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Le président Vlavonou à l’ouverture de la 1ère session ordinaire du Parlement Burkinabè : «L’enjeu aujourd’hui est de faire du Bénin une démocratie plus forte»

Le Président de l’Assemblée nationale du Bénin Louis G. Vlavonou est l’hôte de son homologue Burkinabè depuis le mardi 02 mars 2021. Invité dans le cadre de l’ouverture solennelle de la première session ordinaire de l’Assemblée nationale du Burkina-Faso pour le compte de 2021, le Président Vlavonou a adressé un message historique aux députés du pays des hommes intègres.

Des liens séculaires entre le Bénin et le Burkina-Faso

Après des mots de remerciements et de satisfaction à l’endroit des premiers responsables du Parlement Burkinabè et après une pieuse pensée pour l’honorable Claudine OUEDRAOGO, ancienne vice-présidente de l’Assemblée Nationale du Burkina Faso décédée des suites d’une courte maladie, il y a quelques mois, le Président du Parlement Béninois 8ème Législature, a rappelé les liens séculaires fraternels qui unissent le Bénin et le Burkina-Faso jadis Haute Volta. « Aussi loin que nous remontions dans le temps, les peuples de la Haute Volta (actuelle République du Burkina Faso) et du Dahomey (actuelle République du Bénin), ont toujours vécu dans l’harmonie ; les hommes et les femmes, les biens et les services, tous ont toujours circulé librement entre nous, préfigurant déjà les objectifs de la CEDEAO d’aujourd’hui… »a déclaré le Président Louis G. Vlavonou. La deuxième personnalité du Bénin a aussi rappelé l’attachement du peuple Burkinabè à la démocratie et aux libertés depuis le très respecté souverain “Mogho Naaba” jusqu’à l’indépendance de 1960.

Ces caractéristiques historiques du peuple de la haute Volta sont similaires à celles du peuple dahoméen. « …Le Burkina Faso et le Bénin sont donc deux pays frères, identiques par de difficiles lendemains d’indépendance marqués par une succession de régimes civils et militaires plus ou moins autoritaires. Et les défis sont intimement liés par la géographie, l’histoire et la culture. Par conséquent, nos deux peuples sont condamnés à vivre ensemble. Rien ne saurait nous séparer. Ni le découpage de notre espace commun par des frontières artificielles, ni les vicissitudes de l’histoire n’ont eu raison et ne peuvent avoir raison de la communauté de destins, de l’esprit de fraternité et du besoin de solidarité et de coopération qui animent nos populations… Après la situation de crise politique difficile que le pays a traversée, après les différentes péripéties qui ont jalonné la transition, ce peuple a prouvé au monde entier, son attachement à la démocratie, à l’esprit de tolérance et à l’unité nationale. Il n’est pas anodin que par ma voix, le Bénin, autre modèle de démocratie apaisée dans la sous-région, porte le témoignage de l’authenticité de votre engagement et de votre vision prospective. Avec les élections couplées, présidentielle et législative, c’est un jour nouveau qui s’est levé pour votre pays avec des institutions démocratiques, la séparation des pouvoirs, l’Etat de droit et les perspectives que vous offre la bonne gouvernance. Je veux rendre un hommage respectueux à ce peuple, le vaillant peuple burkinabè, pour avoir montré la voie des élections couplées que mon pays se prépare à expérimenter dès 2026. » a conclu le Président Vlavonou sur ce sujet.

Faire du Bénin une démocratie plus forte

A la tribune de l’Assemblée nationale du Burkina-Faso ce mercredi 03 Mars 2021, le Président Louis Vlavonou a exposé aux élus du pays des Hommes Intègres, le chemin parcouru par le Bénin depuis la révolution marxiste-léniniste, le Renouveau Démocratique fruit de l’historique Conférence des Forces Vives de la Nation de Février 1990 jusqu’aux présentes reformes politiques engagées par le Président Patrice Talon.

« … En effet, pour en arriver là, il a fallu faire le bilan des 17 années d’un régime marxiste-léniniste, bilan qui a conduit le Bénin à choisir la voie du Renouveau Démocratique après l’historique Conférence des Forces Vives de la Nation de Février 1990. Cependant, ce choix a conduit ce petit pays de 11 millions d’habitants à donner naissance à plus de 300 partis politiques, qui en réalité étaient de petits partis dont la représentation de certains ne dépassait même pas l’échelle d’un village, et pour d’autres le niveau communal ou départemental. Ainsi le Bénin a connu des partis politiques de clans, de régions, de quartiers, qui n’ont jamais pu ni conquérir ni exercer le pouvoir d’Etat en 30 ans. Les dérives liées à la corruption de ce système partisan débridé, ont conduit l’ensemble de la classe politique béninoise, à opter pour la réforme du système partisan afin de donner naissance à de véritables formations politiques d’envergures nationales capables de gouverner et de diriger le pays. C’est de cela qu’il s’agit et la précédente législature où était présente l’opposition, a adopté presque à l’unanimité la nouvelle charte des partis politiques par un vote de 81 voix pour et une seule abstention. A ce jour, le Bénin ne compte que 14 partis politiques, fruit de cette réforme du système partisan. »

 Après ce rappel, le président Louis Vlavonou soulignera avec force, l’objectif visé par les réformes politiques entreprise au Bénin depuis 2016 et a adressé un message à une certaine frange de l’opposition politique béninoise. Mais avant, il n’a pas occulté les résistances notés dans la mise en œuvre desdites reformes:

« … Dans notre situation, ce qui a manqué n’est pas le consensus lui-même, principe à valeur constitutionnelle au Bénin ; c’est plutôt notre capacité intrinsèque à matérialiser le consensus. A certains parmi nous, je voudrais me permettre de dire que c’est faire du tort à la démocratie elle-même lorsqu’on trouve dans les atermoiements, les surenchères et l’intolérance, des moyens politiques d’agir car c’est un désastre immense que nos contradictions politiques aient pu dépasser le parlement pour aller s’exprimer dans la rue. Nous travaillerons autant que faire se peut à ramener ces contradictions politiques, ferment de la démocratie, dans leur sanctuaire légitime qu’est l’Assemblée Nationale. L’enjeu aujourd’hui est de faire du Bénin une démocratie plus forte, une véritable démocratie à la base, et non de façade, capable de nous transformer de l’intérieur et d’impacter positivement les conditions de vie de nos populations qui commencent à désespérer de la démocratie qui ne booste pas le développement. Du haut de mes charges actuelles, il est également de mon devoir de m’adresser aux acteurs de tous les bords politiques pour qu’ils renoncent aux intransigeances qui, en fin de compte, ne peuvent avoir d’autre effet que d’affaiblir durablement nos pays… »

Les défis sécuritaires et sanitaires, la traite et le travail des enfants.

Dans son intervention face aux députés Burkinabè, le président de l’Assemblée nationale du Bénin 8ème Législature a aussi abordé les questions relatives à la sécurité dans la sous-région ouest africaine, la mutualisation des efforts pour conjurer la pandémie de la Covid-19 et la nécessité de mettre fin à la traite et au travail des enfants.

Lire ci-dessous l’intégralité du discours du Président Louis G. Vlavonou devant le parlement Burkinabè ce mercredi 03 Mars 2021.

J-Marc Aurel AGOSSOU

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