EDITORIAL: Si Talon quitte le coton…

A l’examen du Baccalauréat béninois session de juillet 2012, on pouvait lire parmi les questions de l’épreuve d’Histoire et de Géographie,  pour les séries C et D, tous programmes ( ancien comme nouveau) confondus, l’assertion suivante : l’agriculture est la base de l’économie béninoise. Il était demandé aux candidats de répondre par vrai ou faux.  A la fin des cette épreuve, un candidat justifiant sa réponse auprès d’un de ses camarades, disait : « Si cela n’était pas vrai, que faire Yayi dans les champs de coton depuis des semaines ?... ». Le ministre Sabaï Katé est aussi formel : « le coton représente 40% des entrées de devises, 12 à 13% du Produit intérieur Brut (PIB), environ 60% du tissu industriel national et assure un revenu à plus d’un tiers de la population ». Et moi de tirer deux conclusions suivantes : 1-c’est donc le coton qui est la base de l’économie béninoise ; 2-Si Talon quitte le coton, le coton quitte Yayi et l’économie béninoise pour un temps. Cette deuxième conclusion tire son essence dans l’information qui a circulé courant semaine dernière et qui faisait état de ce Patrice Talon prend sa retraite et quitte les affaires y compris le secteur coton.

 Je resterai redevable si je ne  réaffirmais pas, avant de continuer, la conviction partagée par plus d’un et qui résume la place de chacun dans son cercle social avec cette maxime : “Nul n’est indispensable”. Cela est vrai d’autant que d’autres ajoutent que le cimetière est plein de gens jugées indispensables. N’empêche ! Que l’on me concède au moins qu’il existe des gens qui à défaut d’être indispensables sont nécessaires ou tout au moins utiles pour telle ou telle raison à un moment donné. C’est le cas de Patrice Talon qui, je suis sûr, dans ce secteur, ne pourrait être aussi blanc que…le coton. Mais les différents actes du gouvernement depuis un certain temps fournissent la preuve de cette utilité d’un homme, du moins de son organisation pour un secteur vital de la nation. Illustrations ! C’est la première fois depuis les années 40 où le Bénin a commencé à produire le coton, que l’on réquisitionne les intrants d’une société privée sous le couvert de la raison d’Etat. C’est la première fois que le Gouvernement se voit dans l’obligation d’organiser un concours pour la meilleure production (en quantité) du coton, de mettre sur place un système de crédit spécial pour les cotonculteurs. C’est bien la première fois aussi que des militaires se retrouvent successivement  dans les rôles de “braqueurs”, d’ensacheurs, de chargeurs et de convoyeurs d’intrants coton. C’est bien la première fois que des ministres de l’Etat béninois parcourent les pays de la sous-région les suppliant pour avoir un peu d’engrais-coton. S’il est vrai par ailleurs que ce n’est pas la première fois que le Chef de l’Etat se rend dans les champs de coton, c’est quand même bien la première fois  qu’il y tient un discours du genre ” Si une bonne partie du coton n’était pas vendue frauduleusement dans les pays voisins, notre croissance connaîtrait une augmentation..” Le gouvernement béninois a-t-il déjà en pleine campagne cotonnière sollicité et obtenu un prêt d’une banque régionale ? Non sauf pour la campagne 2012-2003 où Talon et ses sociétés sont en rade.

A la lumière de tout ceci, il apparaît clairement que même si Talon n’est pas immaculé, s’il quitte le secteur coton, les toutes prochaines campagnes agricoles s’en ressentiraient, le gouvernement de Yayi prendrait un coup. C’est quand même connu qu’avant de chercher palabre à une dinde, le lézard s’assure qu’il y a un arbre à côté. Ne dit-on pas que “dent pourrie vaut mieux que bouche vide » ?

Francis Z. OKOYA

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