BENIN:LES GRANDES ORIENTATIONS ECONOMIQUES DU BUDGET (2010,586 MILLIARDS DE F CFA) DE L’ETAT 2017

 BENIN:LES GRANDES ORIENTATIONS ECONOMIQUES DU BUDGET  (2010,586 MILLIARDS DE F CFA) DE L’ETAT 2017

BudgetLes grandes orientations de la politique économique pour 2017-2019 s’inscrivent dans le cadre de la vision Bénin 2025, Alafia : « Le Bénin est, en 2025, un pays-phare, un pays bien gouverné, uni et de paix, à économie prospère et compétitive, de rayonnement culturel et de bien-être social ». Cette vision est opérationnalisée à travers la Stratégie de Croissance pour la Réduction de la Pauvreté (SCRP). La SCRP constitue le cadre fédérateur de l’intervention des partenaires au développement du Bénin. La troisième génération de cette stratégie est arrivée à son terme en décembre 2015. L’élaboration d’une quatrième génération est en cours. En se basant sur les documents de politique nationale ci-dessus cités, la politique économique du Gouvernement sur la période 2012-2016 a été principalement axée sur « le développement de l’entreprise et de l’initiative privée » avec des points d’application annuels. Les points d’application retenus sur cette période se sont inscrits dans le cadre de la mise en œuvre des recommandations du Plan de Relance de la Croissance Economique, élaboré par le Gouvernement en 2011, en réponse au ralentissement économique observé sur la période 2009-2011. L’objectif de ce plan était de mettre l’économie sur un sentier de croissance rapide et soutenue. Le document a montré la nécessité d’investir selon quatre axes stratégiques, à savoir : l’agriculture, les infrastructures, l’éducation et le développement local. Ainsi, les points d’application retenus pour l’année 2016 sont :

 (i) le renforcement des infrastructures, en particulier les infrastructures énergétiques, de transport et les technologies de l’information et de la communication ;

  1. ii) l’amélioration de la productivité du secteur agricole, y compris l’élevage et la pêche, la promotion des filières maïs, riz, ananas et anacarde et la mise en place d’un cadre favorable au développement de l’agroindustrie ;

iii) le renforcement de l’accès à l’éducation et aux soins de santé de qualité pour tous ;

  1. iv) le développement local.

L’Etat a également retenu, au titre de sa politique économique pour la gestion 2016 des axes transversaux. Ces axes sont relatifs à l’amélioration de la gouvernance, à la lutte contre les effets néfastes des changements climatiques, à la promotion de l’emploi des jeunes et à l’autonomisation des femmes. Des actions phares sont proposées par les ministères pour opérationnaliser les points d’application retenus. Par ailleurs, une évaluation des orientations économiques, notamment les points d’applications retenus les années antérieures et les actions phares y relatives, menée en décembre 2015, a révélé un certain nombre d’insuffisances du processus de programmation et budgétisation dont:

  1. i) une faible pertinence des actions phares proposées par les ministères pour l’opérationnalisation des orientations économiques du Gouvernement ;
  2. ii) un changement de priorité entre les phases de définition des orientations, de budgétisation et d’exécution du budget ;

iii) une insuffisance de ressources et des conditions difficiles de mobilisation effective des ressources budgétaires allouées, etc.

Pour l’année 2017, le contexte économique est marqué par la deuxième année d’entrée en vigueur des Objectifs de Développement Durable (ODD) à la suite de l’arrivée à terme des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) en 2015. Ces objectifs, tout en poursuivant les OMD, mettent davantage l’accent sur l’économie à travers la croissance économique, le développement des infrastructures, l’industrialisation et l’innovation. Pour 2017, l’accent devra être mis d’une part, sur la consolidation des acquis des OMD et d’autre part, sur l’élaboration, la validation et la mise en œuvre de la Stratégie d’Opérationnalisation des Objectifs de Développement Durable. L’année 2017 serait également l’an 3 de la mise en œuvre du Tarif Extérieur Commun (TEC) de la CEDEAO. Les deux premières années de mise en œuvre de ce tarif se sont déroulées dans un contexte international et sous régional difficile ; ce qui a pesé sur la mobilisation des recettes douanières. Ce TEC, en instaurant une cinquième bande de tarification de 35% pour les produits finis, présente une meilleure incitation à la production locale que le TEC UEMOA jadis en vigueur. L’entrée en vigueur de cette réforme tarifaire sous régionale annonce celle prochaine des Accords de Partenariat Economique avec l’Union Européenne. La préparation de l’économie béninoise à cet important événement impose une densification de son tissu productif. Enfin, l’année 2017 sera la première année pleine d’une nouvelle. L’élection présidentielle de mars 2016 s’est tenue avec succès et a connu l’avènement au pouvoir de Son Excellence Monsieur Patrice TALON. Ce nouveau pouvoir s’installe dans un contexte économique caractérisé par la persistance de nombre de contraintes à la croissance économique. Elles sont notamment relatives à :

  1. i) une faible qualité de la gouvernance, aussi bien politique qu’économique ;
  2. ii) un appareil productif faiblement intégré ;

iii) un faible niveau de développement agricole ;

iii) un déficit important en infrastructures (routes, énergie, TIC, etc.) ;

  1. iv) un niveau d’investissement, aussi bien public que privé encore insuffisant ;
  2. iv) une faible qualité du système éducatif ; v) un environnement des affaires peu attractif ;
  3. vi) une grande vulnérabilité aux chocs exogènes et vii) un système fiscal peu efficace.

Face à cette situation, le cadre d’orientation du Programme d’Actions du Gouvernement (PAG) a retenu comme objectif global du Gouvernement pour la période 2016-2021 de « Relancer de façon durable le développement économique et social du Bénin ». Les objectifs spécifiques de ce Programme sont :

(i) créer les conditions pour la consolidation de la démocratie et l’enracinement de la bonne gouvernance ;

(ii) développer les bases pour la transformation structurelle de l’économie et

(iii) améliorer les conditions de vie des populations.

Ces différents objectifs spécifiques sont déclinés en axes stratégiques opérationnalisés à leur tour à travers des actions concrètes par ministère. Pour l’année 2017, les domaines prioritaires concerneront :

  1. l’investissement pour une agriculture d’envergure et le développement de quatre (04) filières phares : maïs-riz-ananas-anacarde ;
  2. la promotion de l’industrie de transformation et la professionnalisation de l’artisanat ;
  3. le développement du capital physique et des infrastructures (routes, énergie, TIC notamment) ;
  4. la promotion d’un capital humain de qualité et attractif pour les créateurs de richesse ;
  5. le développement du tourisme, l’aménagement et la vitalisation du territoire.

Les axes stratégiques correspondant aux domaines prioritaires proposés pour la gestion 2017 sont présentés en annexe 8. En raison de la persistance des défis relatifs à la gouvernance, aux changements climatiques et à la promotion de l’emploi des jeunes, les axes transversaux y relatifs sont maintenus pour la gestion 2017. Au plan de la gouvernance, les actions viseront prioritairement à:

  1. i) renforcer la lutte contre la corruption;
  2. ii) construire un véritable équilibre structurel et fonctionnel des institutions afin de consolider durablement la démocratie et renforcer efficacement les droits des citoyens ;

iii) moderniser l’administration publique en la dotant de ressources humaines en qualité et en quantité et des outils modernes de gestion ;

  1. iv) renforcer l’efficacité du système judiciaire en le dotant de magistrats et greffiers en nombre significatif et de moyens conséquents, etc.

Par ailleurs, l’Etat accéléra les actions de réforme entrant dans le cadre de l’amélioration du climat des affaires et la promotion du Partenariat Public-Privé (PPP). L’objectif est de créer un cadre propice à l’entreprenariat et à une utilisation efficace des PPP comme moyen d’investissement public. A cet effet, un accent particulier sera mis sur la mise en place d’un cadre légal pour les PPP, l’accélération de la réforme foncière21 et le renforcement de la sécurité publique au regard de la recrudescence des risques sécuritaires dans la sous-région. S’agissant des changements climatiques, les mesures dans ce cadre se focaliseront sur le renforcement de la résilience de l’économie aux effets des changements climatiques à travers, notamment, la limitation des effets des chocs pluviométriques tels que les poches de sécheresse, les inondations, les retards dans l’arrivée des pluies, etc. Enfin, pour la promotion de l’emploi des jeunes, l’Etat veillera, en plus des emplois décents qui seront générés par une économie plus dynamique, à prendre des mesures spécifiques de manière à aiguiser l’esprit entrepreneurial, notamment chez les jeunes, et à renforcer leur employabilité.

Source:  Projet de loi de finances 2017

EXTRAIT DU CONSEIL DES MINISTRES DU MERCREDI 05 OCTOBRE

Projet de décret portant transmission à l’Assemblée nationale, du projet de loi de finances, gestion 2017

Le Conseil a examiné l’avant-projet de loi de finances et adopté les options de politiques économiques, sociales et budgétaires pour l’année 2017 qui visent à lancer le développement économique et social de notre pays. Il s’agira notamment d’engager la transformation structurelle de l’économie béninoise afin d’améliorer progressivement et de manière significative les conditions de vie des Béninois. Dans ce cadre, le projet de budget pour la gestion 2017 qui sera soumis à l’Assemblée nationale présente les principales caractéristiques suivantes:

– les ressources et les charges prévues s’établissent à 2 010,586 milliards de FCFA contre 1.423,487 milliards de FCFA en 2016, en hausse de 587,099 milliards de FCFA, soit à un taux d’accroissement de
41,24%.

-Les crédits ouverts en termes de dépenses sont fixés à 1 697,986 milliards de FCFA contre 1 140,346 milliards en 2016, en augmentation de 557,640 milliards de FCFA, soit de 48,90%.

– Quant aux ressources, elles s’établissent à 1007,725 milliards de FCFA contre 948,519 milliards de FCFA en 2016, soit une augmentation de 59,206 milliards de FCFA, correspondant à un taux d’augmentation de 6,24%.
Il en découle ainsi un déficit budgétaire global de 12,3% dû essentiellement à l’importance des dépenses en capital par suite des investissements productifs qui ont été programmés. Ce niveau de déficit se justifie donc par les actions programmées par le gouvernement pour renforcer les bases de production de notre économie. Celles-ci se traduisent par l’allocation de moyens substantiels à l’investissement public centré sur des projets structurants et à fort taux de rentabilité prévu dans son programme d’actions pour la période 2016-2021….

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