Contrôle de l’action gouvernementale hier au Parlement: Un scandale de 14 milliards de francs Cfa découvert

La séance plénière de ce jeudi 05 jeudi juillet a été consacrée au contrôle de l’action gouvernementale. A l’exposé de la première question orale avec débat relatif au projet de financement pour l’aménagement des forêts des Monts Couffès dans les Communes de Bassila, de Bantè, de Tchaourou et de Ouèssè, des révélations ont été faites et députés et cadres parlementaires ont découvert un scandale de 14 milliards de francs Cfa.

Francis Z. OKOYA

«  J’espère que ce vous dites là n’est pas vrai car ça nous fait bouger dans nos chaises… » a déclaré le Président Mathurin Nago après avoir entendu les révélations du député Nourénou Atchadé, auteur de la question. Cette question est relative au montant accordé par le Fonds Africain de Développement ( FAD) et la Banque Arabe pour le Développement  économique  en Afrique ( BADEA )pour le financement des activités relatives à la sauvegarde et au maintien de la biodiversité des écosystèmes forestiers  des Monts Couffès des Communes de Bassila, Bantè, Tchaourou Savalou et Ouèssè. Pour mémoire ce projet dénommé PAMF a été démarré en 2001 et a pris fin en novembre 2006.

Les explications du Ministre Ahanhanzo Glèlè

En effet après avoir entendu une nouvelle fois la question orale avec débat, le ministre Blaise Ahanhanzo-Glèlè dans sa répons fera savoir  que le coût total du projet s’élève environ à 13,7 milliards FCFA à la date d’évaluation, qu’il a été exécuté au plan physique à 84% et a consommé 80% du financement. Blaise Ahanhanzo Glèlè dira que des infrastructures ont été réalisées et transférées aux bénéficiaires. Il ajoutera cependant que d’autres ont été entamées mais n’on pas pu être achevées à cause de certains aléas. Pour ce qui est de la situation au niveau de la forêt aménagée à l’heure actuelle, le ministre de l’Environnement dira que le projet PAMF a  permis d’élaborer deux plans d’aménagements participatifs ayant permis entre autres de faire l’inventaire forestiers, d’apprécier le potentiel en bois des trois massifs. Il dira que la surveillance accrue a entrainé une réduction de l’exploitation illicite des forêts, du braconnage et de la transhumance ce qui a permis le retour progressif de certaines espèces animales qui avaient disparu des massifs avant le démarrage du projet.

Le pot aux roses découvert

Appelé à se prononcer sur les réponses du Gouvernement, le député Nourénou Atchadé, fera des révélations qui n’ont laissé personne indifférent. Voici ce que dira l’auteur principal de la question :

 « C’est un projet qui a débuté en 2001 et est terminé en 2008. Naturellement, le Ministre était loin de connaître ce qui s’est passé. Mais ce qu’il nous a présenté, c’est ce que les cadres du ministère ont écrit. Je voudrais dire qu’entre ce le gouvernement a présenté et la réalité sur le terrain, c’est  la nuit et le jour. Si les populations bénéficiaires de ce projet nous entendent, j’imagine quelle serait leur réaction en ce moment. Il s’agit d’un projet de 14 milliards, ce n’est pas 14 millions que le Bénin doit rembourser avec des intérêts. C’est pour ça que je voudrais inviter la représentation nationale à prendre la question au sérieux. J’ai fourni une documentation tout à l’heure au Ministre. C’est des images que j’ai prises sur le terrain et qui traduisent bien ce que les 14 milliards ont servi à faire. Les bâtiments administratifs dont on nous a parlé, dans quel état ils se trouvent aujourd’hui ? Des bâtiments qu’on n’a pas encore réceptionné qui sont dans la brousse, qui se dégradent, des toits qui tombent déjà. Et je lis dans le document qu’il y a eu des études qui ont apprécié le projet. J’ai un document qui me dit qu’il a été prévu dans le projet la réalisation de 1000 kilomètres de piste de première catégorie à l’intérieur de la forêt, mais rien n’est réalisé. Il est prévu également, 171 kilomètres de route ou piste de deuxième catégorie à la périphérie de la forêt, rien également. Il est prévu 5 kilomètres de sentiers éco-touristiques, on n’en trouve pas. Il est un prévu un grand ouvrage d’art sur la rivière Térou. Finalement, c’est le gouvernement qui l’a réalisé. Où se trouve le financement qui devrait servir à ça ? (…) Il est également prévu la construction de 3 parcs de vaccination, 3 dépôts vétérinaires, 10 micro-barrages pour le développement de l’agriculture. Tous ces projets ont été présentés aux populations pour les amener à accepter l’idée du projet. Mais elles ont été désabusées. Et pour en témoigner, les agents forestiers qui sont sur le terrain ont des difficultés à convaincre les populations à continuer l’aménagement de la forêt. Elles disent que les mêmes duperies vont continuer. Pour les infrastructures communautaires, il est prévu 6 dispensaires, mais à la date d’aujourd’hui, il y a des dispensaires qui sont au niveau chainage bas. Quand ces dispensaires seront-ils réalisés ? Et où est passé l’argent qui est réservé pour ça ? Il est également prévu la construction de 12 écoles et le Ministre nous dit que 2 ont été réalisées sur 12.  Quand je retourne au deuxième volet du projet qui est l’aménagement de la forêt, là, c’est la catastrophe. A la date d’aujourd’hui, la forêt aménagée parait plus dégradée aujourd’hui qu’au moment où le projet commençait en 2001. Quand le projet avait été lancé, la forêt a été protégée ; des plantations y ont été réalisées. Mais en 2008 quand le projet a été retiré, il n’y a plus eu de suivi et quand le feu y est rentré, il y a eu du combustible plus qu’il y en a jamais eu. Les plants qui ont été mis en terre dans les 14 milliards de Fcfa sont partis en fumée. C’est pour dire qu’à la date d’aujourd’hui, s’il y a une deuxième phase, c’est qu’on reprend tout à zéro. La forêt est là ; ce n’est pas une invention. On peut mettre sur pied une commission d’enquête parlementaire sur pied. Je ne suis pas du tout satisfait par la réponse donnée par le gouvernement ».

 Accord général pour une commission parlementaire d’enquête

Un calme plat a été observé au sein de l’Hémicycle après cette intervention. Les autres députés qui par la suite ont pris la parole ne sont pas allés par quatre chemins pour dénoncer ce qu’ils ont appelé une gabegie et soutenir l’idée d’une commission d’enquête.

Pour le député Nicaise Fagnon, le Gouvernement a fait économie de vérité. Dans cette lancée, son collègue Justin Sagui, s’est demandé comment on peut comprendre que 80% des 1,7 milliards soit décaissé et que le Gouvernement vienne affirmer que si des infrastructures ne sont pas achevées, c’est parce que les entreprises retenues n’ont pas été capables de préfinancer les travaux. «…Le ministre a déclaré que le projet  est exécuté à 84% au plan physique et a consommé 80% du financement. Il n’est donc pas juste d’affirmer que les infrastructures non réalisés sont dues au fait que les entreprises retenues non pas été capables de préfinancer. Si 80% du financement est débloqué et consommé il n’y a pas de raison de parler de préfinancer… » dira 1er Vice-président de l’Assemblée… ». Le Gouvernement était où quand le tout ceci se passait s’est demandé le député Houndété. Pour son collègue Ahouanvoébla, Il ne faut pas s’arrêter à ce seul projet. Le gouvernement doit, selon lui, fournir les informations sur tous les projets du genre en exécution dans ce département. Unanimement, tous les députés qui sont intervenus ont soutenu l’idée d’une commission parlementaire d’enquêtes pour voir ce que sont devenus les 14 milliards du projet PAMF.

Question orale avec débat sur des forêts des Monts Couffès

          Le gouvernement du Bénin a bien reçu des bailleurs, un financement en vue de l’aménagement des forêts des Monts Couffès qui prend en charge les Communes de Bassila, de Bantè, de Tchaourou et de Ouèssè.

Au terme de ce projet, les Communes riveraines devraient bénéficier  d’infrastructures sociocommunautaires. Il est à noter que le projet est à son terme. Au regard de la situation de quelques infrastructures réalisées, la représentation nationale voudrait savoir :

1)    Quel est le montant du projet ?

2)    Quelles sont les infrastructures sociocommunautaires prévues, quelles sont celles réalisées, quels sont les niveaux respectifs de réalisation, quels sont les montants de réalisation prévus et décaissés ?

3)    Quel est le mécanisme d’affection de ces infrastructures aux Communes ou aux communautés ?

4)    Quel est le niveau d’exécution de ces travaux ?

5)    Quelle est à la date d’aujourd’hui, la situation de la forêt aménagée ?

6)    Quels sont les objectifs et impacts sur les populations et sur la nature visés par le projet ? Parmi ceux-ci quels sont les objectifs et impacts atteints ? Quels sont ceux qui ne sont pas atteints et pourquoi ?

7)    Fournir à la représentation nationale, le document de financement du projet et tous les rapports d’exécution et d’évaluation.

Porto-Novo, le 08 juin 2012

Ont signé :

Les députés :

1-Nourénou Atchadé

2-Karimou Chabi Sika

3-Bida Youssoufou N.

4-Firmin Biokou

5-Sofiath Schanou Arouna

6-Koffi Ahouanougan

7-Zimé Kora Gounou

8-Isidore Gnonlonfoun

9-Babatoundé Kakpo Zannou

10-Daouda Takpara

11-Parfait Houangni

12-Mohamed Ali Camarou

13-Eric Houndété

14-André Biaou Okounlola

15-Mama Djibril Débourou

16-Moumouni Adam Bagri

17-Victor Michel Dangnon

18-Orou Dèkè Gonroudobou

19-Nicaise Kotchami Fagnon

20-Gaston Gobi Yorou

21- Félicien Chabi Zacharie

22-Joachim Dahissiho

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OKOYA F.

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