Opinion : Sans la femme, il n’y a point de politique(s)

 Opinion : Sans la femme, il n’y a point de politique(s)
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« Je me sers des problèmes de la famille, de la femme, de la religion, de l’amour à des fins politiques en vue du progrès social », avoue un célèbre penseur politique arabe. Faire donc de la politique, c’est s’adosser sur la société et ses réalités. La femme, sa vie familiale, son bien-être personnel et sa participation au débat public doivent être une préoccupation politique pour le progrès. L’acte que se prépare à poser l’Udbn dans quelques heures (ou peut-être pose certainement déjà pendant que vous lisez ce texte) titille la réflexion sur l’engagement responsable d’un parti politique envers les citoyens. S’intéresser à la vie familiale et au bien-être de la femme militante, c’est tutoyer la tradition politique, c’est provoquer les hommes politiques. Je ne doute point de leur frayeur à l’égard des femmes qui s’invitent sans leur autorisation dans cet univers où ils réussissent, par leur macho et leur virilité, à combler leur infériorité ou leur approximatif quotient intellectuel. 

J’imagine le tohu bohu, les brouhaha et l’ouragan d’incantations à mon égard pour prier le bon diable de me couper la langue et de bouillir ma cervelle si apte à l’outrecuidance. Inutile, cette crémation. Ce que nous ne savons pas est que « Les femmes ne possèdent pas uniquement le don de savoir dissimuler leurs sentiments, elles ont également celui de pouvoir découvrir par intuition tout ce que le cœur humain dissimule », avertit l’acteur et scénariste québécois Pierre Dagenais. Elles savent viser grand et loin aussi. Ellen Johnson Sirleaf, Prix Nobel de la paix et ancienne présidente du Liberia, montre le potentiel et lancent ses pairs à sortir leurs atouts et leur puissance silencieuse. « Si vos rêves ne vous font pas peur, c’est qu’ils ne sont pas assez grands », déclare-t-elle. Il faut bien qu’on se résout à une certaine vérité : les femmes, bien railleuses, nous observent avec hauteur et se demandent comment en cette virilité et ces muscles si bavards, il n’y que farce, paroles et aléatoires. Margaret Thatcher, ancienne premier ministre britannique ne se moquait-elle pas des hommes en disant qu’« En politique, si vous voulez des discours, demandez un homme, si vous voulez des actes, demandez une femme »! Ah! Quand la femme s’énerve aimablement, tout s’éclate et s’expose.

En pensant à un symposium – le cadre est évocateur et symbolique – pour une réflexion sur la place et le rôle de la femme militante politique en cohérence avec les conceptions et balises sociales, l’Udbn sort le glaive pour découper en morceaux les obstacles à la participation de la femme en politique. En un coup d’épée, ce parti réussit à allier méthode, théories, pratiques et perceptions avec la bousculade et le choc des idées pour remettre au centre le positionnement politique des femmes. « En chaque femme, il y a toutes les femmes : la princesse, la jeune fille, l’aventurière, la compagne, la mère ; celles que nous avons été ou que nous aurions pu être ; celles que nous pensons pouvoir devenir un jour ; celles que nous ne serons jamais », fait remarquer l’écrivain Thierry Cohen. Quelle exactitude! Le chœur et le cœur de la politique se sont les femmes, mais elles se réservent des miettes et on leur attribue des débris. Elles animent la vie politique et assurent les bases des partis et mouvements. Que l’Udbn s’inscrive dans cette perspective de l’importance de l’analyse et l’étude de la femme en politique, elle ne se sert par elle-même. Elle se place non seulement en avant-gardiste de la reconsidération de la femme politique, ouvre surtout des perspectives nouvelles. 

Que peut la femme en politique sans s’assurer du bien-être de la famille, sans qu’on ne lui indique que sa place est d’abord au foyer et non dehors ; que son devoir est de s’occuper du foyer pour ne point grignoter l’espace réservé et fermé de la politique où patauge l’homme qui s’adonne volontiers et arbitrairement le droit volage. Pendant que les autres entreprises politiques se confinent dans les apparats de formats désuets remontant aux premières années des indépendances avec la création de comités internes de femmes, l’Udbn va à l’essentiel et au concret. En réalité, ce parti crée le scandale de sortir des sentiers battus en ouvrant la brèche sur les insuffisances des politiques publiques sur la femme. Et à juste titre. La petite Youzafzai Malala, cette adolescente activiste politique pakistanaise, nous montre le chemin. « Aucune lutte ne peut aboutir sans que les femmes y participent aux côtés des hommes. Il y a deux pouvoirs dans le monde. L’un celui de l’épée, l’autre celui de la plume. Il en existe un troisième plus fort encore que les deux premiers : celui des femmes », interpelle-t-elle. C’est la preuve qu’il n’y a pas d’existence d’État sans la femme. Et l’État est politique. Donc la femme est politique par essence. Pourquoi ne pas retourner à ces fondements et fondations de la vie, de la communauté. Dans nos taquineries traditionnelles communes, on se conseille de reconnaître que l’habit sied à son ennemi et qu’il est élégant. Si les professionnels de la politique et les experts et spécialistes de la politique (analystes et universitaires) ne retrouvent pas en cette opportunité le réservoir d’exemples, de modèles, de concepts et de théories pour nourrir les changements de paradigme et de pratiques politiques sur la femme, d’articles et de productions scientifiques sur la politique de la femme et sur la femme, on aura tous raté une fois encore le coche. D’où le devoir pour l’Udbn de diffuser aussi largement que possible les réflexions issues de ce symposium pour apposer sa marque et sa référence, mais aussi pour indiquer véritablement la voie à suivre. «

Saisissez chaque opportunité qui se présente à vous, vivez chaque expérience. Laissez une marque dans le monde, pour les bonnes raisons », conseille la sportive Christine Ann Wellington. Oser ce coup de force, c’est, pour l’Udbn, se positionner dans la logique qu’un parti politique doit exister et s’animer en essayant de faire de ses pratiques un modèle pour les autres. Ce qui ne donne pas le droit d’agir à moitié. En un mot, il s’agit de pousser le bouchon assez loin pour ouvrir le champ des réflexions, des actions et des changements de comportements. Si elle ne l’a pas fait, elle se donnera certainement, par la présente interpellation, de le faire. 

Reste à souhaiter que cette initiative soit implémentée et, au souhait, copié. Car il n’y pas de mal à répéter et plagier ce qui est bon tant que c’est dans l’intérêt de la communauté tout entière ou de l’une de ses composantes. C’est se murer dans son égo et laisser pourrir qui est le crime. Qu’il n’y ait point de crime, messieurs de la politique. Juste un hommage à une femme qui a vu ce qui est bien pour tous comme une mère qui se préoccupe toujours de ce qui peut faire le plaisir à toute sa famille. «

Les rebelles ne sont pas acteurs du changement car ils attisent leur propre haine. Vous devez apprendre à cultiver votre indignation et à vous concentrer sur ce qui est important », conseille la journaliste Shami Chakrabarti, directrice générale de Liberty, une organisation anglaise de plaidoyer qui fait campagne pour protéger les libertés individuelles et lutter en faveur des droits de l’Homme.     Ne faisons pas comme Serge Gainsbourg en « brûlant toutes celles que nous adorons ». C’est ici que nous voulons que Margaret Thatcher soit mise en difficultés pour changer de position et dire de l’outre-tombe que l’homme politique sait capter la chance d’aller à l’action même si l’idée vient de la femme. Une chose est certaine : si à la vue du serpent, l’homme prend peur et que la femme parvient à tuer le méchant reptile, l’essentiel est qu’il soit mort. En vérité et en vérité, sans la participation de l’odorat, il n’y a point de dégustation complète. Sans la femme, il n’y a pas de politique.

A.P. Virgil HOUESSOU, Communicant politique et Administrateur des entreprises de presse et de communication 

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