Contrôle de l’action gouvernementale : Les questions du député Gbadamassi et les réponses du ministre Onifadé

Au cours de la séance plénière de ce jeudi 21 juin 2012, les députés ont eu droit aux réponses du gouvernement sur la situation du barrage d’Okpara. C’est suite à une question d’actualité adressée par le député Rachidi Gbadamassi. Voici ladite question et les éléments de réponse du ministre des mines, de l’énergie et de l’eau.

Question d’actualité adressée au Ministre des mines, de l’énergie et de l’eau

Conformément à l’article 110 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, « le député peut introduire des questions d’actualité sur tous les sujets dont l’utilité est avérée ». C’est pour cette raison que j’introduis la présente question d’actualité à un sujet extrêmement important. Le barrage d’Opkara est la seule source d’approvisionnement en eau potable dans la ville de Parakou et ses environs. Il y a une quarantaine d’années que ce barrage a été réalisé. Il est important de préciser que Parakou est la troisième Commune à statut particulier et la troisième ville de notre pays. Des investigations sommaires et des études faites ont montré que ce précieux ouvrage est envasé au point de perdre près de la moitié (50)% de sa capacité initiale. Par la même démarche, il est établi qu’à l’horizon 2012, la quantité d’eau stockable par le barrage ne suffira plus pour satisfaire les besoins en eau potable de la ville qui a véritablement connu un grand mouvement démographique estimé à un accroissement de 187,74 en quatre décennies. Les derniers travaux sérieux réalisés sur l’ouvrage qui date d’ailleurs de plus de dix ans ont consisté seulement en la réhabilitation de l’évacuateur latéral de crue et le reprofilage de la crête au niveau de la digue. Ces travaux n’ont pas influencé favorablement le volume à stocker qui demeure toujours décroissant. Aujourd’hui, nous sommes en 2012, année fatidique annoncée pour que les populations de Parakou et environs vivent donc le calvaire en matière d’approvisionnement en eau potable, source de vie. Il est à rappeler, à toutes fins utiles, que selon les données démographiques du troisième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH3) réalisé en février 2002, 149 819 âmes vivent à Parakou qui est la Commune la plus cosmopolite du Bénin. Selon les projections statico-démographiques, la population de la Commune serait estimée à environ 155.000 habitants en 2012.
Quelles sont les dispositions que prend le gouvernement pour éviter le pire ? Quelles sont les mesures concrètes prises par le ministère en charge de l’eau pour la réhabilitation du barrage d’Opkara ?
Dans le but d’éviter une catastrophe certaine, pourtant annoncé depuis des lustres, aux populations de Parakou et environs, le gouvernement est convié à nous fournir des explications convaincantes en vue de répondre favorablement à nos inquiétudes qui demeurent toujours.

 Rachidi GBADAMASSI
Député à l’Assemblée nationale

 

ELEMENTS DE REPONSE  DE MADAME LE MINISTRE DE L’ENERGIE, DES RECHERCHES PETROLIERES ET MINIERES, DE L’EAU ET DU DEVELOPPEMENT DES ENERGIES RENOUVELABLES (MERPMEDER)

OBSERVATIONS PARTICULIERE

En somme, le gouvernement à travers le MERPMEDER, attache du prix à l’exécution effective des travaux et surtout à la réalisation physique en fonction des projections rigoureusement établies. Preuve  de l’attachement du chef de l’Etat soucieux de  l’achèvement de ces travaux sur le pleuve Okparra et de façon générale aux différents projets relatifs à la facilitation de l’accès à l’eau et à l’eau potable pour nos populations. Le Ministre a effectué de nombreuses séances de travail avec les différentes structures sous tutelle du MERPMEDER. Ainsi, les Directions Générales de l’eau et de la Société Nationale des Eaux du Bénin (SONEB) ont reçu la visite du ministre à la faveur de séances de travail les 14 et 19 juin 2012. Ces assises qui ont rassemblé tous les acteurs du secteur Eau ont permis d’aborder toutes les questions relatives aux travaux en cours dont ceux du barrage de l’Okparra avec des instructions fermes du ministre afin d’assurer un suivi rigoureux des différents travaux concomitamment  avec la recherche des financements adéquats à la poursuite et l’achèvement de tous ces projets.

Développement

Les études préliminaires réalisées par le cabinet TERRABO en Avril  2009 ont abouti à la nécessité de réaliser les travaux de réhabilitation du barrage de Kpassa sur le fleuve Okpara en deux phases :

–          Une première phase relative aux travaux à effectuer en mesures d’urgence pour sauver le barrage contre la crue de 2009 ;

–          Une deuxième phase relative aux travaux de réhabilitation complète dudit barrage.

Travaux déjà réalisés

Ils portent sur les travaux de la première phase. La réalisation de ces travaux a été confiée à la Direction du Génie et de la Participation au Développement (DGPD) sous le contrôle du cabinet TERRABO.

Point d’exécution physique

Ø  Consistance des travaux :

  • Réhabilitation partielle du déversoir latéral à travers :

–          L’enlèvement de blocs rocheux dans le lit du chenal existant ;

–          Le déblai en terrain meuble et mise en dépôt ;

–          Le remblai d’emprunt en graveleux latéritique ;

–          Le remblai hydraulique en sable ;

–          La pose de moellons ;

–          La protection de talus par perrés maçonnés

  • Assainissement de la zone avale immédiate de la digue à travers :

–          Le débroussement de la zone avale immédiate de la digue ;

–          Le décaissement et mise en dépôt de graveleux dans le chenal existant ;

  • Rechargement de la crête de la digue à travers :

–          Le décaissement et l’enlèvement de corps d chaussée existant ;

–          La mise en place de graveleux latéritique ;

–          Le réglage et le compactage de la couche de fondation.

Ø  Taux d’exécution physique

Démarré le 27 Juin 2009, les travaux sont achevés et la réception provisoire a été prononcée le 28 Mars 2012.

Point d’exécution financière

Désignation

Montant du marché (FCFA TTC)

Montant décaissé (FCFA TTC)

Taux d’exécution financière (%)

Exécution des travaux 435 207 600 385 864 010 88,7
Contrôle et surveillance des travaux 153 931 000 84 694 500 55
Total 589 138 600 470 558 510 79,87

NB : les travaux objet du marché n’ayant pas été achevés par la DGPD avant leur arrêt le 20 Février 2012, il s’en est suivi des dégradations qui ont été constatés par toutes les parties du projet. A cet effet, il a été demandé à la DGPD de procéder à la réparation de ces dégradations dont le coût total s’élève à 27.349.214 FCFA. Ces travaux de réparation ont fait l’objet d’un bon de commande financé sur les fonds propres de la SONEB.

Ø  Travaux en cours de réalisation

En vue de pérenniser les travaux réalisés dans la phase d’urgence pour une meilleure stabilité du déversoir latéral sur un long terme en attendant la mobilisation du financement pour l’exécution des travaux définitifs, il a été envisagé la réalisation de travaux supplémentaires à savoir :

–          Exécution de perrés maçonnés sur la plateforme et le talus pour une superficie totale de 700m² ;

–          Construction d’une brèche en béton cyclopéen le long des perrés pour un volume total de 15m²

Ces travaux, d’un coût global de 48.970.000 FCFA TTC sont financés sur les fonds propres de la SONEB et ont été confiés à la DGPD.

L’autorisation de la DNCMP en vue de la prise d’un avenant au contrat de base pour la réalisation de ces travaux est attendue par la SONEB.

La date de reprise des travaux par la DGPD est attendue par la SONEB.

Ø  Perspectives

Elles concernent les travaux de réhabilitation complète du barrage (phase 2).Les études techniques de cette deuxième phase du projet ont été déjà réalisées par le cabinet TERRABO et validées les 28 et 29 mars par une commission nationale.

D’un coût total de 1.131.990.225 FCFA TTC, les travaux retenus pour être réalisés consisteront à étendre les travaux réalisés en mesures d’urgence à toute la largeur du déversoir latéral et à réhabiliter la section de la voie sur la digue et le déversoir. Des recherches de financement sont également en cours pour la mise en œuvre des travaux de cette deuxième phase du projet.

Par ailleurs, il est envisagé à long terme la réalisation des travaux d’augmentation de la capacité de stockage de la retenue d’eau du barrage et/ou la réalisation d’un second barrage en vue de renforcer la production d’eau. Des études seront réalisées à cet effet pour définir les options techniques et évaluer le coût des investissements à réaliser à long terme.

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OKOYA F.

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