ENQUETE: Le vrai visage de la gratuité sous le régime Boni Yayi

ENQUETE DANS LES Enseignements maternel et primaire au Bénin

Le vrai visage de la gratuité sous le régime Boni Yayi

Le gouvernement du Bénin avec son chef et les chantres du système ne ratent aucune occasion pour démontrer que le géniteur du ‘’Changement’’ a fait le bonheur des enseignements maternel et
primaire en décrétant la gratuité des enseignements maternel et primaire. Seulement, la réalité du terrain révèle que le pouvoir du changement fait moins que ce qui était fait avant son avènement
et un risque de paralysie de l’école est à craindre à la rentrée d’octobre 2010.

La constitution du 11 décembre 1990 de la République du Bénin a consacré la gratuité progressive de l’enseignement de
base, c’est-à-dire la gratuité progressive des enseignements maternel et primaire. Conformément donc à cette disposition constitutionnelle, le gouvernement du président Boni Yayi, à son
avènement, subventionne les écoles maternelles et primaires à concurrence de 3.000fcfa par enfant et à raison de 50 enfants par classe. En terme clair, le gouvernement apporte 150.000fcfa par
classe aux écoles maternelles et primaires. Donc, les écoles primaires qui ont six groupes pédagogiques bénéficient d’un apport de 900.000fcfa environ par an. Car, dans des meilleurs cas,
certaines écoles ont environ 960.000fcfa. Au-delà de cet appui direct aux écoles, il y a les crédits délégués mis en place au niveau des communes dans le cadre de la décentralisation pour
entretien et équipement de certaines écoles. Par ailleurs, il convient de reconnaître la poursuite des efforts de construction des salles de classe sous le règne du Changement. Et voilà le vrai
visage de la gratuité des enseignements maternel et primaire au Bénin à l’avènement du président Boni Yayi.

 

Ils avaient aussi fait pour l’école béninoise

et pourtant…

Avant le pouvoir du changement, les régimes défunts n’ont pas oublié, pour autant, l’école béninoise. Ils avaient aussi
fait pour l’école béninoise sans que cela ne soit au centre de tous les débats aux fins de faire croire aux populations que cela c’est la première fois que se passe au Bénin. La gratuité
progressive exigée par la constitution du Bénin a commencé donc avec le président Nicéphore Soglo. C’était les filles des écoles des zones rurales qui sont exonérées du droit d’écolage. Cette
mesure a été étendue les années suivantes aux filles des écoles des zones urbaines. Après le pouvoir du président Soglo, la marche de la gratuité de l’enseignement de base s’est poursuivie avec
le pouvoir du président Mathieu Kérékou. Car, la gratuité de l’école a été l’un des termes de campagne du candidat Adrien Houngbédji à la présidentielle de 1996, candidat grâce à qui le
général  Kérékou a été élu par le jeu des reports de voix. Désormais, le gouvernement apporte aux écoles maternelles et primaires une subvention de 3.000fcfa par enfant et quel que soit le
nombre d’enfants dans la classe dans le cadre de la gratuité de l’école ont expliqué des directeurs d’école. Pour étayer leurs propos, certains directeurs ont laissé entendre que les preuves
existent au niveau des Caisses locales de crédit agricole et mutuel (CLCAM) où les subventions sont logées. Certes, comparaison n’est pas raison. Seulement, il est évident de constater que le
régime de Kérékou apportait plus aux écoles que le régime de Boni Yayi. Car, hier comme aujourd’hui les effectifs ne plafonnent pas à 50 enfants. Il existe des classes de plus de 50 élèves dans
beaucoup d’écoles au Bénin. Par ailleurs, au temps du président Kérékou, il est apporté, sous forme de subvention aux Associations des parents d’élèves pour la prise en charge des frais de
vacation, à chaque établissement d’enseignement secondaire une somme de 4.000fcfa par enfant quel que soit le nombre d’enfants dans l’établissement ont indiqué les acteurs du système. Outre cet
apport direct, il était institué aussi des cantines gouvernementales pour soutenir les écoles des milieux les plus vulnérables ont indiqué plusieurs responsables du système scolaire béninois.
C’est dire donc que la gratuité de l’enseignement de base a une histoire et ses fondements ne se rattachent guère à l’avènement du pouvoir du Changement.

 

Gratuité de l’école, bientôt source de paralysie

La rentrée d’octobre 2010 risque d’être un peu mouvementée. Et pour cause. Les syndicats des enseignements maternel et
primaire menacent déjà. A l’origine des menaces, se trouve la gratuité décrétée par le pouvoir du Changement. Les enseignants veulent stabiliser désormais à 50 enfants les effectifs dans les
classes indiquent des sources syndicales. Cela pour être plus en phase avec les mesures de gratuité du gouvernement Boni Yayi ont indiqué les mêmes sources. Elles précisent par ailleurs que les
enfants seront renvoyés une fois que le plafond de 50 élèves par classe serait atteint. Cette mesure se justifie, selon les mêmes sources, par le fait que, pour s’opposer aux revendications des
enseignants lors des grèves de janvier-mars 2010, le gouvernement claironne partout la gratuité des enseignements maternel et primaire. C’est dire que la gratuité de l’école telle qu’elle est
présentée à l’ère du Changement risque d’être une source de paralysie de l’école dans les jours à venir.

Vincent LEZINME

 

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Le vra …

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