Editorial: De la gourmandise des enseignants

Du haut de la Tribune

De la gourmandise des enseignants

A lire ou écouter le communiqué signé du Secrétaire Général de la Présidence de la République pour le compte de l’ensemble du Gouvernement du docteur Boni Yayi, il n’y a pas de doute : Les
enseignants sont gourmands trop gourmands. Comment comprendre que des dizaines de milliards leurs soient consacrés spécialement depuis deux ou trois ans et ils osent encore demander plus en
grevant. Le chef de l’Etat a donc des raisons de se fâcher, de piquer une colère noire face à la   menace d’une année blanche. ». Toutefois, il y a beaucoup de non-dits. Le
premier, les syndicats membres du Front des trois ordres d’enseignements ne disent pas haut qu’ils sont conscients que l’Etat ne peut donner de manière simultanée satisfaction à toutes leurs
revendications. A contrario, le second non-dit est que le Front reste convaincu que le Gouvernement du changement peut encore beaucoup faire en leur faveur même s’il dit se retrouver dans la peau
d’un général au front dont les munitions sont terminées. Il y a en effet des décisions prises et mises en application depuis les premières heures du changement qui font que l’Etat béninois à des
ressources financières illimitées.

L’un des tous premiers conseils des ministres a consacré la multiplication par 3 du salaire des ministres de Boni Yayi.  Kérékou avait accepté doubler les 426.000 Francs Cfa des simples
ministres  et les 534.000 des ministres d’Etat à condition que la mesure soit étendue aux membres des cabinets ministériels puis aux travailleurs à la base. La commission interministérielle
présidée par Bruno Amoussou a dû rengainer.

Puis il a y eu la création des ministères et institutions dont la nécessité du statut reste à prouver. Leur point commun à tous : ce sont des missions 300 jours sur 365. Des directions se
sont retrouvées du jour au lendemain ministères. De la quinzaine ou vingtaine de ministères on en est à 33 aujourd’hui. Donc il y a de l’argent pour les fonctionner.

Par ailleurs, alors que des jeunes gens sont envoyés au champ par la force de la mécanisation agricole avec un fort battage médiatique et rentrent chez eux s’asseoir sans autre témoin que des
personnes de la trempe du député janvier Yahouédéhou, on crée pour des vieux retraités de 80 ans, des fonctions à près de 4 ou 5 millions le mois toutes charges comprises. A force de savoir
bomber le torse, les médecins ont pu arracher 100.000 francs Cfa de prime mensuelle pour les risques liés à leur métier. Les enseignants du Supérieur ont compris la leçon. Pas moins de 11
milliards leur seront consacrés à partir d’octobre 2010.

Et puis pas aussi loin que ça on a pu retenir que finalement dans la ” Cen-Sad Gate”, seulement deux ou trois milliards ont été surfacturés et pour ça, il y a eu des responsables mais point
des coupables. Les soupçons du député de Covè cité plus haut sur la qualité et le prix réel des machines agricoles écrits noir sur blanc sous forme de questions au Gouvernement n’ont pas encore
trouvé réponse.

Entre temps, les têtes couronnées, les religieux  voient leur groupe voler en éclat du fait d’un mauvais partage des centaines de millions de la manne du Palais de la République. Des clans
se sont formés chez les artistes  du fait du milliard culturel.

Et les enseignants voient entendent, apprécient. Ils ont ouï dire qu’il y a un marché aux députés où beaucoup de millions circulent. Ils ont vu la Sonapra vendue, l’Ocbn… Ils ont vu un avion
présidentiel, retapé à 5 milliards pour voler seulement quelques heures avant de retourner chez ‘‘réparateur” pendant ce temps, le Prégo se déplace en hélicoptère d’une ville à l’autre du pays,
‘’l’avion-stop’’ continue.

Et dire qu’il n’y a pas d’argent dans le pays. Cela semble  vrai mais le train de vie du changement laisse croire le contraire aux enseignants grévistes. Ils sont gourmands peut-être, mais
quelqu’un leur a aiguisé l’appétit.

Par Francis Z.OKOYA

VISAGES DU BÉNIN

Visages du Bénin est un média d’informations générales mis en ligne depuis 2009 et dirigé par le journaliste béninois Francis Z. OKOYA. La rédaction de Visages du Bénin animée par des professionnels et soutenue par ses différents correspondants, propose toute l'actualité sur le Bénin et ouvre une large fenêtre sur le reste du monde. Restez connecté avec nous, restez informé.

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