Économie communale : A la découverte des carrières de sable de Bonou

 Économie communale : A la découverte des carrières de sable de Bonou

Carrières de sable de Bonou

Depuis l’avènement du processus de décentralisation au Bénin, chaque commune s’appuie sur un ou plusieurs secteurs d’activités pour bâtir son économie. C’est ainsi que la commune de Bonou fait du sable fluvial l’âme de son économie pour assurer les dépenses de souveraineté et investir au profit des populations.

Situation géographique de la commune

Carrières de sable de Bonou
                   Carrières de sable de Bonou

Située dans le département de l’Oueme, la commune de Bonou est entre 6°72′ et 6°95′ latitude Nord et entre 2°15′ et 2°40 longitude Est. Elle est limitée au Nord par la commune de Ouinhi, au Sud par celle d’Adjohoun, à l’Est  par les communes de Sakete et d’Adja-Ouere et à l’Ouest par celles de Ze et de Zogbodome. Elle a une superficie de 205 km2 et compte une population de 44.430 habitants (RGPH 3, 2013) repartis dans cinq arrondissements et trente-quatre (34) villages. Au nombre des activités menées, on note l’agriculture, l’élevage, la pêche, l’artisanat et le commerce.

Historique de la commercialisation du sable fluvial

Pour comprendre l’historique du commerce du sable fluvial dans la commune de Bonou, il faut remonter dans la période révolutionnaire. Pour certains sages, c’est au tour de 1980 que cette activité a démarré sur le territoire de la commune avec comme maire M. Azankpo. D’autres estiment que c’est un peu plus tôt notamment en 1976 au temps du maire Simon Ahouandjinou. Puisqu’il n’y a pas de documents officiels disponibles, on retient que le ramassage du sable est devenu une activité pour certaines femmes à Bonou depuis la période révolutionnaire. Selon les recoupements, les acteurs de l’essence frelatée, les exploitants des régimes de palme et certains fonctionnaires ont été les premiers à s’intéresser au sable de Bonou. Après leurs activités, ces derniers regroupaient des femmes qui les aidaient à ramasser du sable contre des pièces d’argent.

De la gratuité à une véritable industrie

De façon progressive, plusieurs villages de la commune ont commencé par intéresser les étrangers à la richesse minière qu’est le sable fluvial. Les habitants de ces villages ont donc ravi la vedette à Lokossa, localité située dans l’arrondissement central et Abeokouta, village de Hounvigue qui étaient les premiers menant cette activité. C’est dans cette dynamique que des sages ont invité les autorités administratives à imposer des taxes à tous les véhicules qui exploitent le sable fluvial de Bonou. Il y a de cela quelques années, une association communale des exploitants a vu le jour et a pour président Simon Bodjrenou. Ainsi, des milliers de personnes de sexes et d’âges confondus vivent de cette activité. Des milliers de ménages se servent de l’exploitation du sable pour vivre décemment.

L’exode rural et le chômage combattus

Les occupations journalières sur la vingtaine de carrière que dispose la commune permet à bon nombre de jeunes gens et jeunes filles de détourner leur visage du Nigeria. Pour preuve, au détour d’une visite sur la carrière d’Atchonsa, une des rares encore fonctionnelles en ces temps de crue, on constate une affluence remarquable à l’instar d’un grand jour de marché.
Il sonnait 7 heures 45 minutes ce jeudi matin. Une dizaine de camions ont stationné attendant la marchandise pour se rendre à Porto-Novo.  Une cinquantaine de jeunes valides les chargeaient dans une ambiance récréative. Plus loin, une centaine d’autres jeunes bien installés dans les pirogues; ceux-là, ce sont des extracteurs. Ils abattent la plus lourde tâche selon toute vraisemblance. Ils vont sous l’eau avec des sceaux artisanaux pour remplir les pirogues. Samuel, la trentaine est un exploitant. A proximité de la lagune, il a regroupé une trentaine de femmes. La mission, le ramassage depuis la pirogue vers les points de vente. Aux alentours des camions, des vendeuses installent déjà leurs marchandises.
Un peu plus tard, aux encablures  de 11heures, le marché de la carrière Atchonsa s’anime davantage. On peut y dénombrer environ mille deux cent (1200) personnes en plus des âmes innocentes exposées de part et d’autre parce que leurs mamans s’affairent pour garantir le repas du soir. Bref, les carrières sont devenues l’activité principale que mènent les populations de Bonou. Mieux, elles contraignent les jeunes qui autrefois allaient au Nigeria à s’épanouir sur la terre de leurs aïeux. Aux dires des responsables de la carrière et de l’agent commis par la mairie pour délivrer les tickets aux camions, au minimum, une quarantaine de véhicules entrent en moyenne à Atchonsa par jour. Mieux, tout le monde a son compte. Selon une jeune dame qui a préféré garder l’anonymat, celui qui n’a rien trouvé doit rentrer chez lui avec deux mille (2000) francs en moyenne.

Une richesse aux conséquences énormes

Outre les maladies auxquelles sont confrontées les populations qui s’adonnent à cette activité notamment les infections, les dégâts environnementaux ne sont pas moindres. Ainsi, en vue de préserver la santé des employés des carrières, les Organisations Non Gouvernementales actives sur le territoire de la commune peuvent initier des séances de sensibilisation et des dons de médicaments; Ce faisant, elles aideront les autres communales à voler au secours de ces ouvriers.

Marc KOSSOU  www.visages-du-benin.com  Toute l’actualité du Bénin et d’ailleurs depuis 2009 ! Restez connecté avec nous,  restez informé!

Laisser un commentaire

Commentaire(s)

VISAGES DU BÉNIN

Visages du Bénin est un média d’informations générales mis en ligne depuis 2009 et dirigé par le journaliste béninois Francis Z. OKOYA. La rédaction de Visages du Bénin animée par des professionnels et soutenue par ses différents correspondants, propose toute l'actualité sur le Bénin et ouvre une large fenêtre sur le reste du monde. Restez connecté avec nous, restez informé.

Abonnez-vous à notre newsletter

Abonnez-vous à notre newsletter

Rejoignez notre liste de diffusion pour recevoir les dernières nouvelles et mises à jour de notre équipe.

You have Successfully Subscribed!

%d blogueurs aiment cette page :