Lettre ouverte au chef de l’Etat: Les auteurs de la Refondation passent le changement au peigne fin

Lettre ouverte au chef de l’Etat:

Les auteurs de la Refondation passent le changement au peigne fin


A travers une lettre ouverte adressée au chef de l’Etat, le Groupe pour la refondation éthique et politique de la République revendique la paternité du concept
« Refondation » annoncé par le président Yayi Boni à Avrankou il y a quelques semaines. Le Groupe pour la refondation éthique et politique de la République a saisi l’occasion pour passer
passe à la loupe et au peigne fin la gestion du pouvoir et des affaires publiques depuis 2006. Voici l’intégralité de leur courrier au Chef de l’Etat.

Lettre ouverte du Groupe pour la Refondation Ethique et Politique de la République

A Yayi Boni, Président de la République du Bénin

Nous revendiquons la Paternité de l’Appel à la Refondation au Bénin.

Monsieur le Président,

De grâce, ne galvaudez plus aucun concept noble !

Excellence, Monsieur le Président,

L’heure est pour Vous à la reddition de comptes du Changement et non à un appel à la Refondation. Nous vous présentons les compliments d’usage. Permettez nous
ensuite de vous exposer ce qui suit à propos du concept de Refondation. Un concept est une catégorie théorique dont nul n’a en principe le monopole. Comme les idéologies (science des idées),
l’essentiel qui départage les personnes qui s’en réclament est bien entendu le contenu qu’en donne l’un ou l’autre des protagonistes. Cependant, vu la situation socio-politique actuelle dans
laquelle ce concept a été brandi par vous dans vos discours de ces derniers jours à Adjara, Avrankou et Grand-Popo notamment, notre devoir historique nous oblige à revendiquer publiquement la
paternité de l’appel à la Refondation dans notre pays. Et pour préserver le mouvement de la refondation de l’atrophie idéologique qui le guette désormais, il vaut mieux distinguer sans
ambages les propriétaires de l’original des emprunteurs de la copie. Par besoin de méthodologie, nous donnons d’abord la preuve de notre propriété sur l’original avant de discuter
respectueusement le contenu et la légitimité de votre leadership dans un projet de refondation dans le Bénin de 2010.

Vous avez encore souvenir sans doute, Monsieur le Président, d’avoir traité de voyous sur les ondes de la télévision nationale, en plein scandale de la «
Cen-Sad », les internautes béninois qui avaient usé de leur droit constitutionnel à la critique. Nous sommes de ces milliers de génies ‘’voyous’’ de toutes obédiences politiques de notre
pays, dont l’activité, l’activisme et la créativité ont fini de conquérir les forums d’Internet. Les béninois semblent vous dire à l’unisson, Monsieur le Président, que vous arrivez avec un
léger retard sur l’Appel à la Refondation lancé par nous sur La Liste de Diffusion Internet : ‘’Bénin, Agir pour la Refondation’’ animée par le ‘’Groupe pour la Refondation Ethique et
Politique de la République’’ depuis le mois de mai 2009. Cette Liste de Diffusion à succès s’est rapidement développée avec l’inclusion dans un Nom de Domaine Protégé et Réservé en décembre
2009 www.benin-refondation.org. Dans un article [lettre ouverte adressée au Professeur Gbégnonvi intitulée ‘’Appel à Candidature encore d’un oiseau rare, Abdoulaye Bio Tchané : Erreur de
Gbégnonvi’’ (Sègla, fév. 2010)] largement diffusé par les médias du Bénin, le nom de domaine ‘’Refondation’’ a fait l’objet de multiples références par lesquelles les valeurs cardinales de la
Refondation au Bénin ont été également énoncées. Monsieur le Président, que votre Haute Autorité veuille s’approprier ce concept et nous imiter est indiscutablement la preuve que les idées
neuves, bonnes, nobles et généreuses a priori sont construites silencieusement actuellement pour notre pays par des sans voix. Une fois ces préliminaires dits, passons à la paire de manches
la plus sérieuse de ce nouveau débat politico-idéologique : Disons le d’entrée, le contenu, les moyens et la légitimité que votre leadership sont susceptibles d’apporter au projet sont
discutables. Une toute autre question est que l’Union fait la Nation (Un) préparerait également un document titré du même concept, la ‘’Refondation de la République’’. Dans tous les cas,
l’imitation traduit l’échec du Changement et plus généralement, l’échec du renouveau démocratique depuis 1990. En ce qui concerne spécifiquement le Changement, il était en soi déjà une
refondation promise en 2006 mais perdue sous votre commandement. Votre nouvelle inspiration traduit une perte de repères sans précédent au sommet de l’Etat.

L’Affaire Icc services vient l’illustrer en rajoutant la dimension morale à la crise institutionnelle, financière, sociale et économique ambiante dans laquelle
vous avez une part importante de responsabilité. Monsieur le Président, après avoir observé publiquement vos réactions, à l’occasion de l’affaire Cen-Sad et à maintes autres occasions, votre
modèle politico-idéologique serait-il celui de « la responsabilité coupable », de « la responsabilité non coupable » ou du moins celui de la « culpabilité responsable » ? Alors qu’en amont,
vous aviez toute latitude et conscience pour empêcher la survenue du scandale Icc services, vous avez attendu patiemment le cycle des suicides, dépressions, hospitalisations, cabales, menaces
de mort pour envoyer des médecins ‘’à mort ‘’ !. Vous instaurant en failli non encore réhabilité dans Cen-Sad, machines agricoles, … il apparaît au grand jour que sans être politologue ou
constitutionnaliste, on vous voit aisément vous éloigner chaque jour davantage de votre mission constitutionnellement de protection des citoyens et de résolution de leurs besoins sociaux.
Tout le Bénin a une claire conscience de ce qu’en plus de l’impact social désastreux de ce scandale de placement d’argent, ses conséquences économiques ont nom un manque à gagner au moins
égal à plusieurs points négatifs en pourcentage du Pib si l’on compare le Bénin à des pays qui, à concurrence à peu près égale de richesse (industries, commerces, mines, services, population,
….), ont connu ce type de phénomène après la pratique du système frauduleux, spéculatif et non productif de placement d’argent Ponzi (Babatoundé, 2010). Surprenant, les ministres
hiérarchiquement concernés, principalement ceux précédemment cadres émérites de la Bceao et autres institutions bancaires internationales disent ne pas savoir ; donc ne savent pas qu’il y a
une déontologie à observer en gestion de la monnaie et des finances ! Ca alors ! Ces éminences grises de la Banque centrale avaient-ils besoin encore de conseillers pour comprendre la duperie
? Devrions-nous comprendre que les économistes qui vous entourent n’ont jamais appris, en histoire économique contemporaine, que le système d’épargne Charles Ponzi, du nom de celui qui le
monta pour la première fois au début du vingtième siècle à Boston, est une escroquerie et qu’il a créé partout au monde où il est passé des déconvenues, des problèmes et des émeutes
(Colombie, Côte d’Ivoire, Lesotho, Albanie, Jamaïque, Etats-Unis…) ? Ponzi est un modèle pyramidal mathématique qui a un seuil critique de tassement au-delà duquel le taux d’adhésion des
cotisants ne permet plus de mobiliser suffisamment des sommes d’argent pour les échéances de paiements (Babatoundé, 2010). Le système explose donc de toutes façons même bien géré. Les
dilapidations et vols des fonds ont simplement précipité le phénomène. Les décideurs politiques et collaborateurs, en principe élus et payés à coup de milliards (parce que les élections, les
conseillers et l’administration… coûtent des milliards) pour faire la veille et anticiper mais qui ont laissé faire, sont de loin plus responsables que les criminels corrompus qui se sont
partagés la manne avant l’éclatement normal de Ponzi.

Monsieur le Président,

L’élite affairiste politique et prédatrice autour de vous et vous-même êtes légitimement forclos et socialement anachroniques pour refonder : Manifestement,
c’est la tête du pays que la nation doit refonder. Oui, le Yayisme, ce courant politique déboussolé, peu outillé et peu éclairé est désormais inscrit en lettres de sang d’argent du peuple
(Cen-sad, machines, Icc Services, etc.). Les citoyens sont fixés sur le fait que le système que vous avez mis en place et dirigez est capable de tenter de corrompre pour ensuite s’excuser et
demander ‘’pardon’’ après avoir échoué à Refonder, hélas ! Le système a corrompu toutes les religions. Il a créé même des rois supplémentaires qui n’ont aucun royaume. Il est par ailleurs
amoral et parjure le fait qu’un système élu utilise avec tant d’entêtement les deniers publics enlevés illégalement du giron de l’Etat durant tout un mandat au profit des manifestations et
marches et dans les micro crédits artificiels non productifs pilotés par des non professionnels autoproclamés banquiers. Ce système anticonstitutionnel à un tel point ne saurait plus rien
refonder. Il doit plutôt rendre des comptes.

La Refondation, c’est d’abord la reddition de comptes de tous les dossiers scandaleux, l’exigence de la non impunité politique surtout et la destruction de
l’actuel système politique prédateur. Vous l’avez dit vous-mêmes : « Où est l’éthique, où est la morale… ? ». Vols, passes droits, négligences, l’affaire Icc services est grave, Monsieur le
Président ! Vous devez avoir maintenant l’honneur et le courage pour rendre des comptes, puis, prendre vos responsabilités au nom de tout le système sans parti pris pour l’une ou l’autre des
mafias à vos côtés et sans couvrir la responsabilité politique du Décideur ! Oui, pour faire avancer le pays, la contre performance politique doit être punie administrativement au premier
chef avant le châtiment à infliger aux criminels soit par votre propre initiative ici et maintenant ou, soit par les urnes ! Pour ce qui est du droit commun, parce que nous ne sommes pas dans
un régime d’exception, laisser agir la constitution et la justice, laisser les présumés coupables parler librement devant la justice. Le pays sera plus en sécurité ainsi. Le peuple entier, la
Nation dans toutes ses composantes, rassemblée dans un sursaut citoyen doit maintenant se lever et crier à l’arrêt de la prédation et le jugement de l’élite prédatrice. C’est l’une des tâches
du Groupe pour la Refondation Ethique et Politique de la République.

Monsieur le Président,

Le système actuel n’a plus ni les ressources psychologiques, théoriques, morales, intellectuelles, de séduction, de crédibilité et la capacité d’adaptation pour
refonder quoi que ce soit. Il crève l’œil qu’après avoir échoué quatre ans et six mois à ériger un pan de mûr sur le chantier du Changement, vous et votre équipe dans sa composition actuelle
êtes incapables de Refonder en six mois une République à ce point fragilisée. Notre Groupe, le ‘’Groupe pour la Refondation Ethique et Politique de la République’’ travaille pour le programme
du projet de la Refondation dont une vue parcellaire, disions-nous, se trouve à l’adresse du Nom de Domaine www.benin-refondation.org. Nos valeurs cardinales sont la probité, l’intégrité, le
désintéressement politique, la magnanimité, le travail bien fait, le mérite, le destin commun du nord au sud et l’indépendance de notre pays. A propos justement d’indépendance ! Alors que
votre système a bradé les principaux patrimoines nationaux, en voulant refonder, êtes-vous prêts à réviser les accords avec Bolloré (Port), Lafarge (Cimenterie Onigbolo), France Télécom /
Maroc Télécom, les acquéreurs de la Sodeco et de l’Ocbn et les firmes et consortiums internationaux à qui nos terres sont bradées sans compensation substantielle aux paysans transformés en
esclaves agricoles sur les terres de leurs aïeux ? Voulez-vous reconsidérer tous ces dossiers pour que les intérêts nationaux soient mieux pris en compte ? Votre refondation, est-ce mettre le
holà à la bombe qui nous menace et que votre système entretient, c’est-à-dire, la privatisation des espaces publics, l’opposition par vous de nos origines, de nos religions et de nos Dieux ?
C’est autour de ces valeurs cardinales qui fondent le programme d’une Refondation intégrée, la nôtre, à publier bientôt, que nous appelons d’ores et déjà tous les épris de renouveau éthique
et politique à nous rejoindre pour un travail préalable de rassemblement de toutes les sensibilités citoyennes en vue d’un futur grand parti national, démocratique et non ethnique. Pour nous
et, de plus en plus, pour de nombreuses personnes du pays, il est clair que pour une entreprise de Changement ou de Refondation éminemment révolutionnaire, il aurait fallu qu’il y ait au
service de la Nation et autour du Président, très volontaire au départ, une armée puissante et disciplinée d’hommes et de femmes de cran et de caractère connus pour leur bonne moralité, leur
impartialité, leur amour du travail et non pour leur retournement interminable de vestes et leur réputation à courir après le partage de la manne financière. S’il ne dépend pas de vous que
les comportements des uns et des autres appelés à vos côtés soient malsains et répréhensibles, il dépendait de vous que le choix de l’appareil politique composé d’hommes qu’il faut pour
piloter le Changement soit adéquat et que les méthodes et pratiques de gouvernement soient démocratiques.

Vous étiez peut-être sincère ou l’êtes peut-être encore. Mais vous ne vous donnez pas les moyens et le volontarisme et la bonne foi seuls ne sont pas des
critères de réussite ! Ce qui sera inadmissible et incompréhensible pour la Nation, c’est de continuer de protéger à tout prix l’édifice politique moribond qui gouverne pour jouissance
personnelle. Il y a des Béninois sincères dans l’édifice mais ils ne peuvent être efficaces parce que noyés. Monsieur le Président, ce sont vos pratiques et méthodes politiques qui méprisent
la contradiction et la critique des actions du gouvernement en mettant en avant seulement le spectaculaire, le populisme, l’éphémère et la force pour contrôler coûte que coûte le pouvoir qui
empêchent le progrès économique et social du destin commun.

Monsieur le Président,

Le système que vous patronnez est en train de devenir une calamité nationale. Le système ‘’ 1 dossier = 1 scandale’’, presque à chaque fois, devient ravageur et
les colères deviennent psychologiquement rageantes ! Là où le système entre, il profane, pollue et avilit. Nous prions Dieu et les mânes de nos ancêtres pour que d’autres concepts et
catégories nobles comme la Refondation, le Salut national, la Révolution, le consciencisme (de Nkrumah), la Renaissance, les Lumières, la Libération, la Rédemption, etc., ne soient pas
galvaudés et dégradés. Comme le sont, par le système actuel que vous dirigez, ceux de ‘’l’émergence’’, du ‘’patriotisme’’, ou du ‘’changement’’ qui au départ, étaient magnifiés dans un livre
(Odjo : Il faut que ça change, 2005) mais que votre cellule de communication et vous-même avez subtilisés peu avant 2006 pour malheureusement les dégrader et discréditer. La Refondation, ce
n’est pas organiser, avec le saupoudrage, le sursis à l’élite prédatrice. La Refondation, c’est une nouvelle éthique de la discussion avec des mots justes, avec l’application stricte des lois
votées de la République, avec des hommes intrinsèquement dignes, nouveaux et permettant de poser les bonnes questions, de réfléchir, d’expertiser et de proposer une vision d’alternance puis
d’amorcer le temps long de la reconstruction. La Refondation, c’est, avant tout, le jeu démocratique au sein des institutions de la République ; elle ne devrait pas craindre les critiques et
les opinions contraires à celle du Président si tant est que ce dernier est démocrate et que la critique est par excellence structurante du progrès. Cette refondation là refuse de faire se
chevaucher les rôles et de créer des institutions illégales et parallèles pour satisfaire des desseins autres que républicains. Le plus grand défi de la Refondation, c’est l’organisation de
la Nouvelle Gouvernance capable, avec de réelles chances, d’engager enfin le développement de ce pays.

Assez le règne de cupidité, de prédation et de cynisme, en 50 ans d’indépendance ! Place maintenant à l’alternative citoyenne, volontariste et digne qui refuse
les faux-fuyants et qui assume totalement ses responsabilités en exigeant celles des autres pour ensemble solutionner les besoins sociaux et d’épanouissement des populations. Regardez le
Botswana et le Ghana ! Oui, nous pouvons refonder au nom et en l’honneur des dignes fils disparus de ce pays dont Bio Guéra, Kaba, Gbéhanzin, Tovalou, Louis Hounkanrin, Paul Hazoumê, etc. Du
reste, recevez, Monsieur le Président de la République, l’expression de nos très respectueuses salutations.

Cotonou, 20 juillet 2010.

Pour le ‘’Groupe pour la Refondation Ethique et Politique de la République’’.

Aimé Adjile Sègla Dafon 49 ans,

Chercheur, Anthropologue de la connaissance, Philosophe des sciences et techniques, Ingénieur Gisement Pétrole.

Contact :

[a_s_aime@benin-refondation.org] ; [a_s_aime@yahoo.fr] ; [www.benin-refondation.org]

 

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