OPINION: Pour un nouvel engagement de la jeunesse…

 

Pour un nouvel engagement de la
jeunesse…

Tel était le thème du cinquantenaire des musiques africaines organisé à Cotonou le 28 Juillet dernier
par KORA all africa music et qui a connu la participation de la star afro américaine Akon. Si cet évènement a eu le mérite de faire rêver la jeunesse béninoise il a malheureusement été la mauvaise tribune
pour poser un vrai débat. C’est pourquoi je voudrais relancer ici le débat sur ce à  quoi la jeunesse béninoise doit s’engager aujourd’hui.

 En voyant à la télévision des enfants de la bande de Gaza, se battre à coup de pierre contre les chars de l’armée israélienne, tel David contre
Goliath, pour défendre leur territoire et la souveraineté de leur Etat, la Palestine, je me suis forgé la conviction que tout jeune doit s’intéresser à la vie de l’Etat dont il est un
citoyen et à l’environnement social dans lequel il vie.

M’intéressant à la vie de ma nation le Bénin et à la couche sociale à laquelle j’appartiens, j’ai pu me rendre
compte d’un certain nombre de problèmes auxquels il urge qu’un certain nombre de solutions soient trouvées. La recherche de ces solutions et leur mise en œuvre appel de la part de la jeunesse
béninoise un réel engagement à se mettre au service de sa communauté.

 

I-        Mon  constat

De tous les maux dont souffre le Bénin ceux qui me préoccupent  le plus, sont ceux liés à l’épanouissement de
sa jeunesse. Car les jeunes souffrent et ne sont pas écoutés.

A-   La jeunesse béninoise souffre

Oui les jeunes souffrent au Bénin. Les maux dont souffre la jeunesse béninoise ont noms le chômage, la précarité,
la délinquance juvénile, la fracture sociale, etc.…

En effet du fait d’une manque de vision prospective dans la gestion de notre pays d’une part et d’une absence de
planification stratégique de son développement dans le temps d’autre part notre pays le Bénin n’a pas véritablement su prendre en charge la question du devenir de sa jeunesse.

Ainsi en cinquante ans d’existence les politiques publiques de développement conçues et mises en œuvre par les
gouvernements successifs n’ont véritablement pas été en faveur de la jeunesse. Celles qui sont censées l’être ont été maladroitement conduites et n’ont donc pas produit les résultats escomptés.
Le cas le plus illustratif de l’échec de ces politiques de développement est le système éducatif béninois.

En effet le système éducatif béninois est aujourd’hui un système totalement obsolète. Les infrastructures
éducaticatives et pédagogiques de notre pays ne sont plus adaptées aux exigences du monde globalisé dans lequel nous vivons actuellement. De sorte que les écoles et universités béninoises
apparaissent aujourd’hui comme des industries de fabrication de chômeurs.

Si la recherche d’un emploi suppose préalablement des compétences à faire valoir, à quel emploi peut prétendre le
jeune qui sort de ces universités ? Dans ces conditions le Bénin pourra-t-il prétendre à un développement durable ?

Le développement durable suppose une prévoyance minutieuse et objective de ce que sera demain. Planifier l’avenir
d’une nation c’est donner les moyens à sa jeunesse de s’affirmer, de se réaliser. C’est aussi associer les jeunes aux prises de décisions publiques et c’est faute de cela que les jeunes
souffrent.

B-    Les jeunes béninois ne sont pas bien représentés dans les circuits publics
de décisions.      

La souffrance des jeunes béninois est due à  l’absence d’une réelle participation de la jeunesse aux prises de
décisions publiques, surtout celles qui concernent directement son devenir.

Contrairement aux années 60,  les jeunes  d’aujourd’hui ne s’impliquent véritablement pas et ne sont pas
bien représentés dans les circuits publics de décisions. Les jeunes étant absents des cercles de décisions publiques « leur vache n’accouchent que des mâles » ; c’est pourquoi la
jeunesse va mal.

Un bref examen des leviers importants de décisions publiques (gouvernement, parlement, Conseil et Economique et
Social,…) nous permet de constater aisément que très peu de jeunes y ont des responsabilités. Si la situation est ainsi c’est parce que les jeunes aussi ne se sont pas véritablement et
suffisamment illustrés sur la scène publique. Ceux d’entre eux  qui s’affirment sur la scène publique ne  donnent pas une bonne image de la jeunesse.

C’est pourquoi la saine couche de la jeunesse doit se mobiliser et agir pour que les choses changent.

 

II-             Mon
 sens de l’engagement de la jeunesse

L’engagement des jeunes pour l’amélioration de leurs conditions doit se manifester par la capacité de la jeunesse à
identifier ses problèmes et à y trouver des solutions. Mais surtout par sa  capacité à se mobiliser et s’organiser pour la concrétisation des solutions trouvées. Cet engagement de la
jeunesse doit avoir un contenu et une forme

A-        Conquérir la parole publique et faire des propositions

            Je suis convaincu qu’il n’y a que les jeunes
eux-mêmes qui puissent trouver les vraies solutions aux problèmes de la jeunesse.

L’un des tous premiers défis que les jeunes doivent  relever pour que leurs conditions changent, est la
conquête des espaces d’exercice de la parole publique. C’est en contrôlant à son profit la parole publique que la jeunesse pourra se faire entendre. De l’usage que les jeunes auront fait de la
parole publique dépendra la qualité de l’écoute des pouvoirs publics aux préoccupations des jeunes.

L’autre défi est que les jeunes doivent faire des propositions aux décideurs. Les jeunes doivent réfléchir sur des
thématiques de développement en faire  des propositions claires et les communiquer aux décideurs.

Si les tracts, les graffitis, les marches et les affichages sauvages sont des formes d’expression publique
privilégiées dans les luttes sociales par le passé, ces méthodes me semblent  bien révolues aujourd’hui. C’est pourquoi les jeunes doivent déterminer d’autres formes plus modernes de luttes
sociales.

B-    Mettre en  place des mécanismes  pour concrétiser ces
propositions

 Conquérir la parole publique, en faire un usage rationnel et faire des propositions aux décideurs ne
suffisent pas pour garantir aux jeunes l’amélioration de leurs conditions sociales. Il faut que les jeunes agissent de manière à être les acteurs de leur propre changement.

C’est ce que des amis et moi avions compris en créant en 2007 le Parlement desJeunes Béninois qui était un cadre de concertation, d’échange et de dialogue par et
pour les jeunes sur des thématiques de développement. Notre objectif était de produire des réflexions et des propositions pour l’amélioration des conditions des jeunes et de les soumettre aux
décideurs publics sous forme de résolutions ou de recommandations. Nous pensions à l’époque que nos réflexions pourraient inspirer des politiques publiques de développement et/ou des projets ou
propositions de loi en faveur de la jeunesse.

Mais notre niveau de maturité de l’époque, certaines querelles de jeunesses et la qualité du leadership de celui
qui conduisait le mouvement ne nous ont pas permis de faire de cette initiative une réussite. Dès les premières tempêtes, certains (dont moi) ont rompu les amarres.

Aujourd’hui  nous avons muri et nous avons  grandit. Avec l’expérience acquise  nous sommes convaincues  que  les problèmes des jeunes ne trouveront de vraies solutions que
grâce à  une volonté politique, c’est-à-dire la volonté des jeunes en politique
. Nous le sommes d’autant plus que les centres névralgiques de décisions publiques
(Gouvernement, Parlement et Conseil Economique et social) sont contrôlés par les forces politiques. Or l’état actuel de la législation béninoise ne permet  pas aux jeunes d’être
véritablement et suffisamment représentés dans ces centres sans se faire coopter par les forces politiques. C’est pourquoi les jeunes doivent investir massivement le champ politique mais avec le
ferme engagement de faire la politique autrement. Sinon à quoi serviraient les résolutions de nos cadres de concertation si nous ne sommes pas représentés dans les organes chargés de les mettre
en œuvre? C’est pourquoi je trouve peu crédible toute organisation ayant pour but la promotion de la jeunesse et qui se veut apolitique.

Ayant compris cela, mes amis et moi avions créé aujourd’hui le mouvement FORSE-UN  ‘’s’unir pour s’imposer’’. C’est l’union de la jeunesse qui fera sa force et c’est unie que la
jeunesse pourra s’imposer. Le mouvement FORSE-UN ‘’s’unir pour s’imposer’’ se veut l’instrument politique de combat pour une meilleure
participation des jeunes aux prises de décisions publiques.

Nous entendons prendre un nouveau départ pour la jeunesse avec une nouvelle conception de la politique  et un
nouveau visage de l’homme politique.

 

III-              Ma conception de la politique et de l’homme politique

Comme j’ai eu à le dire dans mon précédent article, les partis politiques sont pour moi des entreprises de
promotion du progrès social. A ce titre l’homme politique apparaît comme un promoteur du progrès social ; c’est pourquoi je considère la politique comme un vaste champ de solidarité et de
charité.

A-    La politique : une mission de service à la
communauté

Comme les grecques l’ont dit la politique est l’art de la gestion de la société et le gestionnaire de la société
est considéré comme un serviteur social. Ce n’est pas parce que les hommes politiques chez nous ce sont écartés de cette conception qu’il faut voir en la politique autre chose que ça. Faire de la
politique pour moi c’est se mettre au service de sa communauté ; c’est chercher et trouver des réponses aux problèmes sociaux et économiques de sa communauté. Une demande sociale appel un
engagement politique.

L’activité politique, à mon sens, ne s’oppose pas à l’activité citoyenne ou sociale. En édictant que « un
parti politique est un regroupement d’hommes et de femmes ayant pour but la conquête et l’exercice du pouvoir politique, dans le cadre d’un projet de société » ; la loi n’attribue-t-elle pas aux hommes politiques la responsabilité
d’apporter des réponses aux demandes sociales de la communauté?
C’est pourquoi je considère les critiques des ONG et autres organisions de la société civile à l’encontre des hommes politiques qui s’investissent dans le social comme des querelles sur la
sympathie du peuple. Les activités des ONG sur le terrain ne complètent que celles des hommes politiques et des institutions politiques.

Ma philosophie de la politique est une variante de la démocratie progressiste qui emprunte au libéralisme ses
valeurs de promotion de la liberté, de la liberté d’entreprise, de protection de la propriété et au socialisme ses valeurs de solidarité, de partage, de protection de l’environnement social, sans
la remise en cause de la propriété privée.

Mon plaidoyer pour la réhabilitation de l’homme politique n’a autre objectif que d’inviter l’homme politique à
revenir à sa première mission, celle d’un serviteur social.

B-     L’homme politique : un serviteur social 
  

Mon idéal d’homme politique est celui que le monde entier a salué en l’élection de Barak OBAMA à la tête de la
première puissance du monde. L’analyse du parcours politique de ce leader atypique, enseigne que cet homme exceptionnel n’est qu’un serviteur social.

En effet, alors qu’il n’était qu’un simple militant du Parti Démocrate américain au niveau de l’Etat de l’Illinois,
Barak OBAMA s’investissait dans des activités citoyennes et sociales au profit des populations de son Etat. Les liens qu’il a tissés avec ces populations lui ont facilité son entrée au parlement
de l’Etat de l’Illinois ouvrant ainsi la voie à sa brillante carrière fédérale.

C’est dire que, plus l’homme politique s’investi dans le social, vite il atteint ses
objectifs et mieux sa société s’en porte
. C’est parce que nos hommes politiques ne s’investissent pas assez dans les œuvres sociales
que certains pensent que faire de la politique s’oppose à faire du social.

De l’élection de Barak OBAMA à la tête des Etats Unis, je tire deux (02) enseignements majeurs :

–         l’homme politique doit être un serviteur social

–         le chef de l’Etat doit être le produit de l’histoire politique de
son Etat.

 Selon  l’excellentissime journaliste et patron de l’hebdomadaire
international JEUNE AFRIQUE, BECHIR BEN YAHMED,
le parcours normal d’un homme politique est : maire – député – sénateur – ministre et enfin CHEF D’ETAT. J’adhère fortement à cette vision de la carrière d’un homme politique car à cour sur
il sera le produit de l’histoire politique de son Etat et aura une réelle connaissance des demandes sociales auxquelles il doit trouver des réponses.

C’est à l’avènement dans notre nation, de cette génération d’hommes politiques que mes amis et moi travaillons
aujourd’hui, au côté des forces politiques de notre nation. Mais avant toute chose, il urge de réhabiliter et de restaurer l’image de l’homme politique qui pour certains est soit un menteur soit
un messie.

 

 La jeunesse béninoise doit savoir que toute demande sociale appelle un engagement politique. C’est de l’engagement politique des jeunes que dépendent les solutions aux
problèmes de la jeunesse
. C’est pourquoi je lance ici un appel à l’union de toute la jeunesse béninoise, car de notre UNION dépendra notre FORCE. Unis, nous allons réfléchir et
trouver des solutions à nos problèmes. Unis, nous allons imposer notre voix. La tache ne sera pas facile, c’est pour quoi nous devons nous battre aux côtés de nos aînés afin que dans une relative
complémentarité chaque génération accomplisse sa mission.

Nous à FORSE-UN
‘’s’unir pour s’imposer’’
, nous ne sommes pas pressés. Mais nous savons une chose : en 2011, nous serons dans les couloirs du pouvoir et en 2016, l’Afrique et le monde
entier verront à la tête du Bénin, une nouvelle race de managers publics et de leaders politiques.

A mes amis, comme l’a dit le Président THABO MBEKI à la jeunesse ivoirienne en lutte contre le néo impérialisme, je
dis : young lions don’t give up !!!

 

Arnold FAGBOHOUN

Juriste, Consultant en Gouvernance Démocratique

Membre fondateur de FORSE-UN ‘’s’unir pour s’imposer’’

arnold.fagbohoun@gmail.com

www.forse-un.org (en création)

www.forse-un.over-blog.fr

 

VISAGES DU BÉNIN

Visages du Bénin est un média d’informations générales mis en ligne depuis 2009 et dirigé par le journaliste béninois Francis Z. OKOYA. La rédaction de Visages du Bénin animée par des professionnels et soutenue par ses différents correspondants, propose toute l'actualité sur le Bénin et ouvre une large fenêtre sur le reste du monde. Restez connecté avec nous, restez informé.

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