Le candidat FCBE à la présidentielle du 12 avril, Paul Hounkpè, place l’économie au cœur de son projet de société 2026-2033, avec l’objectif d’« améliorer la situation économique générale du pays » et de rendre la croissance plus inclusive.
Le document décrit une économie marquée par plusieurs fragilités : monopoles publics ou privés déguisés, climat des affaires jugé peu favorable aux investisseurs nationaux, agriculture sous-productive, secteur informel prédominant, industrie embryonnaire, forte dépendance énergétique et balance commerciale structurellement déficitaire. Malgré un potentiel de diversification, le Lire + Bénin continuerait d’importer massivement du riz, des produits maraîchers, des produits congelés, des œufs de table ou encore du lait pour satisfaire les besoins de sa population.
Le diagnostic évoque des « perspectives économiques incertaines », une sortie importante de devises, des difficultés d’accès au crédit pour les entreprises et un manque de diversification des exportations. Le climat des affaires est jugé défavorable, avec la destruction de nombreuses activités de petits commerçants, l’attribution de gros marchés publics à des entreprises étrangères au détriment des entreprises nationales et un taux de pression fiscale considéré comme élevé.
Le texte dénonce également l’existence de situations de monopole privé dans plusieurs secteurs vitaux de l’économie nationale, l’absence de croissance véritablement inclusive et une digitalisation encore limitée du secteur privé. Selon la FCBE, ces éléments contribuent à une croissance qui profite principalement à une minorité.
Pour y répondre, le duo Hounkpè–Hounwanou propose d’abord l’organisation d’une conférence nationale économique. Cette rencontre doit, selon le projet, permettre de définir une répartition plus équitable des ressources et de poser les bases d’une régionalisation du développement économique, social et culturel, en s’appuyant sur les potentialités propres de chaque département ou région.
Le programme insiste ensuite sur la nécessité de diversifier l’économie en promouvant de nouvelles filières porteuses pour l’exportation, afin de réduire la dépendance à quelques produits et de mieux valoriser les atouts agricoles et miniers du pays. La dynamisation du secteur privé passe, selon la FCBE, par une amélioration nette du climat des affaires : simplification des procédures, sécurité juridique, meilleure protection des entreprises nationales.
Le projet prévoit aussi de promouvoir l’intégration économique régionale, en renforçant les échanges avec les pays voisins, et de « libéraliser l’économie dans tous ses domaines », avec une réorganisation de l’importation et de l’exportation. La promotion de l’industrie de transformation des matières premières est présentée comme une priorité, pour capter plus de valeur ajoutée localement.
Sur le plan fiscal et douanier, la FCBE annonce son intention de « restaurer la douane dans ses prérogatives de contrôle des exportations et importations » et d’élargir l’assiette fiscale en intégrant une partie du secteur informel, plutôt que de peser davantage sur les mêmes contribuables. L’idée est de mieux mobiliser les ressources intérieures sans étouffer les petites et moyennes entreprises.
En combinant conférence nationale, diversification, soutien au secteur privé, réforme du commerce extérieur et ajustements fiscaux, le projet Hounkpè cherche à se présenter comme une alternative à la politique économique actuelle, qu’il juge trop concentrée et peu inclusive. Les choix précis en matière de libéralisation, de protection des filières locales et de soutien aux entreprises nationales devraient nourrir le débat au fil de la campagne.
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Francis Z. OKOYA
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