Mécontentement au sein des députés “yayistes” : Voici pourquoi la majorité parlementaire doit contenir la colère de Aholou Kèkè

 

Hélène Aholou Kèkè, député Fcbe de son état et présidente de la Commission des Lois de l’Assemblée nationale depuis la 5ème Législature, est fâchée. Elle est fâchée contre les siens membres de la majorité parlementaire acquise à la cause du Chef de l’Etat.  Mais avec Aholou Kèkè, la majoritaire parlementaire devrait faire beaucoup plus attention.

Les raisons de la colère

Rien de nouveau pourrait-on dire quand on sait que les raisons de la colère de Aholou Kèkè sont les mêmes que celles qu’avaient évoquées ses collègues de la mouvance Claudine Prudencio et Nicaise Fagnon. Ce dernier disait justement “…on nous considère comme des députés lambda. Ok mai son ne peut continuer à faire semblant de ne pas nous entendre…”. Au-delà de la non considération, la mise en quarantaine dénoncées, on entend dire que Aholou Kèkè est révoltée pour deux faits majeurs : l’éjection d’un des siens d’un marché au Port de Cotonou et le redressement fiscal de plusieurs dizaine de millions adressé à son cabinet d’avocats il y a quelques jours.

Pourquoi garder et ” chérir” Aholou Kèkè au sein de la majorité parlementaire ?

Mais la différence entre la colère de Aholou Kèkè et ses collègues rebelles mis à jour par le truchement de la levée de bouclier contre la révision, réside dans sa position, ses actes et sa circonscription électorales.

En effet il est une évidence pour certains observateurs avertis que s’il y a eu un K.O inédit au soir du 1er tour des présidentielles du 13 mars 2011, c’est parce que la Lépi a été utilisée en l’état comme l’a voulu le camp du candidat Boni Yayi. Et si la Lépi a existé en l’état, c’est en très bonne partie dû aux actions d’Aholou Kèkè. Qu’il vous souvienne que c’est par ses gymnastiques politico-juridiques  et de par sa position de présidente de la Commission des lois qu’elle a empêché l’abrogation puis la modification de la loi sur la Lépi comme l’ont voulu le  groupe politique devenu L’Union fait la Nation. Dans le même registre des redevances et reconnaissance il est à souligner que dans l’avortement du projet de destitution du président Nago sous la 5ème Législature, Aholou Kèkè a joué pleinement sa partition de conseillère juridique.

Ensuite de par sa position de Présidente de la Commission des Lois, la première des commissions permanentes de l’Assemblée nationale, Hélène Aholou Kèkè est à un carrefour obligé pour l’Exécutif et la majorité parlementaire. La demande d’ajournement d’un projet de ratification qu’elle demandé et obtenu le jeudi 26 avril dernier seulement n’est qu’un petit aperçu des armes à sa disposition. Et il serait difficile d’envisager sa destitution de son poste quand on sait que les députés  Fcbe partageant les mêmes positions que Aholou Kèkè, sont de plus en plus nombreux. Et c’est là justement une troisième raison pour la majorité parlementaire d’éviter ou à l’étape actuelle de limiter la colère de Aholou Kèkè.

Assez expérimenté et très bien moulé dans les pièges et stratégies parlementaires Candide Azannaï est aujourd’hui une voix dissidente au sein de la majorité. Contrairement à lui mais tout aussi téméraire, Nicaise Fagnon fait aussi figure de rebelle au sein des députés Fcbe. Il apparaît assez risqué pour la majorité parlementaire de laisser Hélène Aholou Kèkè rejoindre ces deux meneurs d’un groupe dit-on de dix huit (18) députés fâchés contre Nago et Yayi. Aholou Kèkè apparaît comme la gâchette manquante à l’arme de cette rébellion parlementaire.

Par ailleurs, au plan géo-politique, Hélène Aholou Kèkè bat campagne dans une circonscription électorale où le Prd reste maître du jeu. Dans la 20ème circonscription électorale ( Avrankou, Akpro-Missérété, Dangbo, Adjohoun, Bonou), les résultats des dernières élections législatives ont montré qu’il a fallu de peu que Augustin Ahouanvoébla, tête de pont de la liste Prd pour le compte de l’alliance U.N, rafle totalement et complètement la mise. La combattivité à plusieurs niveaux et sur plusieurs plans, a permis au camp de Boni Yayi de sauver la face avec son élection. Qu’en sera-t-il prochaine si cette dame reste frustrée, fâchée et démotivée par sa famille politique…Avis donc à la majorité parlementaire et la grande mouvance présidentielle.

Francis Z. OKOYA

Laisser un commentaire

Commentaire(s)

OKOYA F.

Abonnez-vous à notre newsletter

Abonnez-vous à notre newsletter

Rejoignez notre liste de diffusion pour recevoir les dernières nouvelles et mises à jour de notre équipe.

You have Successfully Subscribed!

%d blogueurs aiment cette page :