EDITORIAL: Faire l’opposition pour faire vivre les autres


La problématique de l’existence, de la présence et du rôle de l’opposition au Bénin s’est posée de façon accrue dès les lendemains du deuxième mandat de l’actuel
locataire du Palais de la Marina. Cette problématique est revenue sur le tapis lorsque justifiant son entrée dans le nouveau bureau de l’Assemblée nationale 6ème Législature, le parti de la
Renaissance du Bénin a laissé entendre qu’il s’agissait d’une réponse à la main tendue de Boni Yayi. Les feux de l’actualité  venus confirmer l’appartenance des renaissants à la mouvance
plurielle ( journées de réflexion et lettre de démission de la Rb de l’U.N) et ceux du 3ème congrès du Parti du Renouveau Démocratique ne sont pas encore totalement éteints. Or aussi paradoxal
que cela puisse paraître, c’est Epiphane Quenum de la Rb et un confrère de télévision privée, qui ont soulevé à nouveau le problème en laissant entendre que coûte que coûte, Houngbédji et son
parti doivent rester dans l’opposition. Pour ce qui me concerne, les acteurs politiques concernés sont seuls à décider quand, pourquoi et comment rester ici ou là-bas.

Mais ceux qui réclament à cor et à cri une opposition virulente, oublient que la chose serait plus facile si le système de gestion politique et l’esprit
démocratique des hommes et femmes au pouvoir étaient autre.

Pour ce qui est du système de gestion politique, ceux qui ont dit que le statut de l’opposition se résumant à l’octroi de véhicules, de gardes corps, de chauffeurs
ou de places réservées lors des manifestations ne vaut pas la peine ont, à mon avis, tout dit. La chose semble d’autant plus juste lorsque Houngbédji ajoute qu’un poste au gouvernement et le
dialogue social ne sont pas synonymes. Pour l’essence de la démocratie, il faut et j’en conviens parfaitement, une opposition politique. Mais pourquoi vouloir et forcer les autres à faire de
l’opposition dans un système de gestion politique où des responsables et pas des moindres déclarent à leurs administrés que si on ne vote pas une telle liste, ou si on ne change pas de veste pour
aller à la rivière, la localité mourra faute d’infrastructures, que les cadres positionnés retourneront au chômage ? Pourquoi vouloir et forcer les autres à faire de l’opposition dans un système
de gestion politique où tout se passe comme si seuls les contribuables de la mouvance au pouvoir paient les impôts ou que le Chef de l’Etat finance de sa poche les Programmes d’investissement
public ? Mais pourquoi vouloir et forcer les autres à faire de l’opposition dans un système de gestion politique où parce que vous avez émis une opinion contraire à celle de la grande masse au
bureau, vous faites l’objet d’une affection punitive ? Mais pourquoi vouloir et forcer les autres à faire de l’opposition dans un système de gestion administrative  où le directeur, le tout
puissant chef d’une administration publique est beaucoup moins diplômé, moins gradé et surtout moins expérimenté que ses subordonnés  qui ont pour tout mérite, leur carte de fidélité du
parti au pouvoir? Pourquoi vouloir et forcer les autres à faire de l’opposition dans un système de gestion économique où des entreprises perdent des marchés publics simplement parce qu’on a vu le
patron à une manifestation de l’opposition ? Mais pourquoi diantre vouloir et forcer les autres à faire de l’opposition dans un système de gestion politique où le financement des partis
politiques est une chimère ? A ce propos justement, il est aisé de constater que les syndicalistes sont plus constants sur la scène sociale, mieux organisés dans les protestations,
manifestations. Il en est ainsi pour deux raisons : la 1ère, les organisations syndicalistes bénéficient des subventions de l’Etat et la seconde, les “camarades” cotisent régulièrement. Les
syndicats ont donc les moyens de leurs politiques. Parallèlement et généralement, au sein des partis politiques de l’opposition, où les acteurs n’ont pas de marchés publics, de cumul de frais de
missions et d’indemnités diverses, des enveloppes de commissions, seuls le Chef de parti et quelques militants financent les activités à hauteur de leurs bourses et ce, tant que ladite bourse
tient. Tout s’arrête quand, les responsables politiques sont fatigués de mettre l’argent de la popote ou de l’avenir de leur descendance à disposition pour les marches, les conférences de presse
et les déclarations de l’opposition. L’opposition politique à mon avis  se retrouve dans les observations, les critiques et les propositions concrètes  sur la révision de la
Constitution, le PVI, le projet de loi sur la grève….

La question de l’opposition au Bénin est de savoir, s’il faut être opposant simplement pour permettre au camp d’en face de justifier ses actes et de continuer à
vivre et à se la couler douce.


Francis Z. OKOYA

 

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