Edito: Une fête pour l’armée, un procès pour les infirmiers…

Edito: Une fête pour l’armée, un procès pour les infirmiers…

Journée chômée et payée en l’honneur de l’armée nationale. Près de 3 à 4 milliards de FCFA de manque à gagner pour le trésor public juste pour rendre hommage à un
corps de métier qui représente à peine 1% de la population. S’ajoutent les autres centaines de millions engloutis dans l’organisation du défilé du 28 janvier 2011. Ne parlons pas des cocktails et
autres orgies prévus dans le cadre de cette célébration spéciale de l’armée. A l’opposé, diète et régime sec pour les infirmiers pour qui la République n’est pas prête à débourser le moindre
kopeck en prime de risque. En plus donc d’être privé de ces modiques primes, les agents de santé doivent subir une procédure judiciaire de la part du gouvernement-employeur. Tant pis si les
hôpitaux publics sont désertés par leur personnel en grèves perlées depuis plusieurs semaines et si les populations sont privées de soins. A tous les patients en souffrance dans les couloirs des
centres hospitaliers paralysés, le docteur-président dédie un défilé militaire qui se veut grandiose et fastidieux.

Ce n’était pas assez pour les émergents d’opposer le sud contre le nord à travers l’instrumentalisation des chefferies traditionnelles à des fins politiciennes. Pas
assez de faire marcher des populations, des chefs traditionnels contre les députés hostiles à la politique gouvernementale. Pas assez de laisser l’appareil d’Etat dans les mains d’évangélistes
fortement impliqués dans des actes d’escroquerie notoire au risque de frustrer plusieurs congrégations religieuses. Il fallait, en plus, opposer des catégories professionnelles à d’autres à
travers les disparités de primes d’un ministère à un autre voire à l’intérieur d’un même ministère. Les infirmiers n’ont de cesse de décrier le fait que la prime de risque du médecin soit 15 fois
plus élevée que la leur. Mais la fin de régime débouche sur un autre glissement hautement plus préoccupant à savoir l’opposition entre l’armée et d’autres couches et catégories
socioprofessionnelles. C’est dans les rues de Cotonou que l’on a observé le déploiement de chars d’assaut en dissuasion à une manifestation organisée par des associations de défense des droits de
l’homme et des centrales syndicales.

Le début de la précampagne électorale vient révéler une nouvelle stratégie, grand classique de tous régimes autocratiques à savoir la confusion entre le pouvoir
politique et la force armée. Histoire pour le docteur-président de s’identifier à la puissance militaire. En direct, sur presque toutes les chaines de télévision, le chef suprême des armées
simule une allégeance des généraux par le truchement d’un défilé militaire venu de nulle part, la veille d’une déclaration de candidature à la présidentielle. Avec l’espoir qu’à la fin, les
Béninois retiendraient cette sulfureuse concomitance entre l’allégeance des militaires et celle de l’armée des courtisans émergents, le tout en un même week-end. En sus, ce message musclé de
puissance et de force à tous les apprentis démocrates qui s’émeuvent des forcings à répétition de la Cour constitutionnelle dont les membres doivent tous leur élévation à la dignité de sages de
la République au candidat-président.

La Marina sait qu’il lui faut plus que des prestidigitations inaudibles des membres de la Cour constitutionnelle pour se sortir de l’impasse sociopolitique qui se
profile à l’horizon du 06 avril 2011 au cas où le processus électoral n’aboutirait pas. Malheureusement, quelques godasses neuves et une journée chômée et payée ne suffisent pas à faire d’une
armée de métier, de devoir et d’engagement citoyen comme celle du Bénin, un instrument de légitimation d’un complot contre la démocratie. A plusieurs reprises, le général Mathieu Boni et ses gars
ont démontré qu’ils sont loin d’être des guignols à la disposition de l’Etat-Fcbe.

Un défilé militaire n’est pas un bulletin de vote !!!

 

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