Lutte contre l’Endométriose au #Bénin : L’Ong endoEspoir lance officiellement ses activités

 Lutte contre l’Endométriose au #Bénin : L’Ong endoEspoir lance officiellement ses activités
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(Le Parrain Louis G. VLAVONOU s’engage aux côtés des acteurs pour le mieux-être de la femme béninoise)

Depuis quelques semaines, de braves jeunes gens ont pris l’initiative de mener une lutte contre l’endométriose, une maladie méconnue, très difficile à vivre et dont souffre en moyenne une femme sur 10. L’endométriose se définit comme la présence en dehors de la cavité utérine de tissu semblable à la muqueuse utérine qui subira, lors de chacun des cycles menstruels ultérieurs, l’influence des modifications hormonales. Le symptôme le plus courant de l’endométriose (retrouvé chez 50 à 91% des femmes selon les études) est la douleur, règles douloureuses (dysménorrhée), douleurs pendant les rapports sexuels (dyspareunie), douleurs pelviennes fréquentes, défécation douloureuse, difficulté pour uriner (dysurie), douleurs pelviennes pouvant irradier jusque dans la jambe (cruralgie) etc.

Après avoir parcouru plusieurs universités à Cotonou, Abomey-Calavi, Parakou et des associations de femmes pour, sensibiliser, informer, sur ce mal, ils ont décidé de lancer officiellement les activités de l’ONG EndoEspoir ce lundi 28 mars 2022 à Novotel Hôtel de Cotonou date consacrée pour la célébration de la Journée mondiale de l’endométriose. C’est à la Présidente de l’ONG EndoEspoir Innocentia ALLADAGBÉ qu’est revenu l’insigne honneur de faire le discours d’ouverture de la dite cérémonie. Emotions et enseignements étaient au rendez-vous. Dans son mot introductif, la présidente de l’ONG a fait ressortir la souffrance quotidienne des femmes atteintes de l’endométriose: “…Je sais ce qu’est l’endométriose. Je vis l’endométriose ; de ces maux de ventre et de bas-ventre inexpliqués, de ces douleurs menstruelles inqualifiables, de ces regards interrogateurs et même désapprobateurs, de cette interminable errance médicale, de cette désocialisation, je suis une victime authentique. Je me garderai bien de vous dresser en détails la panoplie des manifestations et des conséquences de cette terrible maladie, pour ne pas voir apparaître dans vos regards de l’apitoiement sur mon sort. Moi j’ai déjà bien de la chance. Beaucoup de chance de me tenir devant vous aujourd’hui, vivante et capable de m’adresser à vous. Si je suis là, c’est non seulement pour porter la voix des autres victimes en général mais également et surtout pour éclairer les nombreuses malades qui s’ignorent…”

 

Un combat noble mais ardu

La Présidente de l’ONG EndoEspoir Innocentia ALLADAGBÉ a réalisé que beaucoup de femmes souffrent de l’endométriose sans le savoir d’où son engagement dans cette lutte : “…10 à 20% environ des femmes en âge de procréer sont sujettes à l’endométriose. Près de la moitié de celles qui se plaignent de douleurs récurrentes dans le bas-ventre sont en fait victimes de cette maladie. Et dans cette catégorie de victimes, certaines n’auront jamais d’enfants, d’autres peuvent subir des complications pouvant conduire jusqu’à la mort.

C’est au regard de tout ceci que j’ai décidé d’embrasser la cause qui est de faire connaitre l’endométriose, de sensibiliser les citoyens et d’accompagner dans la mesure du possible les victimes. C’est ainsi qu’est née « EndoEspoir », l’organisation non gouvernementale qui manquait à la lutte contre l’endométriose au Bénin. « EndoEspoir » parce que, face à l’endométriose et à ses ravages, c’est l’espoir qui fait vivre. L’espoir du soulagement, l’espoir d’avoir des enfants et de les voir grandir, l’espoir de s’épanouir avec son époux et avec ses amis, simplement l’espoir de vivre une vie normale. Certes, nous n’avons pas les moyens de prendre en charge chaque femme béninoise victime d’endométriose, là n’est pas notre vocation. Mais nous aurions déjà remporté une grande victoire en faisant mieux connaitre la maladie. Nous aurons déjà atteint une partie de nos objectifs si notre action permet de raccourcir les délais de diagnostic afin que les victimes sachent qu’elles ne sont pas des proies de sorcellerie familiale, mais bien atteintes d’une affection connue et qui peut être sinon guérie, au moins soulagée. Nous aurions remporté la plus grande des victoires si les autorités sanitaires de notre pays, grâce notamment à notre plaidoyer, accordent une plus grande attention aux personnes atteintes par cette maladie…” a-t-elle ajouté avant de lancer un appel à l’endroit des autorités pour qu’un regard compatissant soit accordé à ces femmes qui souffrent de l’endométriose.

Après le discours d’ouverture de la Présidente de l’ONG EndoEspoir, l’assistance a eu droit à un exposé magistral du Professeur Justin Lewis DÉNAKPO, Chef du service de la CUGO (Clinique Universitaire de Gynécologie obstétrique) au CNHU-HKM de Cotonou, sur l’endométriose, ses causes et manifestations suivi d’une séance de questions réponses dans une ambiance surchauffée d’émotions. On retient donc qu’on peut mettre cinq à dix ans avant de diagnostiquer une femme atteinte de l’endométriose et les conséquences peuvent aller jusqu’à la stérilité de la femme. Ce qui choque le plus est qu’il n’y a pas encore un traitement pour guérir de cette maladie à part des accompagnements pour en soulager les douleurs. Le Professeur Justin Lewis DÉNAKPO a fini son exposé par un plaidoyer à l’endroit des députés afin qu’ils votent une loi qui protège la femme atteinte de l’endométriose.

Parrain de l’ONG EndoEspoir, le Président de l’Assemblée nationale Louis Gbèhounou VLAVONOU a dit combien il est préoccupé des questions liées à la santé publique et surtout quand cela touche la femme: “…La femme, vous le savez, est le trésor de la société. Sa souffrance est celle de tout son entourage, de sa famille, de sa communauté et par voie de conséquence, de la Nation dans son ensemble. Lorsque le pilier qu’est la femme est ébranlé, c’est tout l’édifice de l’immeuble sociétal qui tangue et peut s’écrouler. Comme beaucoup d’entre vous, je n’avais encore jamais entendu parler d’endométriose il y a quelques années. Les problèmes de santé publique de grande préoccupation étaient et restent, dans un pays comme le nôtre, des maladies comme le paludisme, le sida, la tuberculose, les hépatites, la dialyse, le cancer, la poliomyélite, etc. Personne ne se préoccupait de l’endométriose, puisque si peu de gens en avaient eu les échos. Ma première rencontre avec la maladie, si je puis dire les choses ainsi, remonte à l’année 2020 avec Innocentia, ma fille adoptive. Mais à vrai dire, je savais qu’elle trainait une pathologie sans savoir de quel mal elle souffrait quand bien même il y a environ dix (10) ans que j’assiste impuissant à ses séances de douleurs à tel point que sur sept (7) jours de la semaine, elle doit passer un minimum de trois (3) à quatre (4) jours d’hospitalisation pour les douleurs au bas-ventre et ce, depuis sa tendre jeunesse, probablement depuis qu’elle eut ses premières menstrues. Quand, comme moi, vous côtoyez au quotidien votre fille, votre collaboratrice qui vit en permanence dans la douleur, vous réalisez à quel point cela peut être difficile pour elle, pour vous-même et pour son entourage…Vous comprenez quel doit être votre rôle : le besoin d’un suivi psychologique qui pourrait déboucher sur le désir de s’engager pour une cause aussi noble que celle de lutter contre ce mal et d’en faire une acceptation stoïque. C’est ainsi que quand Innocentia m’a informé de sa volonté de créer cette ONG « EndoEspoir », je n’ai pas hésité une seconde à accepter de l’accompagner et de l’appuyer surtout en pensant à toutes celles qui, à travers notre pays, dans les grandes villes comme les contréesles plus reculées, ne peuvent pas s’offrir le luxe que constitue la prise en charge de l’endométriose…” a dit le Président VLAVONOU dans son mot introductif.

 

Engagement et soutien pour l’ONG EndoEspoir.

Conscient de l’immensité du combat dans lequel l’ONG EndoEspoir s’est lancée, le Président VLAVONOU a promis apporter son appui pour que recule sensiblement l’endométriose au Bénin: “…Pour finir, je voudrais souhaiter bon vent à « EndoEspoir » dont je mesure l’immensité de la tâche, mais aussi du courage à toutes les femmes qui sont atteintes de l’endométriose, autant celles qui le savent que celles, bien plus nombreuses, qui l’ignorent. Dans la mesure de mes possibilités, je marcherai à vos côtés, je vous apporterai mon appui, jusqu’à ce que l’endométriose recule sensiblement dans notre pays…” a t-il dit pour finir son discours.

La cérémonie de lancement de l’ONG EndoEspoir a connu la présence des personnalités du pays à savoir la représentante de la Première dame du Bénin, la Vice-présidente du Bénin Madame Mariam Chabi Tala Zimé, la Présidente de la Haute cour de justice Madame Cécile de Dravo Zinzindohoué , le Président du Conseil Électoral Monsieur Sacca Lafia, des représentants de certains Présidents d’institutions du pays, plusieurs députés de la huitième législature, des maires sans oublier l’épouse du Président de l’Assemblée nationale.

POLO. AHOUNOU
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