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Interdiction d’accès aux prisons en période de Covid-19 : Les Ong s’inquiètent pour les détenus mineurs

La vie carcérale des enfants en cette période de Covid-19 préoccupe les Ong. C’est le sens de la conférence de presse qu’elles ont animée, hier mercredi 10 février, au siège d’Esam-Ong à Cotonou. Il s’agit de la cinquième d’une série de six dans le cadre du projet d’appui au plaidoyer des Organisations de la société civile (Osc) pour la protection des enfants au Bénin, avec le soutien de l’Unicef.

Les Organisations non gouvernementales se préoccupent du sort des mineurs en conflit avec la loi dans un contexte de Covid-19. C’est la problématique, objet de la conférence de presse qu’elles ont donnée, ce mercredi, afin d’attirer l’attention des pouvoirs publics sur les dangers auxquels les détenus, notamment les enfants sont exposés.
Pour les conférenciers, les restrictions à l’accès des maisons d’arrêt créent plus de problèmes qu’elles n’en résolvent : « Beaucoup d’enfants sont détenus dans des espaces exigus et surpeuplés et n’ont pas accès à des services appropriés de nutrition, de santé et d’hygiène. De telles conditions de détention sont extrêmement favorables à la propagation de maladies comme la Covid-19. Une épidémie est donc susceptible de se déclarer à tout moment dans ces structures ».
Tout en insistant sur la vulnérabilité des enfants détenus en cette période de crise sanitaire, ils relèvent comment la situation fait le lit des abus et viole les droits de l’Homme: « Les enfants détenus sont plus vulnérables à la négligence, aux maltraitances, à la torture et à la violence liée au genre si durant la pandémie où les mesures prises pour l’endiguer provoquent un manque de personnel ou de protection, les intervenants extérieurs comme les Osc, les familles n’ont plus accès aux prisons et aux enfants détenus ».
Ils font référence aux textes internationaux auxquels le Bénin est partie, notamment la Convention internationale des droits de l’enfant des Nations Unies de 1989 pour implorer la flexibilité de l’Etat sur les mesures conservatoires.
Selon Erick Hachémè, spécialiste des droits de l’Homme, lesdites mesures doivent être plutôt appréciées sous l’angle de la protection de la santé communautaire et de celle des droits de l’Homme. Au nombre des dispositions prises pour mieux asseoir la riposte dans les lieux de détention, il évoque le renforcement du plateau technique, le recrutement des psychologues et autres spécialistes de santé, la mise en place des numéros spéciaux pour l’écoute, l’assistance et le suivi des personnes en détention.
Toutefois, les solutions de l’Exécutif ne suffisent pas aux yeux des Osc. Elles souhaitent que l’Etat les associe à la prise des mesures afin de soulager les détenus pendant la Covid-19.
« Nous exhortons le gouvernement et les autorités pénitentiaires à trouver une solution souple permettant notre accès dans les prisons afin de protéger les enfants privés de liberté durant la pandémie », lance Philibert Tossou, représentant l’Ong ‘’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (Acat-Bénin).
Rien n’est encore perdu. L’Etat est dans l’action pour offrir de meilleures conditions carcérales aux détenus. Que chacun puisse jouer sa partition à son niveau pour accompagner ces efforts, recommande Erick Hachémè.
Les actions concertées des pouvoirs publics et de la société civile apporteront sans doute de l’espoir aux détenus en cette période sensible de crise sanitaire mondiale.
Par Maryse ASSOGBADJO, La Nation
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