Editorial: Des actions successives à intensité progressive contre la liberté

L’expression n’est pas de moi mais, d’un responsable d’étudiants avant-gardiste de la lutte pour la liberté dans les années 90. A la question de savoir si c’est la fin de la  lutte ou quelle est la suite, il répondit à peu près ceci : «  Nous sommes dans un processus d’actions successives à intensité  progressive… » . Cette réponse semble bien correspondre à la situation de vive tension entretenue par le pouvoir de la refondation depuis que le Chef de l’Etat a ressenti, à maintes reprises, le nécessaire besoin de réaffirmer et de justifier son départ en 2016. Et puisque ce qui devrait être une évidence évidente ( excusez du peu) ne l’est plus, il s’est trouvé des béninois pour penser qu’il y a anguille sous roche. La fronde née de la programmation de la révision de la Constitution à l’ordre du jour la première session extraordinaire de l’Assemblée nationale en début de cette année, a bizarrement coïncidé quelques semaines plus tard, avec l’annonce de l’incompétence des sociétés gérantes du PVI et de la filière coton. Après la découverte du concept de dictature du développement, le  Chef de l’Etat s’est dit convaincu que ceux qui ont des intérêts dans le PVI et le coton, sont à la base de tout le mal dont souffre le Bénin. Et depuis qu’il a déclaré qu’il ne se laissera pas faire face à une hypothétique insurrection, les choses vont vite, très vite. La volonté de voir des béninois s’affronter a été réitéré depuis les champs de coton. Un certain Lucien Médjico, vieux béninois réincarné jeune turc depuis la refondation, a demandé de ligoter et de jeter les opposants et syndicalistes dans la mer avec une pierre attachée au dos. Avant lui des jeunes hommes, et femmes scandant des slogans favorables à Boni Yayi ont empêché l’opposition de réagir aux déclarations faites le 1er août 2012 par le Chef de l’Etat. Puis, ce fut le Ministre de l’Intérieur qui, dans un communiqué sorti on ne sait d’où, accuse  les syndicalistes d’être en relation avec des hommes politiques et des opérateurs économiques pour déstabiliser la république. Ensuite, c’est la Haac qui menace de prendre des sanctions contre les organes de presse qui continuent de relayer les réactions aux propos tenus par le Chef de l’Etat. Cela coïncide avec un souhait de quelques personnalités de la Présidence. Mieux, le ministre Djènontin, de passage sur les plateaux de Canal 3 le lundi 17 septembre 2012, a invité la Haac à agir contre certains organes de presse. A la même occasion Amos Elègbè, Conseiller à la Présidence devant l’Eternel, indique que c’est une malédiction pour les journalistes de critiquer les dirigeants plus âgés qu’eux, des dirigeants angéliques, omniscients et parfaits sous toutes les coutures. Or dans le même temps Gaston Zossou et Lionel Agbo qui partagent l’art oratoire, sont convaincus que tous les problèmes actuels de la nation sont liés à l’anti-révisionnisme. Azannaï et Quenum qui n’ont de commun que leur présent ou le passé de responsables Rb, sont aujourd’hui unanimes que la refondation c’est du pipo. Alors que l’opposition réclame le droit de la libre expression, les conducteurs de véhicule réclament la liberté de circuler sans entrave et les enseignants leurs dus. C’est le moment choisi par le hasard ou des hommes pour nous offrir l’interruption des émissions de la télévision Canal 3 à Cotonou. Et puisque nous sommes dans la série des actions successives à intensité progressive, ne vous étonnez point de voir l’internet grâce auquel vous lisez ces lignes, devenu non fonctionnel. En attendant, on a pu écrire ceci.

Francis Z. OKOYA

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