OPINION du Ph.D. Soumanou Bio Boni : Bénoit Dègla ou le début du syndrôme Armand Zinzindohoué

Gérer la nation est un devoir. Lorsque les voyants d’alerte sont tellement éclatants qu’ils nous rendent aveugles, il est presque trop tard pour agir pour endiguer les abus des années  précédentes. Toutefois, si le courage de mettre en place des actions simples de gestion est mis en œuvre, alors il devient possible de gérer la nation et son devenir pour après demain avec efficacité. C’est ce qu’on attend d’un président de la république et de ses ministres.

Pour que ce devoir récité en litanie par ces beaux parleurs qui prétendent tout mettre en œuvre pour répondre dans les meilleures conditions aux exigences de leur charge soit effectif, il serait impératif que le devoir de bilan d’activité trimestriel, semestriel, annuel soit exigé à tous ceux qui se réfugient derrière leur infaillibilité dans les administrations où nombre de brasseurs d’air sévissent et se prétendent à chaque seconde des indispensables au bon fonctionnement de ces dernières.

Il faudra un jour que tout ça s’arrête quand même, nom de Dieu !!!

Epurer la fonction publique de tous les soi-disant hauts et très fonctionnaires qui n’ont pas lieu d’être si ce n’est flatter l’ego des hommes politiques incompétents qu’on nomme parce qu’on veut les remercier pour bons et loyaux services rendus. Leurs postes dans le descriptif des tâches, peuvent être tenus sans la moindre difficulté, par des catégories B plus compétents. Les armées elles aussi doivent être épurées : trop d’officiers, de généraux et de lustreurs de pompes dans les états-majors, mettre un terme au clientélisme militaire.

Mettre un terme à la surenchère sécuritaire du ministre des cultes Benoît Dègla qui a de quoi détruire plusieurs fois la terre béninoise. Mettre un terme à l’absence de vérification croisée de toutes ces informations distillées dans la presse et l’opinion publique afin d’éradiquer le mensonge d’Etat. Mettre un terme aux arrangements clientélistes et aux salaires pharaoniques accordés à des illusionnistes sans qu’on ne leur demande d’apporter les résultats qui justifient  leurs salaires. Mettre un terme à l’absence de responsabilité des ministres quant à la qualité des actions et des résultats de leurs départements ministériels par rapport aux politiques publiques. Mettre un terme au recrutement par concours SANS CONCOURIR. Mettre un terme à la surenchère administrative qui n’a pas l’efficacité attendue au regard des effectifs. Mettre un terme à l’art de la réunionite tellement pratiqué dans les administrations depuis 2006 sans aucune finalité, puisque se sont les petits fonctionnaires qui font le boulot pendant ce temps et permettent aux normalement responsables de ne rien branler. Ils sont partis dans le Bénin profond pour organiser les marches de soutiens, les prières aux actions du Chef de l’Etat contre les petits que nous sommes. Voilà la mission principale de la majorité de nos ministres : action de soutiens. Surtout les plus nombreux i.e. les incompétents. Car ceux parmi eux qui bossent vraiment n’ont jamais organisé ou financé des marches de soutien, des prières ou des entretiens télévisés forcés, pour soutenir les actions d’un président. Ces dernières devraient parler d’elles-mêmes. Ces ministres bosseurs espèces en voie de disparition, s’appelaient Théophile Montcho, Ganiou Soglo, Irenée Koukpaki.

Gérer une nation, c’est être capable de se positionner en bon manager, en fin politique, en leader charismatique qu’un opposant combat, mais respecte. Ceci est aussi valable pour tous les ministres de la république et encore plus pour un ministre comme Benoît Dègla qui s’était déjà piteusement illustré dans une scène ubuesque assez basique pour la qualité de son rang de député FCBE : il est toujours comme le député FCBE Rachidi Gbadamassi dans des histoires factices d’insécurité contre Boni Yayi.

Je doute que Boni Yayi  veuille aller dans cette direction de gestion exemplaire de la chose d’Etat, je doute que tous ceux qui bénéficient de la perversion spoliatrice des privilèges indécents, scandaleux et intolérables, cèdent une parcelle de la gamelle à ceux (syndicats, société civile) qui leur rappellent qu’il y’a d’autres options qui ne demandent qu’à être appliquées sans forcément recevoir une part du gâteau. « Prêter une oreille attentive à tous ceux qui contribuent à l’édification de la Nation, n’est pas une simple expression. » (Mgr Antoine Ganyé, pèlerinage à la Grotte mariale de Dassa, août 2012.)

Je doute que l’intégrité soit réellement une valeur supérieure portée par les politiques au pouvoir depuis 2006 quand il s’agit de servir la nation, le peuple et les citoyens.

Seul point commun à tous ceux qui augmentent leurs privilèges sur le dos de la nation : garder monsieur Boni Yayi dans ses travers pour pouvoir rester à leurs postes aussi longtemps que le président de la république ne se rendra pas compte de ses propres errances.

Ils parlent tous de leurs actions pour les citoyens mais au final tout est entrepris pour que eux ne soient pas touchés, et comme l’a dit un ténor FCBE de ma région, de passage ici à New York plus pour du shopping personnel et extra-conjugal que pour parler et penser développement du Bénin  :

« Tu crois que quoi Bio ? Je cumule les fonctions politiques, administratives et les postes depuis que Boni Yayi est arrivé juste pour préserver mon niveau de vie. Toi, tu es vraiment naïf avec tes messages à la con sur ce qui est bon et pas bon à faire. Personne ne t’écoute par ce qu’on sait que tu es chez les blancs et que ceux qui te lisent et te comprennent c’est à peine 20% des citoyens que nous maîtrisons par le ventre. Ce n’est pas les bonnes dames à qui on distribue 30 000 FCFA de micro-crédits depuis 2006. Ces gens-là n’ont déjà pas l’électricité et l’eau pour penser aller sur yahoo, google, facebook et te lire. Tu prêches dans le désert. Viens manger avec nous au moins pour les 4 ans qui restent. On va te trouver quelque chose du genre « conseiller qui ne conseille pas le président » et dont il ne connaît pas lui-même exactement le nombre d’ailleurs, et tu feras ton business tranquille Cotonou-New York. »

Et ça c’est normal. Ils démontrent tous, leur incapacité à gérer le devenir de la nation car ils ont pour objectif de créer chacun à leur niveau des cercles de clientèles pour briller et se faire voir devant les caméras pour écouter et recevoir les motions de marche de soutien et de prière à l’incompétence.

« Chaque peuple veut comprendre les choix politiques et économiques qui sont faits en son nom. Il saisit la manipulation et sa revanche est parfois violente. Il veut participer à la bonne gouvernance. »  ( Benoît XVI, 19 novembre 2011, Palais de la Marina, Bénin).

Ph.D. Soumanou Bio Boni
Professeur à l’Université de Wharton (USA)
Diplômé d’HEC et de Sciences Po Paris

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OKOYA F.

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