L’alcool, bon ou mauvais pour la santé ? Les vraies réponses aux idées reçues

Chaque année, 13,7 litres d’alcool pur sont consommés par habitant en France ; au Québec, on avoisine les 8,2 litres. Selon l’OMS,
 cette consommation entraînerait tous les ans la mort de 2,5 millions de personnes dans le monde. Des études montrent cependant régulièrement les bienfaits de l’alcool… Alors, l’alcool, bon
ou mauvais pour la santé ?

Le vin, bon pour le coeur ?

VRAI – De nombreuses études ont mis en avant cet effet protecteur de l’alcool : le risque d’affection cardiaque diminuerait de 20 à 30% en buvant en moyenne deux verres d’alcool par
jour1.

Il permettrait de prévenir les infarctus dus à la formation de caillots dans les artères. L’éthanol, contenu dans le
vin, augmente la concentration du « bon cholestérol » dans le sang (cholestérol HDL) et dissout le « mauvais cholestérol » (cholestérol LDL) se fixant sur les parois des
artères2. En outre, l’alcool fluidifie le sang en réduisant l’agrégation de plaquettes, à l’origine de la formation de caillots3.

La réduction du risque n’est pertinente que pour les adultes d’âge moyen voire avancé, qui sont à risque de cardiopathies. De plus,
au-delà de deux verres par jour, le risque augmente et dépasse rapidement celui d’un abstinent.

 

La bière protègerait-elle de l’ostéoporose ?

VRAI – Une consommation modérée de bière réduirait les facteurs de risque d’ostéoporose. Cette maladie est caractérisée par une fragilité excessive du squelette, due à une élimination de
la masse osseuse. Elle est fréquente chez la femme après la ménopause car la masse osseuse diminue avec
la carence en hormones féminines (œstrogènes).

Ce bienfait serait attribuable à la présence de silicium1, qui favoriserait la reformation de l’os. Un
demi-litre de bière renferme jusqu’à 8 mg de silicium, soit un tiers de l’apport journalier recommandé. L’avantage de cet apport est double, car la bière est plus facilement assimilée par le
corps que les aliments riches en silicium, comme la banane par exemple.

Par ailleurs, des études2 ont montré quel’humulone, un composé issu du houblon, et l’éthanol, jouaient un
rôle dans la lutte contre la réduction de la densité osseuse. La consommation moyenne qui donne des effets positifs, serait comprise entre 28 et 57g d’alcool par semaine (entre 3 et 6
verres).

 

La bière favoriserait-elle la lactation ?

FAUX – Contrairement aux idées reçues, la bière, et l’alcool en général, ne favorisent pas la lactation.

 L’absorption d’alcool entraîne certes une augmentation du taux de prolactine (l’hormone responsable de la fabrication du lait),
mais elle diminue considérablement le taux d’ocytocine (l’hormone qui déclenche le réflexe d’éjection, et donc la sortie du lait hors du sein).  Les mères auront la sensation d’avoir les
seins « plus pleins », mais auront du mal à faire sortir le lait, qui, par ailleurs, sera de moins bonne qualité1.

Il est cependant reconnu que le malt d’orge peut favoriser la lactation. Il contient des molécules qu’on appelle des
β-glucanes qui agissent en stimulant l’hypophyse et en augmentant la sécrétion de prolactine, une hormone qui stimule la synthèse du lait.

Dans tous les cas, une consommation régulière d’alcool est néfaste pour le bébé. Mieux vaut préparer une infusion
d’orge ou utiliser des produits qui en contiennent (« Ovaltine »).

 

La bière fait-elle grossir ?

VRAI – Une bière (25cl) comporte autant de calories qu’une boisson gazeuse sucrée comme le coca : environ 110
calories. Une consommation modérée n’est cependant pas forcément synonyme d’une prise de poids importante, tout dépend de l’alimentation générale de l’individu1. C’est
davantage la consommation de produits gras accompagnant souvent la bière, qui entraînera le phénomène bien connu de « la panse à bière ».


La bière n’est donc qu’indirectement responsable de l’obésité, lorsqu’elle est consommée de façon modérée. Néanmoins, en cas de consommation excessive
(plus de deux verres par jour pour un homme, et plus d’un pour une femme), le risque de développer  des troubles comme le
diabète
et l’obésité augmente exponentiellement2.

 

Le vin préviendrait-il le diabète de type II ?

VRAI – Le
diabète de type II
est la forme la plus répandue du diabète. Contrairement au
diabète de type I
, il se déclare à l’âge adulte et affecte de plus en plus de monde. Environ 2 millions de canadiens et 2,5 millions de français en seraient
atteints.

Il provient d’une anomalie du système endocrinien : l’insuline, une hormone produite dans le pancréas, n’est pas
présente en quantité suffisante dans le sang. Ceci empêche la transformation des sucres en énergie.

Des études1 montrent que les buveurs modérés courent moins de risques de développer un diabète de type II, qu’un abstinent
complet. Même si les études sont nombreuses à révéler ce bienfait du vin, le mécanisme exact n’a pu être identifié.

 

L’alcool aide-t-il à dormir ?

FAUX – L’alcool bénéficie à tort d’une bonne réputation vis-à-vis du sommeil. Il y a peu de temps, on massait encore
avec du rhum les enfants au sommeil récalcitrant !

La recherche scientifique conforte l’expérience personnelle, à savoir que l’alcool favorise l’endormissement. Mais l’alcool et
le sommeil ne font pas bon ménage
pour autant. Ses effets négatifs surviennent plus tard et agissent sur la qualité et la durée du sommeil.

Le
sommeil
est un processus complexe. Il se caractérise par une alternance de sommeil profond, dit paradoxal, durant lequel le sujet rêve, et de sommeil lent1. La succession de ces
deux phases de sommeil est une condition essentielle à l’équilibre de l’individu. L’alcool perturbe grandement cette séquence en réduisant notamment le sommeil profond. C’est
d’ailleurs pourquoi, le sujet alcoolique est fréquemment en manque chronique de sommeil.

 

L’alcool, un stimulant sexuel ?

VRAI et FAUX – A petite dose, l’alcool a indéniablement un effet libérateur sur les inhibitions. Il
lève les barrières psychologiques qui, à la fois nous gênent et nous protègent. Le sujet peut alors être amené à commettre des actes qu’il ne ferait pas à jeun en raison de son éducation ou de
ses propres tabous. L’acte sexuel en est un exemple1.

A petites doses, l’alcool donne à la femme limpression d’être physiquement plus excitée sexuellement, alors qu’en
réalité, c’est le contraire qui se produit : la lubrification vaginale diminue avec la consommation.

Au-delà de trois verres, les effets sont catastrophiques : problèmes d’érection, fatigue, diminution du désir, relâchement
musculaire, …  Boire pour tenter de surmonter une difficulté sexuelle est donc une très mauvaise idée, d’autant plus qu’elle peut mener à l’alcoolisme2.

L’alcool est-il hautement cancérigène ?

VRAI – L’alcool est cancérigène: il augmente le risque de
cancers
de la bouche, de l’œsophage, du larynx, du foie, du sein chez la femme, de l’estomac, du rectum et du colon. Il concerne plus d’un décès par cancer sur neuf. Plus la consommation est
importante, plus le risque est grand. Cela veut dire que le risque augmente dès le premier verre1.

Ainsi, on observe une augmentation de risque de cancer du sein de 12 % pour 10 g d’éthanol consommé par jour (correspondant à environ
un verre) dans une étude portant sur plus d’un million de femmes2.

Différents mécanismes peuvent expliquer cet effet nocif. Le rôle cancérogène du métabolite principal de l’alcool,
l’acétaldéhyde, et ses dérivés, est clairement établi dans la majorité des cancers. Tout comme le déficit nutritionnel favorable à la cancérogénèse, induit par la consommation
d’alcool.

A noter que TOUTES les boissons alcoolisées augmentent le risque de cancers, et qu’il vaut donc mieux en limiter sa
consommation.

Zero alcool pendant la grossesse ?

VRAI – Une consommation, même ponctuelle ou modérée, d’alcool pendant la grossesse peut entraîner des risques
importants pour l’enfant à naître1. L’alcool agit sur l’embryon et le foetus, notamment sur son système nerveux et son cerveau. L’alcool passe du sang maternel vers le sang du
foetus, au travers du placenta.

Lorsqu’une femme enceinte boit un verre, il y a donc rapidement autant d’alcool dans le sang de son bébé que dans le sien, voire même
davantage compte tenu du poids du fœtus et du fait que son foie n’est pas assez fonctionnel pour l’éliminer correctement.

Les effets de l’alcool sur le système nerveux central du fœtus peuvent être très néfastes. L’alcool est un toxique extrêmement puissant
au niveau du cortex cérébral. Quelque soit le moment de l’alcoolisation et la quantité, le risque d’atteinte des fonctions cérébrales reste très élevé.

De plus, une consommation d’alcool importante pendant les trois premiers mois peut produire des malformations
irréversibles
chez le bébé.

Source : Passeport.net

 

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OKOYA F.

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