Enseignement supérieur: Le Synarès contre les «mesures scélérates» du Séminaire-Atelier de Bohicon

 Enseignement supérieur: Le Synarès contre les «mesures scélérates» du Séminaire-Atelier de Bohicon

LOGO UACLe séminaire-atelier organisé par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique sur la mise en œuvre du système Licence-master-doctorat (LMD) a accouché d’une souris à en croire le Syndicat autonome de la Recherche et de l’enseignement Supérieur (Synares).

Dans un communiqué en date du 19 septembre signé par le Secrétaire général, Professeur Fulgence Afouda, le Syndicat s’est insurgé contre les résolutions de la rencontre de Bohicon qui seraient des « mesures scélérates » d’une « parodie » de séminaire. Lire ci-dessous l’intégralité du communiqué publié à cet effet par le Synarès.
Par Yao Hervé Kingbêwé

                                                      CSTB                                                                                                        

SYNDICAT AUTONOME DE LA RECHERCHE ET DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR (SYNARES)

03 BP 0803 COTONOU. Tél. 97 60 35 26 / 96 24 31 71

Séminaire-Atelier du MESRS sur le LMD : une parodie d’atelier pour imposer des mesures scélérates au peuple et à sa jeunesse !

Du mardi 13 au vendredi 16 septembre 2016 s’est tenu à l’hôtel Nifur à Bohicon le Séminaire-Atelier avec pour thème : «Le système LMD au Bénin, six ans après : bilan et perspectives ».

Trois temps forts ont marqué ce Séminaire- Atelier :

–          Les communications des experts

–          Les travaux en atelier

–          Les conclusions et recommandations

Les communications ont permis de rappeler les principes, exigences et conditions de mise en œuvre du nouveau système, de faire un état des lieux de la mise en œuvre du système.

La présentation du rapport d’évaluation de l’expert UEMOA 2015 a conforté  l’état des lieux fait par nos nationaux et permis de conclure que le diagnostic est  crédible.

Toutes les communications assorties de recommandations ont permis d’aller dans les ateliers pour approfondir le diagnostic et améliorer les solutions par la méthode SWOT. Malheureusement, les consignes du gouvernement, transmises par le DC, Président du présidium, ont tout verrouillé : “il ne s’agit pas de remettre en cause le système“. De la sorte, solutions et recommandations devront être logées dans ce carcan-là.

Ainsi, malgré les constats sans appel du non-respect des normes et principes, malgré un état des lieux peu favorable à la poursuite du système dans les Établissements d’Enseignement Supérieur à gros effectifs, malgré les incompréhensions manifestes remarquées d’une institution à une autre dans la mise en œuvre, il faut s’en tenir à la consigne donnée : on ne remet pas en cause le système. Ô consigne inhibitrice pour des propositions hardies à la mesure de la situation !

Même la Flash qui concentre tous les avatars du système doit poursuivre.

–           37082 étudiants (40% de l’effectif de l’UAC) pour un ratio d’un enseignant pour 252 étudiants et les difficultés d’encadrement et de logistique qui en découlent.

–          Pas de formation de la majorité des enseignants aux nouvelles méthodes d’enseignement, d’évaluation.

–          La mutualisation des salles de cours consécutive à l’insuffisance des infrastructures aggrave les conditions d’apprentissage et garantit les échecs massifs avec un taux de réussite à peine supérieur à 10-15% au lieu de celui supérieur à 60% attendu du système.

Pour tout esprit objectif, scientifique, il ne fait de doute que la Flash mérite plus qu’une suspension du système,mais de mûres réflexions pour savoir comment y conduire le nouveau système.

Les ateliers ont pris l’allure de formation des formateurs, à charge pour chacun d’aller restituer dans son université.A la surprise générale, c’est ici qu’on découvre ce qu’on devrait mettre dans les offres de formation, ce que doivent être les travaux personnels de l’étudiant ( TPE), comment devrait-on faire les évaluations en faisant économie de temps et en donnant plus de possibilité à la réussite, comment s’organiser pour réussir la professionnalisation et l’employabilité, ce qu’est la remédiation et l’impérieuse nécessité de faire le rattrapage, appelé hypocritement 2ème chance (comme s’ il y avait une première !).

Les ateliers ont aussi permis de préciser l’importance du financement du nouveau système, financement auquel la participation de l’État béninois reste attendue. Des propositions hardies de recherche de financement ont été faites, allant jusqu’à la taxation des GSM. Dans cette quête effrénée de financement, il a été proposé de faire passer les frais d’inscription de 15000 à 50000 Frs, sous le prétexte que l’Université coûte cher et qu’il faut mettre fin à la gratuité ! Dans notre pays où le SMIG est à 40000 Frs et où l’indice de pauvreté est élevé, cette proposition est tout simplement scandaleuse, indigne. Même si l’arbitrage viendra du gouvernement, elle est peu réaliste et plutôt provocatrice.

Au chapitre des recommandations, il faut noter la plus lourde qui concerne le rôle de l’État et son engagement à financer le nouveau système : sans la volonté politique et l’importance à donner à l’Enseignement supérieur, tout risque d’être vain. Effectivement, enseigner, apprendre, évaluer, gérer autrement impliquent formation, recrutement, restructuration, équipement, amélioration des conditions d’étude des apprenants, etc. avec un coût.

Des opportunités existent comme par exemple les différents collectifs des docteurs qui alignent 320 candidats à recruter et dont les dossiers sont en attente.

Pour une mise en œuvre correcte du LMD, outre le financement il y a nécessité de disposer d’une structure nationale faîtière, composée d’experts qualifiés en pédagogie Universitaire, chargée de l’assurance qualité, avec démembrement dans les Universités et dans les établissements Universitaire.

L’afflux massif dans les Universités est la conséquence normale de la politique gouvernementale avec le slogan tous les enfants à l’École, en l’absence criarde d’écoles techniques et professionnelles suffisantes. C’est à l’État de mener une politique en cohérence avec les trois ordres d’Enseignement pour éviter les goulots à l’entrée des Universités.

La norme LMD c’est la remédiation et la session de rattrapage. Cela s’impose à tous les établissements y compris la Flash, même si, à tort,les autorités de cette entité veulent l’assortir de critères d’accès !

Que retenir du Séminaire ?

Le diagnostic des experts est clair et sans appel, ce sont les conclusions et recommandations qui sont biaisées du fait de la fameuse consigne gouvernementale reçue: “il ne s’agit pas de remettre en cause le système“

Or, l’expérience des NPE devrait nous instruire tous : masquer la réalité ne sert à rien ; la découvrir plus tard n’en sera que plus douloureux.

Tout au long de cette parodie d’atelier, la délégation du SYNARES et beaucoup d’autres voix se sont élevées contre ces mesures. Il reste au peuple et à sa jeunesse de poursuivre le combat.

Non à la poursuite aveugle du LMD !

 Tous ensemble, luttons contre la catastrophe programmée !

Cotonou le 19 septembre 2016

Pour le Bureau Exécutif,

Le Secrétaire Général

Pr AFOUDA Fulgence

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