EDITORIAL: Monsieur le ministre, vous aviez dit palmier à huile ?

Dans la gestion des affaires publiques, la refondation a choisi comme mode opératoire, la distraction socio-politique. Le peuple est régulièrement conduit  dans un amphithéâtre ici ou là, avec chaque fois des pièces dont les metteurs en scène sont “en haut de haut”. Et chaque fois que ce peuple est soumis à un spectacle au goût contestable, ses dirigeants préparent un autre scénario prêt à être déroulé dès la fin en queue du poisson du spectacle précédent. L’équation des insectes ravageurs dans les champs de coton n’est pas encore résolue, que déjà le ministre de l’agriculture a invité certains responsables des Coopératives et Unions d’Aménagements Rural ( CAR et UCAR) pour décréter le palmier à huile comme nouvelle filière agricole. Sans vouloir faire un cours d’histoire agricole à Sabaï Katé, je voudrais me rassurer que le ministre de l’agriculture a fouillé tous les tiroirs de son bureau à sa prise de service. Le cas échéant il aurait vu et lu que dans le feuilleton palmier à huile, il y a eu le triste épisode des peaux blanches venues de la Malaisie. Conduits par l’ancien ministre Richard Sènou, ces malais ont gracieusement fait du tourisme dans toutes les régions du Bénin où l’on a parlé au moins une fois du palmier à huile. C’est avec beaucoup de malaise que le chroniqueur a entendu comme cause explicative du silence soudain des malais, que notre pluviométrie et notre sol ne sont pas favorables à la culture intensive du palmier à huile. De quoi faire tousser dans l’au-delà, le roi Guézo grand promoteur de cette culture devant l’Eternel. Si le ministre de l’agriculture a bien fouillé ses tiroirs, il aurait certainement retrouvé les cadavres des hommes, femmes et enfants, membres ou proches des Car et Ucar, abattus dans les plantations de palmier à huile par des agents de la sécurité publique alors qu’ils étaient en Assemblée générale. Il aurait certainement retrouvé les nombreuses demandes formulées par l’ancien député Ismaël Tidjani-Serpos pour que justice leur soit rendue. Sabaï Katé aurait retrouvé aussi dans ses tiroirs, le refus par les parents éplorés, du sponsoring offert par le Gouvernement en Conseil des ministres pour les obsèques des coopérateurs tués.

Si Sabaï Katé avait parcouru toutes les régions naguère productrices de cet arbre dont on ne jette rien, il aurait constaté que contrairement à la filière coton, le manque d’usine de transformation des noix de palme est criard. Par ailleurs, si le ministre de l’agriculture est resté au pays depuis 2006, il aurait retenu que chaque fois que le Gouvernement décide d’envoyer le ou les milliard (s) de francs Cfa dans un secteur, préfets, maires, conseillers communaux et locaux acteurs concernés, accourent, répondent inexorablement présents à tous les coups. Pour et à cause du ou des milliards, les béninois conjuguent la phrase « nous vous soutenons » à tous les temps. Sabaï Katé devait le savoir et prendre avec des pincettes les déclarations du genre ” La récréation est finie, place à la relance de la filière palmier à huile. Nous sommes prêts… »

Monsieur le ministre vous avez dit palmier à huile ? Regarder d’abord dans le rétroviseur ! Il y a des ministres de l’agriculture que des filières agricoles ont emportés.

Francis Z. OKOYA

Laisser un commentaire

Commentaire(s)

OKOYA F.

Abonnez-vous à notre newsletter

Abonnez-vous à notre newsletter

Rejoignez notre liste de diffusion pour recevoir les dernières nouvelles et mises à jour de notre équipe.

You have Successfully Subscribed!

%d blogueurs aiment cette page :