OPINION : Devoir de mémoire

OPINION : Devoir de mémoire

 Par Anastase Houéto, Histirien-chercheur, professeur certifié admis à la retraite

La critique est aisée, mais l’art difficile dit un proverbe français. Mais l’opinion publique chez les Tado Aladanu de Porto-Novo
dit : « axolu mè de ma do, omi wè non non avo éton go ». Que les linguistes me pardonnent la traduction de ce proverbe (un roi qui se prénomme « que personne n’en
parle », c’est les déchets humains qui salissent à son insu son pagne). En fouillant mes veilles paperasses, j’ai retrouvé une consigne d’un ministre de l’instruction publique français sous
la 11
ième République française à propos de l’instruction civique à l’école : « Ne faites pas de
politique mais faites l’éducation politique ». Après avoir relu cette recommandation, j’ai eu une idée ; suggérer aux enseignants de tous ordres admis à la retraite de sortir des
documents à leur porté pour éclairer les béninois, hommes politiques, jeunes, adultes, femmes et hommes, ouvriers et paysans sur notre passé proche, ce que nous avons vécu, le consensus valeur
sûre qui a toujours mis à part notre pays en Afrique et dans le monde. Il faudra informer, document à l’appui, sur ce qui a toujours nui au Bénin : la corruption, le népotisme et depuis peu
le repli identitaire vers lequel tout béninois est poussé. C’est seulement dans ce cadre que je voudrais qu’on comprenne le SOS que j’envoie aux hommes de bonne volonté. Ceux qui vont
l’interpréter en dehors de ce schéma, je les renvoie au proverbe Goun précité. De quoi s’agit-il ?

Nous sommes en 2009, tous les animateurs de la vie politique nationale parlent de 2011. Ils sautent pieds joints 2010. Or moi,
c’est à 2010 que je pense. En effet, l’année 2010 rappelle le 20
ième anniversaire de la conférence des
forces vives de la nation au cours de laquelle par consensus on est arrivé à renouer avec la démocratie, à initier le renouveau démocratique. Très peu parmi ceux qui nous dirigent ont participé à
ce forum et ils en ignorent les grandes décisions. L’année 2010 rappelle aussi le 50
ième  anniversaire
du consensus qui a permis de taire les violentes luttes partisanes pour aboutir à la proclamation de l’indépendance fêtée partout dans la joie, tous les dahoméens habillés d’uniforme. Ceux qui
nous dirigent aujourd’hui en ont-ils entendu parler ? Pour moi, les archives sont les chemins qui éclairent les hommes politiques et leurs assurent un bel avenir. Allons-y ! J’ai
découvert les grandes décisions de la conférence nationale des forces vives de la nation dont je demande la relecture. Pour le moment, je me permets de vous citer dix (10) points qui m’ont paru
essentiels. Je précise que c’est des citations du rapport général lu par un éminent participant à la conférence.

1-Vous avez dit et je le rappelle : « L’argent ne peut plus être notre maître ».

2-Vous avez dit mesdames et messieurs et je le rappelle, le pouvoir ne peut plus être confisqué par quelques uns pour l’écrasement
des autres.

3-Mais nous appris à nos dépends que tout pouvoir livré à lui-même devient fou.

4-Vous voulez un Etat de droit où le pouvoir exécutif, le pouvoir législatif, le pouvoir judiciaire soient clairement séparés. Et
vous voulez une presse libre et responsable.

5-Vous voulez que les libertés fondamentales soient garanties pour tous et que nul ne s’arroge le droit de chosifier l’autre et de
le mettre à genoux.

6-Assurer l’accès équitable des partis politiques aux mass médias officiels et veiller au respect de la déontologie en matière
d’information.

7-Nous l’avons dit : le pouvoir, l’autorité, le gouvernement, c’est un service.

8-Il ne s’agit pas de dire : « J’ai des milliards », ceci a peu d’importance dans ce pays. Par contre, un
comportement de frugalité et de solidarité est un exemple que notre peuple attend, un exemple qui aura à coup sûr un effet multiplicateur. C’est à partir de là que le changement
s’opérera.

9- Regardez nos structures qui portent des valeurs ; nos églises, nos temples, nos mosquées. Ces structures ne sont pas
riches, elles n’ont sans doute pas des milliards…. Ces structures trouvent généralement les moyens d’agir et de servir la collectivité. C’est un exemple qui n’est pas probant en tous domaines,
mais il éclaire le chemin.

10- Nous n’avons pas les moyens d’administrer la société comme cela est la norme à Paris ou à Washington. Nos frères Yoruba le
disent : c’est la maison que l’on regarde avant de donner un nom à l’enfant. S’habiller à sa taille, se chausser à son pied, voilà la vraie sagesse. Or les milliards que nous dépensons en
pure perte parce que nous multiplions et gardons des structures ou des services inutiles sont autant de richesses diverties de l’essentiel.

Fin de citation. Ces grandes décisions de la conférence nationale de février 1990 doivent être une incantation magique pour tous
les béninois pour conjurer les démons de la division, du régionalisme, de l’ethnocentrisme et de la recherche de l’argent facile.

A bientôt pour d’autres rappels.
Par Anastase Houéto,
Histirien-chercheur, professeur certifié admis à la retraite
 

 

 

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