Editorial: Yayi ou l’art de la distraction politique

Nous  ne pensions pas si bien dire quand nous écrivions, il y a quelques jours,  sur cette même page,  que le
président Boni Yayi est un artiste politique confirmé. Les dernières actualités viennent appuyer à souhait cette analyse.

Les dernières décisions prises au plus haut sommet de l’Etat, démontrent à suffisance que Boni Yayi maîtrise à la perfection l’art de la distraction politique.
Tenez ! Alors que le gouvernement et son Chef faisaient l’objet d’attaques frontales de la part des diverses personnalités socio-économiques et politiques y compris dans les rangs de la
mouvance présidentielle face aux intentions de réviser le contrat du PVI liant l’Etat à Bénin Control, l’Exécutif crée de toutes pièces une fronde avec les enseignants à propos des primes de
revalorisation de l’indice salarial. Pendant deux lunes tout entières, tout le pays s’est consacré à cette crise, tout le pays sauf le Chef de l’Etat qui préparait en douce, les modalités de
remise en cause du contrat. Et dès qu’il  l’a fait et pour couper court à toutes réaction des pro-PVI, la révision de la Constitution apparaît dans un ordre du jour des travaux
de l’Assemblée nationale. C’est le branle- bas au sein de la classe politique et de la Société civile. Conférence de presse, déclarations publiques, animation des débats sur les plateaux de
télévision et dans les studios des radios se succèdent. Alors qu’une fronde parlementaire voit le jour au sein des députés Fcbe sur la question de la révision, le  Chef de
l’Etat fait un remaniement technique, saute le ministre des finances et le Directeur général du Trésor aux motifs qu’ils ont payé les professionnels du coton sans l’avis du Gouvernement. Les
observateurs n’avaient pas fini d’analyser ces derniers actes, quand Boni Yayi s’est demandé si le coton produit correspond aux subventions reçues de la part de l’Etat. Nouveau champ de
théâtre : commission internationale, tiraillement Aic-commission Uemoa et ministère de l’agriculture. A l’atterrissage, Patrice Talon maître des importateurs des intrants pour le coton est
gardé à vue 48 heures. Une frange de la population se soulève. La police disperse au gaz lacrymogène. Au soir de la libération de Talon accueilli en triomphe comme un vainqueur, Boni Yayi tue
cette actualité dans l’œuf en déclarant à la télévision, avoir demandé le retrait du projet de loi sur la révision de la Constitution. Et alors que les commentaires vont train sur le sujet, le
Chef de l’Etat dissout l’Association Interprofessionnelle du Coton, formate le ministère de l’agriculture et annonce la reprise en main du secteur cotonnier par le Gouvernement. Et je parie
qu’avant que les responsables et membres de l’Aic ne finissent leurs réflexions sur la conduite à tenir et la réaction à opposer au pouvoir, Boni Yayi aura créé un autre centre d’intérêt dans
l’opinion publique.

Chapeau bas l’artiste !

Francis Z. OKOYA

 

 

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