Menaces sur les libertés d’expression : La lettre de l’Union fait la Nation à la HAAC

Par une correspondance en date du lundi 17 septembres 2012, l’Union fait la Nation, entité politique de l’opposition au régime en place, a exprimé ses inquiétudes face à la montée des actes qui enfreignent les principes de la liberté d’expression. Après avoir rappelé ses propres déboires avec la presse, l’Union fait la Nation, par la plume de Kolawolé idji, souligne que la HAAC comme à son habitude laisse passer les dérapages du pouvoir avant de mettre un veto sur les répliques que ces dérapages appellent. Allusion a été ainsi faite aux propos relatifs à certains citoyens du Bénin profond et aux opposants qui devraient être pendus selon Lucien Médjico: “…Nous notons que, comme par le passé, vous préférez laisser faire les dérapages au moment où ils se produisent pour les déplorer par la suite. Continuer ainsi à ne siffler que la fin de la récréation, après l’avoir tolérée, ne peut qu’inciter toutes les forces sociales à y prendre une part active pendant qu’elle s’anime…”. Par ailleurs, L’Union fait la Nation plaide pour un accès équitables des forces politiques aux médias. Voici l’intégralité de la lettre de l’U.N

Francis Z. OKOYA

 

REPUBLIQUE DU BENIN                                           FRATERNITE-JUSTICE-TRAVAIL

L’UNION FAIT LA NATION

PRESIDENCE

 

  Cotonou, le 17 Septembre 2012

                                       

                                               L’Union fait la Nation

A                              

                         Monsieur le Président de la Haute                                                  Autorité de l’Audio visuelle et de la                                                                      Communication (HAAC)

 

 

 N/Réf. : 021./UN/PDT/CG/SP/12

 

 

         Monsieur le Président,

 

Nous vous remercions d’avoir prêté attention à la correspondance par laquelle nous vous avions transmis nos propositions de rénovation du système politique afin de mieux gérer notre pays.

 

Il s’agit des conclusions des « Journées de l’Union » organisées les 26, 27 et 28 juillet 2012. Leurs travaux ont privilégié les questions politiques et électorales car il est apparu que, sans une bonne gouvernance dans ces domaines, il ne peut y avoir de progrès économique et social. Aussi apprécions-nous votre invitation pour des échanges avec nous sur ces sujets.

Nous plaçons d’autant plus d’espoir dans cette rencontre qu’il nous a été impossible, jusqu’à ce jour, de porter nos idées à la connaissance des populations par les médias publics. Six semaines après la tenue de nos assises, nous restons interdits d’antenne malgré nos multiples correspondances et nos démarches. Nous espérions que la réaction surprenante du Chef de l’Etat à l’une de nos propositions, celle relative à la constitution d’un large front des forces sociales, allait nous ouvrir la porte d’expression d’opinions contradictoires pour éclairer l’opinion publique. Dans les faits, elle a plutôt conduit la direction générale de l’ORTB à renforcer notre exclusion de ses antennes et à élargir la censure de nos prises de position.

 

Dans cette vision, après avoir exigé et pris connaissance de notre communiqué du 30 août 2012 ci-joint, elle s’est finalement résolue à interdire sa diffusion sur les antennes. L’Union fait la Nation n’a donc pu faire connaitre ses propositions aux populations ni leur rendre compte de ses activités au travers des médias publics depuis le30 juillet 2012. Or Dieu seul sait les facilités dont jouissent le Chef de l’Etat et les groupes qui le soutiennent sans qu’il soit possible, pour nous, de répliquer.

 

Dans ce contexte, nous apprécions votre rencontre du 5 septembre avec les organes de presse car elle vient apaiser, en partie, les inquiétudes que nous exprimions dans notre communiqué du 30 Août. Nous notons que, comme par le passé, vous préférez laisser faire les dérapages au moment où ils se produisent pour les déplorer par la suite. Continuer ainsi à ne siffler que la fin de la récréation, après l’avoir tolérée, ne peut qu’inciter toutes les forces sociales à y prendre une part active pendant qu’elle s’anime. L’Union fait la Nation s’interroge, dès lors, sur la conduite à tenir à l’avenir.

 

Nous attendons toujours votre réaction à l’endroit de la presse relative à certaines publications :

  • ” Ils parlent comme si je n’ai pas mes partisans dans le Nord profond. Ils n’ont qu’à réunir leurs gens, je vais faire autant et ils vont s’affronter. Je les attends ” ont diffusé des organes de presse qui rapportaient des propos du Chef de l’Etat.
  • “Les opposants seront pendus et leurs cadavres seront jetés dans la mer, attachés à une pierre “, ont également diffusé des organes de presse qui rapportaient des déclarations d’un partisan du Chef de l’Etat.

 

Ces propos, lourds de sens et largement diffusés dans la presse écrite et audiovisuelle, n’ont sûrement pas échappé à votre vigilance. Ne rien dire pourrait s’interpréter comme une autorisation à rééditer et à violer, sans risque, les valeurs dont vous êtes les garants.

 

Enfin, nous comptons sur vous pour assurer l’accès équitable de l’opposition aux médias publics et permettre un fonctionnement normal et rassurant de notre système démocratique.

 

Veuillez recevoir, Monsieur le Président, l’assurance de notre permanente disponibilité.

 

P.J: Déclaration du 30/08/2012

 

 

 

 

Kolawolé A. IDJI 

 

 

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OKOYA F.

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