Fronde sociale: L’autre manche des revendications

Fronde sociale:
L’autre manche  des revendications
Lundi dernier les travailleurs de tous secteurs réunis au sein de la Centrale des Syndicats des Travailleurs du Bénin a organisé une géante marche de
protestation à travers la ville de Cotonou. Voici le texte de leur motion de protestation

MOTION DE PROTESTATION

A MONSIEUR LE MINISTRE DE L’ECONOMIE ET DES FINANCES

Devant la situation sociopolitique nationale marquée par une crise multidimensionnelle aigüe avec la fracture sociale ouverte qui s’en
est suivie depuis plusieurs mois, et face à un pouvoir démissionnaire qui use de roublardise et du dilatoire pour ne pas discuter sérieusement les problèmes des travailleurs, les
Confédérations ; centrales et autres organisations syndicales de notre pays avaient organisé une grève de quarante huit heures largement suivie les 28 et 29 Juillet 2009 et une marche
gigantesque de protestation à travers la ville de Cotonou le 30 juillet 2009. Ces glorieuses manifestations avaient amené le pouvoir dit de changement à révéler au grand jour sa vraie nature.
Déjà surpris en flagrant délit de compter dans ses rangs des promoteurs actifs de la corruption et de pilleurs des ressources nationales, il voulut s’attaquer aux libertés civiles du peuple et au
droit syndical pour faire taire tous les défenseurs de la transparence politique et de la bonne gouvernance. Le gouvernement utilise même les menaces et les intimidations pour étouffer toute
velléité de manifestation de mécontentement. Depuis lors, les revendications des Travailleurs s’accumulent sans aucun souci du Gouvernement à tenter la moindre résolution. La lutte des
travailleurs ne fait que se développer, contraignant le Gouvernement dit du changement à solliciter à la fois, avec empressement et arrogance, une trêve sociale et l’intervention du Fonds
Monétaire International (FMI) et la Banque Mondiale (BM). Sur trente départements Ministériels, plus de la moitié sont aujourd’hui en grève pour diverses revendications laissées en jachère.
Incapable de tirer leçon du passé sociopolitique de notre pays qui n’a jamais connu une agitation sociale aussi exacerbée, le gouvernement qui prône du bout des lèvres « une prospérité
partagée », tergiverse, affiche un profond mépris vis-à-vis des syndicats, menace et opère des défalcations injustifiées sur salaire pour fait de grève légitime et licite. Au lieu de
chercher à apaiser une tension sociale qui ne cesse de se dégrader au fil des jours, le gouvernement continue de multiplier les actes de provocation en préférant déférer aux diktats des marchands
d’illusions du Fmi et de la Banque Mondiale, ces vendeurs de tensions sociales et déstabilisateurs des politiques nationales. Ils sont en délégation qui séjourne depuis le 11 Mars 2010 dans notre
pays en vue de négocier en nouveau Programme d’Asservissement du Peuple (PAP) en lieu et place des Programmes d’Ajustement Structurel (PAS) déjà dénoncé et détruit par les vrais travailleurs en
lutte. Le peuple travailleur, qui, à genoux, se bat contre l’érosion de son pouvoir d’achat, proteste avec véhémence contre cet état de choses qui tend à le replonger dans le passé lugubre d’une
politique affameuse au profit des ajustements qui confortent le capital dans sa position de prédateur de fruits de son labeur et de la démocratie.

C’est pourquoi, les travailleurs béninois, en particulier ceux organisés au sein de la CSTB, CSA-BENIN, CGTB et COSI exigent : 1-
l’arrêt des lâches discussions qui ont lieu actuellement entre le Gouvernement et le FMI pour faire payer aux salariés les coûts de la mauvaise gestion des ressources nationales par le pouvoir
dit de changement ;

2- la publication des résultats des audits, aux fins de faire rendre gorge aux pilleurs de l’économie nationale ;

3- l’arrêt des violations des libertés démocratiques, notamment syndicales ;

4- la satisfaction immédiate et sans condition des revendications majeures des travailleurs, à savoir :

 l’arrêt de la remise en cause de la souveraineté nationale de notre pays, le Bénin ; 

 l’arrêt de la remise en cause des acquis des travailleurs et le paiement des divers avantages dus ;

 l’arrêt des injustices dans l’octroi des différents
avantages  
 l’arrêt de la hausse constante des prix de l’électricité, de l’eau, des produits
pétrolier etc ;

 l’arrêt des privatisations des entreprises publiques viables telles que Bénin  Télécom SA, SBEE-SONEB, PAC, SOBEMAP, SONACOP, OCBN, etc et la vente des actions du
complexe Cimentier d’Onigbolo ; .

 l’arrêt de la mise à l’index mensongère des travailleurs innocents pour mauvaise gestion ;

 le rétablissement des travailleurs de l’Hôtel PLM-ALEDJO dans leurs droits spoliés par Mme Olga da SILVA reconnue pilleuse des ressources de l’Ex Hôtel Croix du
Sud.

Fait à Cotonou, le le 22 Mars 2010

Les participants 

 

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OKOYA F.

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