Edito : On marche au biberon sous le Changement

Edito :

On marche au biberon sous le Changement


La boucle est bouclée.
Des patriarches aux têtes de linottes
en passant par les femmes, les paysans, les têtes couronnées, les religieux, les auxiliaires propagandistes, les syndiqués, les ministres, les députés et même le chef de l’Etat : tous dans la
rue. L’invasion des artères principales de Cotonou par des bambins le 22 mars 2010 a achevé de convaincre les plus sceptiques qu’il y a quelque chose de dingue au pays du Changement. On savait la
barque prise de spasmes inquiétants mais pas à ce point. Faire marcher des femmes la nuit, lanternes à la main pour saluer le chef de l’Etat après l’inauguration du passage à niveau de Houéyiho
était déjà une sérieuse alerte. A l’heure où elles devraient logiquement s’occuper de la progéniture et du conjoint, elles sont utilisées à magnifier un prince mégalo déjà promis à une autre.
Pour les puristes très pointus sur la tradition, l’adultère n’était pas très loin !


Une peccadille à côté de cet autre spectacle des deux prétendants au trône de Houégbadja surpris par les caméras de télévision en pleine
marche de soutien au chef de l’Etat à la place Goho, lieu symbole de la résistance et de la bravoure du Danxomè face à l’envahisseur. A l’image de cette autre tête couronnée de Savalou qui clame
à qui veut l’entendre qu’il ne sera jamais dans l’opposition. Le même réputé pour ses génuflexions désormais très célèbres sur le continent en hommage au guide libyen. On n’ose même plus évoquer
les cérémonies d’allégeance collective au palais de la Marina à la veille de chaque grande crise dont le docteur-président a le secret – une ordonnance présidentielle, une veille de rentrée
scolaire et universitaire à haut risque, un vote hostile à l’Assemblée nationale, une grève annoncée dans l’administration publique. La propagande n’hésite pas à tourner en boucle des images de
patriarches, sages ou têtes couronnées prêts à jeter le sort à tous les contradicteurs du bien aimé président Yayi Boni. Là encore la tradition au service du pouvoir politique. On n’est pas loin
du sacrilège !!!
Et lorsque des petits écoliers assaillent littéralement les rues avec des réclames aussi biscornues que la
reprise des classes ou le paiement des primes aux enseignants, c’est la catastrophe. Quelqu’un a certainement autorisé cette marche pour des mineurs pendant que des syndicats légalement
constitués se font régulièrement disperser par la soldatesque armée jusqu’aux gencives. Ce qu’on a vu le 22 mars 2010 dans les rues de Cotonou n’a rien d’une révolte enfantine joyeuse et
spontanée. On sentait une organisation quasi synchronisée, un itinéraire bien tracé, un discours traité à l’avance avec des mots bien choisis, un encadrement policier impeccable avant les
quelques débordements. C’est vrai que dans le passé, les collèges et lycées ont activement participé à la contestation politique. Mais c’était l’époque où on entrait au Cours élémentaire à 12 ans
et on sortait du cycle primaire pratiquement à l’âge adulte. A l’ère où la moyenne d’âge au bac est de 16 ans, des orchestrations du genre du 22 mars prennent des allures de
manipulations.
Ces âmes sensibles en divagation méritent mieux que de servir de vulgaires pions de jeu à des gens trop
portés sur leur ventre et leur bas-ventre. Le chef de l’Etat, candidat à rien, prêt à léguer tous les problèmes à son successeur se fout de savoir ce qui adviendra au cas où les écoles
resteraient fermées, 10 mois au besoin, le temps de l’avènement d’un nouveau régime. Désinvolture présidentielle aggravée par la décision de faire remplacer les grévistes par le premier venu
pourvu qu’il soit apte à la servilité au nom Changement. On voit mal comment le spectacle de quelques bambins dans les rues peut inverser le cours d’un despotisme naissant réfractaire aux
grèves, aux votes hostiles de la majorité parlementaire, à la contradiction de la classe politique, aux recommandations de la communauté internationale. De toutes les façons, la rue, lui-même,
Yayi n’y croit pas trop.Il a marché vertement contre la corruption pourtant il y a eu la Cen-Sad, Ocbn, Sonapra, etc…


Par Arimi Choubadé

 

Partager l’article !
 
Edito : On marche au biberon sous le Changement:
Edito :

On marche au biberon sous le Changement

La boucle est bouclée. …

Laisser un commentaire

Commentaire(s)

VISAGES DU BÉNIN

Visages du Bénin est un média d’informations générales mis en ligne depuis 2009 et dirigé par le journaliste béninois Francis Z. OKOYA. La rédaction de Visages du Bénin animée par des professionnels et soutenue par ses différents correspondants, propose toute l'actualité sur le Bénin et ouvre une large fenêtre sur le reste du monde. Restez connecté avec nous, restez informé.

Abonnez-vous à notre newsletter

Abonnez-vous à notre newsletter

Rejoignez notre liste de diffusion pour recevoir les dernières nouvelles et mises à jour de notre équipe.

You have Successfully Subscribed!

%d blogueurs aiment cette page :