Editorial : Qui pour les remplacer ?

Mis à part la voix dissonante du Fmi, les mélodies se font de plus en plus harmonieuses ses dans le concert du ” ça ne va pas “. Mieux des voix distinctes convergent vers un nouveau solgan : “Yayi doit démissionner”. Le Parti Communiste du Bénin a ouvert le bal ( rien d’étonnant, on connaît la chansonnette). Les syndicalistes ont suivi, rien de nouveau, pourrait-on dire aussi. Le Front citoyen dirigé par le doyen Antoine Détchénou et dans lequel on peut retrouver tout ce que le Bénin compte comme forces vives opposées à la gouvernance de Boni Yayi ont lu il y a quelques jours  des déclarations “acides” tendant vers la même conclusion : “Yayi doit démissionner”. Un certain Souleymane Amzat homme de sécurité de son état et ayant servi aussi bien les candidats Yayi (2006) et Tchané (2011) en vient à la même conclusion dans une interview accordée à des journaux de la place. Dans l’hypothétique hypothèse -excusez-du peu-, que Yayi et son équipe déposent le tablier, par qui et avec quelle équipe les remplacera-t-on ? Faisons un peu la revue. Pascal Todjinou, Gaston Azoua et tout le collectif des centrales et confédérations qui vitriolent chaque jour le gouvernement Yayi ne peuvent le remplacer simplement parce que la finalité du syndicalisme n’est pas là. Le front citoyen a beau se présenter comme le levier  et même la levure de la contestation socio-politique, je les classe dans la société civile et le rôle de cette dernière n’est pas d’aller à la Marina mais peut-être d’y conduire un autre locataire en poussant dehors le précédent. Voyons du côté des partis politiques dont la vocation première est de rechercher et d’exercer le pouvoir d’Etat. Fragilisé aux sorties du dernier et ultime combat de mars 2011 et avec la mise hors-jeu constitutionnelle du leader Adrien Houngbédji, le Prd ne se présente plus comme la toute puissante alternative politique. Elle panse ses plaies, se réorganise, revoie sa méthodologie d’approche des problèmes de la nation ce qui est une très bonne chose en soi. Seulement le Prd n’a pas su trouver un “jumeau” de même charisme et surtout sans casserole comme Adrien Houngbédji. La preuve de la difficulté de ce parti à remplacer tout de suite l’équipe Yayi a été illustrée par la presqu’impossible remplacement du Maître au 3ème Congrès ordinaire de ce parti en février dernier. Qu’en serait-il s’il leur était demandé de désigner à l’instant un Président de la République en dehors de Houngbédji?

Que dire de la grande alliance politique Union fait la Nation ? Elle est dans le même schéma réorganisationnel que le Prd. Les nouveautés ici sont l’ouverture à l’adhésion individuelle ( ce qui est le cas depuis toujours avec les traditionnels partis politiques), le concept et la mise en route d’une école politique. Ce qui manque aujourd’hui à l’U.N, manque aussi certainement aux autres partis politiques : l’existence en leur sein d’un gouvernement virtuel où les rôles sont définis, les positions connues, la relève immédiate identifiée et mise à l’essai sous le parapluie d’un aîné. Que l’U.N ” ramasse aujourd’hui le pouvoir d’Etat” suite à cette l’hypothétique hypothèse de dépôt de tablier des actuels dirigeants, les divergences se mettront au grand jour entre le Madep, le Psd, Force-Clé et compagnies.

Quant à Abdoulaye Bio Tchané et son alliance Abt, ils sont convalescents et visiblement viennent de finir l’analyse de l’accident politique de mars 2011. On a vu ce que vaut cette alliance sans la présence de Bio Tchané aux législatives d’avril 2011. C’est dire que les ” taba ti taba” ne sont pas encore politiquement très bien structuré. Leur point commun avec le Prd, l’U.N, est qu’ils ont des propositions, des solutions qui restent à passer l’épreuve fatidique de la réalité. Des propositions, des solutions, Boni Yayi en avait plein les poches avant de se rendre compte il y a pas si longtemps que le Bénin est le dernier de l’Uemoa au classement des PIB.

Non, je n’oublierai pas les Fcbe. Si l’éventuel dépôt de tablier advenait, le repli géograhico-identitaire viendrait à en ajouter au désastre du duel Nago-Koupaki. Bako Arifari viendrait à réclamer le droit d’auteur de la Lépi qui a accouché du K.O. Marcel de Souza soutiendra la continuité dans le changement… Je veux sciemment et à raison passé sous silence les individualités politiques dans ce schéma de remplacement. Bref comme on le dira chez moi, ” le ciel n’est pas clément pour aucun oiseau.” Mais le remplacement, d’un régime en cours, ici et maintenant aurait été possible si le fonctionnement de nos partis politiques était de faire de sorte qu’ils soient de véritables machines à produire des hommes d’Etat

Ni Obama, ni Sarkozy, ni Hollande n’auraient jamais été P.R s’ils n’avaient pas été de jeunes militants puis des cadres enfin des responsables de leurs différentes entités politiques. Parlant de ces entités politiques, il s’agit de structures bien organisées où les gens cotisent, participent aux réunions et concertations. Il s’agit des milieux où les militants, les responsables sont écoutés, valorisés et leur point de vue pris en compte ( dans la mesure du possible). Il s’agit des partis qui ont une orientation claire, une vision globale de la conduite des affaires de la nation. Il s’agit des partis où chacun est responsabilisé selon ses compétences, son savoir et son savoir-faire. Il s’agit des partis où on sait qui sont les présidentiables et qui désignent après vote, celui qui sera le candidat du parti, investi avec un programme et des orientations claires. Un candidat qui, s’il le peuple l’accepte, ne peut se démarquer outre mesure de la feuille de route du parti, un candidat qui sait qu’il doit son élection à une organisation politique dont il défend l’image, la notoriété et la popularité par ses actes et à qui il a des comptes à rendre. IL S’AGIT SURTOUT DES STRUCTURES POLITIQUES QUI REÇOIVENT, DE DROIT UN FINANCEMENT DE L’ETAT. Œuvrons pour avoir des partis politiques pareils au Bénin et je crois que le président de la république qui en sera issu, donnera de meilleurs résultats.  Si les partis politiques répondent à ces conditionnalités, ils pourront remplacer avec beaucoup d’espoir et de résultats probants ceux qu’on invitent à déposer le tablier. Au travail donc !

Francis Z. OKOYA

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OKOYA F.

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