Le cadeau de Choubadé à Tévoèdjrè

DERNIER BILLET

Entre ruse, intelligence, prémonition opportuniste…

Anniversaire aux allures d’une canonisation. Tapis rouge, accolade au chef de l’Etat, célébration eucharistique, ministres, députés, conseillers à
la présidence ; toute la crème de l’émergence, pour les 80 ans du pépé médiateur de la République. Albert Tévoédjrè ne pouvait se priver de ce dernier bras d’honneur à l’intention de cette
classe politique ingrate. Il pensait finir président de la République. Le voilà presque assurer de terminer à un poste de médiateur de la République obtenu au prix de dol, de ruse, de
manipulation et de compromission. Pas très glorieux. Très en deçà du concert de louange sur sa prétendue extraordinaire destinée. Le plus doué et le plus intelligent des Béninois ? La
campagne médiatique tous azimut et l’ambiance festive semblent avoir produit ses effets sur certains convives. Attardons-nous uniquement à deux des multiples qualités du « grand
intelligent » : son exceptionnel don prémonitoire (ou son flair politique) et son activisme extraordinaire en tant qu’opposant à Soglo.

De ce fameux flair opportuniste qui lui aurait permis d’être dans le camp des vainqueurs en
1996 avec le retour de Kérékou et en 2006 à l’avènement de Yayi Boni. Ses adoubeurs omettent volontiers l’épisode de l’absence de consigne entre les deux tours de la présidentielle en 1991 de la
part de celui qui est arrivé troisième. Le fait pour Tévoédjrè de dire à ses électeurs de voter selon leur conscience alors qu’il fallait choisi entre Soglo auteur d’une remarquable transition en
tant que Premier ministre et un Kérékou lapidé dans les rues de Cotonou un an plus tôt était une ruse bien calculée. Une manière pour le renard de Djrègbé d’exprimer son dépit face à ce
fonctionnaire de la Banque mondiale venu lui ravir la vedette. Mais la manœuvre a foiré puisque que Kérékou n’a pu bénéficier de cette manifestation d’humeur. Echec, même déguisé.

En 1996, Soglo ne pouvait rêver de toutes les façons d’un coup de main du tribun fâché de
n’avoir obtenu aucun strapontin en l’occurrence le maroquin des affaires étrangères. Mais entre temps, un autre courroux plus tenace est apparu à savoir l’humiliation d’avoir été presque
entièrement bouté de Porto-novo qu’il croyait tenir sous son influence à l’occasion des législatives de 1995. Il n’a pu sauver son unique siège que grâce à la banlieue quelque part vers son
retranchement de Sèmè-Kpodji où il conserve une ferme. L’auteur de cet affront n’est rien d’autre que Adrien Houngbédji en passe de devenir le challenger idéal du pouvoir Soglo. Il fallait alors
trouver l’épouvantail à double usage aussi bien contre Soglo que contre Houngbédji. D’où la lumineuse (ou la diabolique) inspiration de faire remonter en « haut » le grand camarade de
lutte reconverti au christianisme, autrefois incarnation de la « fatalité vaincue » à l’issue de la conférence nationale. En 2006, la loque politique pratiquement disparue de l’échiquier
se devait d’honorer une énième fois sa rogne pathologique contre son rival de toujours en s’offrant à Yayi Boni. Je veux bien qu’on me dise le genre d’électeurs que Tévoédjrè a pu drainer vers la
cause cauris et qui aurait pu déterminer le succès en 2006.

De l’opposant doué de 1991-1996. On oublie souvent que Tévoédjrè à jouer presque tout son
cursus de contradicteur chevronné sur les bancs de l’hémicycle. A l’époque, aucun Béninois ne pouvait louper le truculent professeur qui profitait du semi-direct systématique que faisait l’office
de radiodiffusion et de télévision publique des débats parlementaires. Le gouvernement d’alors soucieux de faire respecter la dynamique héritée de la conférence nationale basée sur la contradiction
et la liberté de parole ouvrait grandement les médias publics. Rien à voir avec l’ostracisme qui frappe les adversaires sous le régime du Changement. Les classements annuels Rsf qui se suivent
illustrent pourquoi d’autres activistes à la Tévoédjrè peinent à émerger. Ils prêcheraient dans le désert ou plutôt sur des écrans noirs.

Bon anniversaire, Pépé !!!

arimi choubadé

Rédigé le 12 novembre 2009

 

 

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