Controverses autour du rapport de la commission internationale sur le coton: La responsabilité de la BOAD et de la Commission de l’UEMOA engagée

Les voix s’élèvent de plus en plus pour dénoncer les graves insuffisances du travail fait par la Commission internationale d’évaluation de la campagne cotonnière 2011-2012. Préoccupés par la confusion qui règne autour de l’or blanc à la veille de la campagne cotonnière et déçus surtout par les résultats de cette commission, les Béninois s’interrogent sur la responsabilité de l’Uemoa et de la Boad dans la façon dont la crise du coton est gérée par Boni Yayi depuis que les experts de ces institutions ont déposé leur rapport

Face à la confusion qui règne dans le secteur cotonnier à la veille de la campagne cotonnière on ne peut qu’être préoccupé et chercher à situer les responsabilités dans cette situation qui risque de porter gravement préjudice à notre économie. En effet, alors qu’on s’attendait à ce que la Commission internationale d’évaluation du déroulement de la campagne cotonnière 2011-2012 aide à y voir plus clair afin d’aider à sauver le coton béninois, le constat est là que rien n’a bougé. Au contraire, on s’enlise de jour en jour avec des décisions qui créent plus de problèmes qu’elles n’en résolvent. Ce qui est certain c’est que le rapport produit par la Commission Uemoa-Boad-Cilss n’a pas comblé les attentes des protagonistes de la crise. Il ne pouvait d’ailleurs en être autrement quand on sait, comme l’ont révélé certaines publications, la Commission n’a pas eu le temps de faire un travail exempt de reproches. Conséquence, ses détracteurs lui reprochent d’avoir tiré des conclusions hâtives et définitives qui accusent une partie alors qu’elle n’a pas eu le temps de faire un travail approfondi. De façon concrète, on reproche aux experts de la commission de n’avoir pas collecté et travaillé sur les données chiffrées qui étaient pourtant disponibles et d’avoir évité certaines sources d’information crédibles. De sources dignes de foi, ces experts n’ont pas par exemple cherché à explorer les registres d’entrée du coton graine dans les usines et les registres de production des usines qui indiquent les quantités de coton graine égrenées chaque jour avec le volume de fibres de coton obtenu ainsi que celui des graines.

Quel crédit peut-on accorder au rapport quand la commission en cherchant à clarifier la situation des intrants a feint d’ignorer que les importateurs et distributeurs d’intrants détiennent généralement des stocks résiduels d’intrants résultant de la campagne précédente. Encore que, et tout le monde le sait, sauf les experts de la commission peut-être, tous les intrants ne passent pas systématiquement par le Port de Cotonou. D’importantes quantités de produits phytosanitaires sont importées par les frontières terrestres. En ignorant délibérément tous ces éléments techniques essentiels à la manifestation de la vérité, comment la commission a-t-elle pu remplir sa mission qui était de faire une évaluation indépendante de la production cotonnière. On comprend pourquoi elle s’est pratiquement déclarée incompétente en avouant que « les éléments disponibles n’ont pas permis de reconstituer la production ». Et pourtant, elle a déposé un rapport et fait des recommandations qui ont conduit à la dérive judiciaire à laquelle nous avons assisté ; dérives dénoncées par tous, y compris des proches du pouvoir, tant l’abus était flagrant. Dans ces conditions, on ne peut que s’interroger sur la responsabilité des institutions sous régionales impliquées dans l’initiative, notamment la Boad et la Commission de l’Uemoa. Les dirigeants de ces institutions peuvent-ils cautionner et valider un rapport élaboré sans la rigueur habituelle reconnue qu’on leur connait ? On avait sans doute besoin de leur caution morale pour faire avaler la pilule aux Béninois. Mais quand on sait que derrière ce dossier se trouvent de gros intérêts non seulement économiques mais aussi politiques, on se demande jusqu’où les premiers responsables de ces institutions sont prêts à engager leur responsabilité personnelle sur un rapport dont les lacunes crèvent l’œil avec toutes les conséquences qui pourraient en découler. En tout cas les Béninois qui seront les seuls à payer la note quand on aura enterré le coton attendent des explications.

Jean-Marc Aurèle AGOSSOU

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