L’E-café sénatorial No3 du sénat de la JCI Bénin examine l’impact de la crise sanitaire engendrée par le virus SARS-COV-2 sur les activités économiques au Bénin 

 L’E-café sénatorial No3 du sénat de la JCI Bénin examine l’impact de la crise sanitaire engendrée par le virus SARS-COV-2 sur les activités économiques au Bénin 

« Impact de la crise sanitaire engendrée par le virus SARS-COV-2 sur les activités économiques au Bénin » a été le thème sur lequel les sénateurs de la JCI Bénin ont débattu ce dimanche 12 Avril 2020.

De cet entretien avec le sénateur JCI Albin FELIHO, membre élu au Conseil Economique et Social du Bénin (mandature en cours), ancien membre du bureau du Conseil National du Patronat du Bénin et Président en exercice de la Confédération Nationale des Employeurs du Bénin ( CONEB-BENIN), Directeur associé de l’agence EVENEMENCIEL et ancien Président National de la JCI Bénin, il ressort que le changement principal que la pandémie a suscité sur les entreprises reste leur capacité de résilience voire, d’innovations.

 Malheureusement, pour bon nombre c’est la clé sous le paillasson. Les agences de voyages en générale et les siennes en particulier dont la raison d’être devient sans objet  avec la disparition des services de billetterie et l’annulation ou le report des rencontres et conférences et même l’interdiction de regroupement à plus de dix (10) personnes figurent en tête de liste des entreprises en difficulté. Ce constat est valable pour presque toutes les entreprises du secteur du tourisme et de l’hôtellerie.  La réquisition de certains hôtels dans le cadre de la mise en quarantaine décrétée par l’Etat bien que constituant une bouffée d’oxygène n’efface guère ce constat qui s’étend d’ailleurs aux entreprises du domaine de l’import-export et celles qui fournissent des biens de consommation sur le plan national.
Bien qu’il n’y a pas eu d’évaluation exhaustive à sa connaissance, il confie que la Confédération Nationale des Employeurs du Bénin (CONEB) en association avec la Fédération des Organisations Patronales de l’Hôtellerie et du Tourisme (FOPAHT) a  fait une évaluation sur la base d’enquête sur un échantillonnage de 200 entreprises exclusivement orientées filière tourisme. (Hôtels, restaurants bars, agences de voyage)
D’après cette étude, les entreprises les plus touchées sont dans le littoral et dans une moindre mesure l’Atlantique et l’Ouémé.

Pour lui, avec cette pandémie, le monde ne sera plus le même. Si les attentats du 11 Septembre il y a 20 ans continuent d’affecter nos comportements, il est plausible que la pandémie du Corona Virus induira des changements notables sur tous les plans et un modèle social qui intégrera désormais le concept de sécurité sanitaire.

Abordant les propositions pour éviter le pire aux entrepreneurs du Bénin et pour éviter l’implosion sociale qui commence par se dessiner clairement, le président de la CONEB admet que c’est une équation difficile à résoudre puisque les entreprises vont mal et vont générer une implosion sociale par les licenciements de toute façon, les mises en congés techniques et les restrictions sur le plan salarial sont autant d’éléments pouvant laisser présager une crise sociale à gérer. Les solutions affirme-t-il, doivent être exogènes; les entreprises n’ayant plus de ressources propres pour se rétablir.

Il ajoute que dans le mémorandum que la CONEB et la FOPAHT ont rédigés, hormis les entreprises qui n’ont pas été particulièrement affectées qu’on sollicite pour venir en soutien à la solidarité nationale, un appel est lancé. Il a identifié trois niveaux de source de financement à savoir : les institutions de Bretton wood ( la banque mondiale, le FMI) qui ont déjà fait des annonces sérieuses en direction de tous les états membres,  les banques centrales auxquelles s’ajoutent les banques africaines BIDC, BAD … qui également ont fait des annonces fortes.
Et enfin les partenaires techniques et financiers qui ont un budget catastrophe pour les cas de riposte urgente en matière de pandémie. Il reconnait néanmoins que l’Etat doit prendre des dispositions juridiques, économiques et sociales pour accompagner les acteurs.

Dans ce cadre, le gouvernement doit mettre en place avec l’implication active de tous les acteurs un plan stratégique national pour accéder à ses différentes ressources. La mise en place d’un fonds « COVID-19 cogéré par l’administration et le secteur privé plus spécifiquement les Organisations patronales est donc une nécessité pour amoindrir l’impact de la pandémie et éviter que la crise sanitaire ne se transforme en crise économique et sociale de longue durée. Ces ressources iront d’une part aux familles vulnérables (la demande) et d’autre part aux entreprises (l’offre).

Il faut selon lui susciter la production nationale en offrant aux entreprises européennes et nord africaines de sortir de l’emprise asiatique et de délocaliser dans notre pays.

Des avantages comparatifs existent selon lui et la loi sur l’AGOA, peut permettre une production locale pour les marchés américains. a main d’œuvre jeune, qualifiée et compétitive avec un climat des affaires hautement appréciable dont dispose notre pays constituent par ailleurs un atout certain.

Le sénateur JCI Sem AMADJIDJE évoque un problème de non préparation des entreprises béninoises à des risques émergents comme le Covid 19 et souhaite la mise en place dans les entreprises des Plans de continuité ou des cartographies de risques qui intègrent les risques émergents.

Sous un brin d’humour, le sénateur Didier Maixent DJEIGO, ancien directeur général de l’ANPE, chef d’entreprise rappelant que
les chinois (encore eux!) disent que « CRISE=DANGER+OPPORTUNITÉS », invite à une identification des secteurs dans lesquels on peut investir actuellement à part la promotion des masques?’

Quant au sénateur JCI Marcellio TEVOEDJRE, il fait constater qu’une bonne partie des interrogations tourne autour du management des risques socio-écologiques et ajoute que le Business Model Canvas (BMC) durable à 11/13 cases permet à chaque entreprise d’inclure ces problématiques dans sa stratégie

Si pour le Sénateur Albin FELIHO, le secteur de la sécurité sanitaire fera un boom, le télétravail deviendra une obligation ainsi que les métiers de proximité, le Sénateur Marcelio TEVOEDJRE

rappelle que les plus grandes fortunes se sont malheureusement bâties sur la guerre, la crise et la turbulence. Par ce qu’ils déstabilisent l’équilibre en cours, il est difficile selon lui de se rappeler qu’à chaque fois qu’il y a besoin criard, il y a forcément opportunité.
Le replâtrage de l’économie n’est pas vraiment possible, à son humble avis. Il faut bien sûr boucher les trous, mais il faut surtout préparer de nouvelles briques.

La nouvelle problématique selon lui est que compte tenu de notre dimension, de notre capacité stratégique, des contraintes actuelles et futures, et enfin de nos atouts concurrentiels, quelle offre de valeur pouvons-nous faire au Marché Global?

Le Sénateur Marcelio TEVOEDJREa tenté de répondre en affirmant que  l’avenir appartient à ceux qui pourront produire à partir des matières premières locales en usant des énergies renouvelables pour servir les besoins primaires des populations.
Le conditionnement, les vêtements, le mobilier, etc. tout cela est possible au Benin à partir de la transformation des végétaux en fibres. IL faut selon lui savoir lier INNOVATION ET ECOLOGIE

Il dit être CERTAIN que le Bénin dispose de tous les atouts pour devenir un centre d’excellence de la bio-industrie en Afrique de l’Ouest. Quand on est un wagon de queue, le seul avantage dont on dispose est de pouvoir freiner à temps et changer de voie, alors que c’est trop tard ou trop cher pour les wagons de tête. Il faut mettre les microbes au service de la bio-industrie.

Pour le sénateur JCI Bruno GNIDEHOUE, promoteur du centre LABEL BENIN, il reviendra par exemple à transformer la feuille d’ananas en similicuir pour ceinture, chaussures, sacs et autres maroquineries au profit de l’environnement.

En somme, cette E-causerie qui a eu comme modérateur le sénateur JCI Laurent HOUNGNIBO, Secrétaire Général du Sénat de la JCI Bénin, a permis d’analyser et de proposer des approches de solutions pour une gestion de la crise économique corolaire de la crise sanitaire en cours et surtout d’appréhender la société d’après crise sanitaire et les possibles orientations des entreprises.

Le monde disait l’invité principal Albin FELIHO ne sera plus jamais le même et il faut, recommande Marcellio TEVOEDJRE pour survivre désormais savoir allier Innovation et Ecologie. 

                                                                                   Le bureau du Sénat.
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