais du coup, la courbe a baissé. Donc rassurez-vous que nous avons expliqué et nous allons continuer à le faire.

Monsieur YANKOTY, quelles sont vos ambitions politiques ? Si votre parti vous demande aujourd’hui de quitter la Mairie pour aller à l’Assemblée nationale, qu’est-ce que vous répondrez ?

Vous savez, moi je suis au service de mon parti. Et tout homme nourrit d’ambition. Je ne dirai pas que je n’en nourris pas mais là où je suis déjà, c’est déjà une progression. Mon parti m’a fait confiance, m’a confié une mission et c’est sûr que le parti apprécie le travail que nous sommes en train de faire. Lorsque le moment viendra pour qu’il décide que j’aille sur d’autres fronts, bon on en discutera et je vais partir si c’est le cas, ou je vais rester si c’est le cas. Mais pour le moment je n’ai pas de volonté à imposer. Je nourris l’ambition et je suis déjà maire.

Peut-être que être député, vous voulez être Président de l’Assemblée nationale, peut être que…. Peut-être que…

Vouloir être député, c’est au service de la population. Etre maire c’est être au service de la population.

Est-ce que vous le voulez ?

Mais tout le monde veut grandir mais il faut savoir grandir. Je pense que partir d’un simple conseiller solitaire comme vous l’aviez si bien dit tout à l’heure pour devenir maire, c’est déjà un pas de géant. Et il faut prendre le temps de l’assumer, de prouver ce qu’on est capable de faire. Je suis serein. Je fais confiance à mon parti. Je suis à la disposition de mon parti. Donc mes ambitions demeurent mes ambitions mais elles ne sont pas au-dessus de la volonté et la vision du parti.

La vision du parti ou la vision du Chef de l’Etat ?

La vision du parti.

Puisque ça revient régulièrement, mes remerciements au Chef de l’Etat

Démarquons les choses.

Alors est ce que vous êtes sensible à toutes les volontés du Président de la République ?

D’abord je voudrais revenir sur quelque chose qu’il faille rectifier. Je fais la part, dans ma peau de maire en termes de reconnaissance à ce que le Chef de l’Etat fait pour nous appuyer et pour nous accompagner. Et en termes de militant UP pour ce que je suis. Et quand je prends le manteau de UP en tant que militant, mes reconnaissances vont à l’endroit de mon parti qui m’a donné cette chance d’être là où je suis. Ce n’est pas le Président qui m’a donné…

Vous voulez dire que le Président n’intervient pas dans la gestion de votre parti ?

Non. Le Président ne m’a pas choisi comme candidat à la base. Le Président est le Président du Bénin, il n’est pas le Président de l’UP.

C’est vous qui le dites…

Je le dis et je l’assume. Il est le Président de la République du Bénin, il n’est pas le Président de l’Union Progressiste. Il y a beaucoup d’amalgames que les gens font. Aujourd’hui, le Président incarne une autre vision pour le pays. Il a voulu expérimenter une réforme politique, une réforme en laquelle nous croyons beaucoup. Il nous faut finir avec la kyrielle de partis. Cela amène une certaine discipline. Je pense que c’est comme le poisson en dehors de l’eau, il n’a pas de vie. On doit se mettre dans la logique des grands partis et des grands ensembles. Les partis ont leur organisation et le Président de mon Parti, c’est le Président Bruno AMOUSSOU que vous connaissez très bien. Je témoigne toute ma reconnaissance à mon parti au Président de mon parti pour avoir porté son choix sur ma personne en tant que candidat à la base, validé, accompagné pour que je sois là où je suis. Et je remercie le Chef de l’Etat en tant que maire parce qu’en tant que maire nous avons besoin du soutien du gouvernement, du soutien du Chef de l’Etat. S’il ne nous soutenait pas on n’aurait pas eu la construction de l’hôtel de ville comme. Donc ne m’en voulez pas si je remercie le Chef de l’Etat.

Non pas du tout, c’était des explications que vous deviez donner et puis il est clair aujourd’hui que le Président de la République a un regard particulier sur Porto-Novo, on le remarque avec tous les développements que vous avez faits.

Oui. Il a grandi à Porto-Novo et il a connu ses bons moments à Porto-Novo. Il a rencontré celle qui fait aujourd’hui sa fierté, celle qui fait sa joie, il l’a rencontré à Porto-Novo, Porto-Novo est privilégié. Donc c’est à juste titre que le Président s’intéresse à Porto-Novo. Nous l’encourageons à s’y intéresser davantage.

Ceci explique-t-il cela Monsieur le Maire, je n’en sais rien alors depuis un moment, nous avons eu l’habitude sur cette émission de tirer au sort une question qu’on appelle la question du public. J’ai dû demander çà et là que des questions nous soient proposées. Vous allez donc prendre dans le bocal qui est juste à côté de vous et lorsque vous me direz le numéro, là je vous poserai la question du public.

Question numéro 5.

Alors ma fiche technique me renseigne très rapidement. Monsieur le Maire tout à l’heure vous parliez de vos rapports avec vos prédécesseurs, la question numéro 5 dément ce que vous avez dit. Il paraît que vos rapports sont très houleux avec vos prédécesseurs et pour montrer une bonne face à un moment donné vous avez fait circuler une photo sur laquelle vous étiez avec tous les anciens maires main dans la main et tout ça, c’était pour tromper la vigilance des uns et des autres.

D’abord je voudrais vous dire, j’ai la chance d’avoir au conseil l’un des anciens maires, monsieur Océni Moukaram, un doyen pour qui j’ai beaucoup d’admiration et tout se passe magnifiquement bien. Je pense que celui qui, peut-être c’est une appréhension et celui qui le pense n’en sait pratiquement. Ce n’est pas qu’une photo qui a circulé.

Peut-être que vous avez réglé rapidement une petite difficulté

Contrairement à celui qui a posé cette question, vous étiez l’animateur en chef de cette soirée de gala à laquelle mes anciens prédécesseurs ont participé. Vous avez écouté les témoignages. Vous avez vu, ils ont pris la parole et ils se sont prononcés, même pour mon prédécesseur le Maire Zossou Emmanuel Djima que je salue au passage, vous l’avez écouté. Il ne s’y attendait pas. La mobilisation des Prd pour venir à la soirée de gala tout comme à la cérémonie d’ouverture témoigne de l’ouverture que nous avons affichée. Pour qui connait le Prd, lorsque vous voulez leur faire la tête, ils vous montrent qu’ils sont là. Et donc moi, c’est un parti que je respecte beaucoup, j’ai beaucoup d’amis, beaucoup de frères en leur sein. D’ailleurs tous mes prédécesseurs furent à un moment donné Prd. Vous avez vu que ce soit le doyen Dossou Bernard que je salue aussi au passage qui n’est pas au conseil, vous avez vu ses commentaires, c’est donc dire que pour celui-là qui a évoqué cette question, il n’a pas d’ample informations mais vous auriez dû l’éclairer.

Non ce n’est pas mon rôle d’éclairer. Je suis entremetteur, je vous pose la question à vous de donner la réponse.

Je voudrais vous rassurer que j’entretiens de très bons rapports avec mes prédécesseurs. La belle preuve vous n’allez voir nulle part dans un journal des propos venant de nous à l’encontre de nos anciens prédécesseurs.

Ce n’est pas un baromètre Monsieur YANKOTY

C’est un facteur important. C’est un facteur, il n’y a pas de chasse aux sorcières venant de nous et bien au contraire, nous avons voulu faire un événement. Prenez l’exemple du Festival. Sauraient été d’autres, ils n’auraient pas voulu continuer, parce que souvent nous avons l’habitude au Bénin de mettre de côté ce que nos prédécesseurs ont fait.

Mais vous vous devez continuer, parce que vous étiez à l’initiative.

J’étais à l’initiative et je suis allé prendre les bénédictions aussi je suis allé discuter avec ZOSSOU pour lui dire ‘’voilà, nous l’avons commencé ensemble, c’est votre initiative, nous l’avons porté avec vous et vous avez le devoir de me soutenir parce que si ça tombe, c’est un pan de votre histoire qui tombe.’’ Donc voilà.

Monsieur Charlemagne YANKOTY, nous sommes au terme de cet entretien, je vous laisse le soin de la conclusion.

Je voudrais par cette opportunité que vous me donnez remercier Madame Claudine Prudencio pour cette générosité qu’elle a eue en créant cette télévision qui aujourd’hui fait notre fierté. Je voudrais féliciter tous les acteurs de Eden TV pour la qualité du travail que vous faites et je voudrais souhaiter à mes compatriotes et surtout mes concitoyennes et concitoyens musulmans de Porto-Novo, un bon moment de carême, que Allah le miséricordieux exauce les prières. Je reste convaincu qu’il y a beaucoup de sollicitations qu’ils prononcent présentement à travers les prières de chaque jour, et je reste persuadé que Allah ne restera pas sourd à cela.

Je voudrais rassurer les uns et les autres que, c’est pour nous une fierté de servir notre ville et nous allons continuer à la servir. Et nous allons la servir avec autant d’humilité possible. Nous restons très ouverts et disposés pour tout apport qui nous permettrait vraiment de révéler davantage notre ville qui nous est tous chère, la capitale du Bénin. C’est le lieu de remercier encore une fois les membres du gouvernement, et en l’occurrence son Chef. Je m’en voudrais de clôturer sans dire un merci sincère et profond au Chef de l’Etat qui vraiment nous a soutenu pour la construction de l’hôtel de ville et qui j’espère nous soutiendra pour les projets futurs que nous avons et dont j’ai parlé de façon subtile.  Merci beaucoup !

#GestionCommunale, #Decentralisation, #UnionProgressiste, #Prd, #VisBen, #EdenTv,  #Wasexo

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Visages du Bénin est un média d’informations générales mis en ligne depuis 2009 et dirigé par le journaliste béninois Francis Z. OKOYA. La rédaction de Visages du Bénin animée par des professionnels et soutenue par ses différents correspondants, propose toute l'actualité sur le Bénin et ouvre une large fenêtre sur le reste du monde. Restez connecté avec nous, restez informé.

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