Editorial: Ce que le bilan du Changement n’a pas dit…

 

Editorial:

 Ce que le bilan du Changement n’a
pas dit…

Du 08 au 09 janvier 2011 le pouvoir de Boni Yayi dans tout ce qu’il comprend comme élite s’est prononcé sur ce qu’ils ont appelés les acquis le
Changement. Il s’agit en fait du bilan et secteur par secteur les gros et grands qualificatifs, les chiffres, les statistiques et des expressions comme  « …c’est la première fois
 depuis 50 ans que…. »  ont été évoqués. De tout ce qui a été dit et montré du doigt comme
réalisation du changement il y a certainement du vrai, de la vérité… mais pas LA VERITE. Le bilan du week-end dernier n’a pas livré la vérité sur les tous faits et gestes de Boni Yayi et de son
équipe depuis 2006.

Ce que le bilan du changement n’a pas dit c’est la part des projets-programmes initiés, mûris et finalisés par le régime précédent et que le
changement a mis en œuvre. Mais là n’est pas le plus important ! Le plus important si tant est qu’il s’agit d’un compte rendu de fin du mandat confié en 2006, il faut dire tout ce que le
changement a fait et ce que le changement a fait c’est aussi et surtout les scandales. Les ministres qui ont présenté le bilan ont oublié de dire que le Changement sous Boni Yayi a fait des
audits et a trouvé que des responsables de société sont indexés dans des malversations mais les ont positionnés comme députés et Boni Yayi a battu campagne pour les faire élire. Le bilan du
changement a oublié de dire que ce pouvoir de 2006 à 2010 a opéré des arrestations de personnes présentés médiatiquement comme fossoyeurs et que la justice a trouvé innocents, a voulu les
relâchées mais l’Exécutif s’y opposé. Le Bilan du changement a oublié de dire la vérité sur la gestion des fonds issus des véhicules d’occasion. Les ministres ont oublié de parler du fiasco de la
régularisation des Gsm. Koukpaki et Daouda ont oublié de dire que c’est la première fois depuis 50 ans que l’on organise un sommet ( Cen-Sad) international de quelques jours et que le pays se
retrouve avec une ardoise de 70 milliards partis en fumée dans les surfacturations, les pots de vins, les délits d’initiés. Le bilan a oublié de dire que c’est la première fois que publiquement
un pouvoir en place a été accusé d’avoir déboursé 2 milliards pour acheter un député et pour toute explication un porte parole de Boni Yayi est venu dire : «  ..il n’a pas pris 2
milliards, mais je ne dis pas qu’il n’a rien pris… ».

Les ministres ont oublié consciemment de dire à Boni Yayi que c’est la première fois depuis 50 ans que l’on voit des machines agricoles
achetées auprès de sociétés américaines en faillites par des sociétés béninoises créés pour la cause quelques mois avant et qui sont devenues inopérationnelles après quelques jours d’utilisation
sur des terres difficiles trouvées après achat avec à la clé une surfacturation de plusieurs milliards… Janvier Yahouédéhou n’est pas encore mort. Le bilan du changement a oublié de dire à Boni
Yayi que c’est son pouvoir qui a dépouillé l’Etat béninois de ses entreprises en privatisant plus que Soglo et Kérékou réunis. Les cris de détresse des travailleurs de l’hôtel Croix du Sud de la
cimenterie d’Onigbolo, de la Sonapra, de l’Onab, de l’Ocbn, de l’Opt sont encore assourdissants. Les ministres ont oublié de dire à Yayi que c’est la première fois qu’un gouvernement cafouille
dans l’attribution d’un secteur portuaire à une société privée et oblige le Chef de l’Etat a clamé devant des manutentionnaires en courroux «  c’est moi le Président de la République, c’est
moi qui suis élu… ». Ce que les ministres ont oublié sciemment de dire dans leur bilan, c’est que c’est la première fois depuis 50 ans qu’un régime a vu naître, fonctionner des sociétés
illégales, a reçu des dons de leurs responsables, a participé à leurs activités publiques pour finalement dire qu’il n’était pas au courant que ces sociétés ont spoliés des milliers de béninois
pour plus de 155,6 milliards à FCFA. Ils ont aussi oublié de dire que c’est la première fois qu’un gouvernement a été fortement accusé du
kidnapping d’un citoyen et offert le triste spectacle d’un film mal monté joué par des acteurs amateurs, irréfléchis et incrédules. Plus grave le gouvernement a été accusé d’avoir acheté des
armes pour plusieurs milliards et c’est la mauvaise répartition des ristournes qui fera l’objet des prochains déballages. Et parlant de déballages, le dossier d’attribution du marché des Scanners
pour le Programme de vérification des importations n’a pas livré encore tous ses secrets.

Ils sont oublié de dire que le quinquennat de Boni Yayi est celui de tous les scandales et si ce dernier doit en répondre ne serait qu’en
simple responsable, ses ministres doivent se reconnaître coupables. Ils ont oublié mais le peuple n’a pas oublié…


Francis Z. OKOYA

 

VISAGES DU BÉNIN

Visages du Bénin est un média d’informations générales mis en ligne depuis 2009 et dirigé par le journaliste béninois Francis Z. OKOYA. La rédaction de Visages du Bénin animée par des professionnels et soutenue par ses différents correspondants, propose toute l'actualité sur le Bénin et ouvre une large fenêtre sur le reste du monde. Restez connecté avec nous, restez informé.

1 Comment

  • Ils ont oublié tellement de choses. Mais je les comprends. Ils ne peuvent que dire du bien d’eux-mêmes. “ME DE MLON DO AWU ETON BO NON WLE ADIDE DEME”. Seulement le devoir de vérité exige que la
    VERITE qu’ils ont omis de dire transparaisse et reste au coeur des béninois pour que cette gestion calamiteuse fasse long feu. Sinon, le gouffre, déjà béant à leur arrivée, se creusera jusqu’à
    nous étouffer. C’est notre rôle en tant que sociologue et le tien encore plus, avec ton manteau de sociologue-journaliste, de tirer sur la sonnette d’alarme pour que le pire n’arrive point.

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