De nouvelles conditions pour l’importation du riz au Bénin

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By VISAGES DU BÉNIN 6 Min Read
De nouvelles conditions pour l’importation du riz au Bénin
  • En ligne de mire, une hausse de 7,4 % des recettes douanières pour 2026

L’administration douanière béninoise serre la vis sur le commerce du riz et muscle en même temps son arsenal numérique. En effet, de nouvelles conditions pour l’importation du riz et le croisement automatique des fichiers douanes–impôts via l’Identifiant fiscal unique (IFU) ont été actés pour permettre à la Direction générale des douanes de porter ses recettes à 947,4 milliards de FCFA en 2026, soit une hausse ciblée de 7,4% par rapport à la prévision initiale.

Pour y arriver, le gouvernement Béninois a choisi de verrouiller l’une des filières les plus sensibles du commerce extérieur : le riz. Depuis une décision du 22 avril 2026, les opérations de dédouanement du riz destiné à la consommation nationale sont désormais soumises à une autorisation préalable annuelle, délivrée sous des conditions particulièrement exigeantes.

Pour espérer importer, les opérateurs doivent être :  1- des sociétés légalement constituées, 2- exercer au Lire + Bénin depuis au moins trois ans, 3- disposer d’un numéro fiscal valide et 4- être entièrement à jour de leurs obligations fiscales, douanières et sociales. Tout acteur sous le coup d’un contentieux non apuré ou pris en défaut de déclaration est automatiquement écarté du dispositif.

La contrainte la plus marquante est financière : 5- l’autorisation est conditionnée au dépôt d’une caution minimale d’un milliard de FCFA, consignée en espèces sur un compte du Trésor, 6- assortie d’un engagement d’importation mensuelle compris entre 50 000 et 100 000 tonnes. Objectif : sécuriser les recettes face à la sous‑facturation, assainir l’accès au marché et professionnaliser une filière où le Lire + Bénin joue un rôle de hub régional de réexportation vers le Nigeria et les pays de l’hinterland.

Un marché du riz plus formel, des recettes mieux captées

En s’attaquant ainsi au segment du riz, l’exécutif vise un double effet : réduire drastiquement les marges de manœuvre des importateurs peu transparents et faire basculer dans le circuit formel des volumes jusqu’ici partiellement dissimulés. La caution élevée filtre les opérateurs occasionnels ou spéculatifs, tandis que l’obligation d’être en règle sur tous les plans (douanes, impôts, charges sociales) crée un effet de sélection en faveur d’acteurs mieux structurés.

Cette réforme est clairement pensée comme un levier de rendement : en captant la valeur réelle des flux de riz, la douane espère limiter les pertes liées à la sous‑déclaration, mieux maîtriser la base taxable et, in fine, contribuer à la hausse attendue de 65 milliards de FCFA de recettes supplémentaires dans le collectif budgétaire 2026.

Le croisement DGD–DGI : la riposte numérique

La seconde réforme, moins visible mais tout aussi déterminante, se joue sur le terrain du numérique. Une plateforme d’échange de données interconnecte désormais la Direction générale des douanes (DGD) et la Direction générale des impôts (DGI) autour de l’Identifiant fiscal unique (IFU). Concrètement, chaque opérateur économique est suivi à la fois comme importateur et comme contribuable, ce qui permet de comparer automatiquement les flux déclarés à la frontière et les revenus déclarés au fisc.

Ce croisement systématique des fichiers transforme l’IFU en véritable « fil rouge » de la traçabilité fiscale : un importateur qui fait entrer des marchandises en volume significatif sans déclarer de chiffre d’affaires cohérent, un acteur qui sous‑évalue ses cargaisons ou qui détourne un régime d’exonération apparaît immédiatement comme un cas à risque. La douane et les impôts disposent ainsi d’un outil partagé pour cibler leurs contrôles, réduire les angles morts et combattre plus efficacement la fraude et l’évasion.

Une cible chiffrée : +7,4% de recettes douanières

Le projet de loi de finances rectificative 2026, adopté en Conseil des ministres le 3 juin, acte noir sur blanc cette montée en puissance. Les prévisions de recettes brutes de la DGD passent de 882,4 à 947,4 milliards de FCFA, soit une progression de 65 milliards de FCFA et une hausse de 7,4%. C’est la croissance la plus marquée parmi les régies financières de l’État dans ce collectif budgétaire.

En liant explicitement cette révision aux nouvelles règles d’importation du riz et à la réforme digitale de croisement des données fiscales, le gouvernement assume un pari : que la combinaison d’un encadrement plus strict des flux et d’une meilleure traçabilité numérique produira des résultats tangibles dès 2026. Les chiffres du second semestre diront dans quelle mesure ce pari est tenu, mais la direction est clairement fixée : moins de fuite, plus de recettes, et une administration douanière qui se veut à la fois plus sélective et plus technologique.

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La Rédaction

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