Pôles territoriaux : tout comprendre de la nouvelle carte du développement au Bénin

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By VISAGES DU BÉNIN 8 Min Read

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Sous l’impulsion du Président Romuald Wadagni, le Lire + Bénin organise désormais son action publique autour de six pôles territoriaux de développement. Le document d’orientation et de cadrage a été présenté ce 23 septembre 2026 au Palais de la Marina par le Chef de l’État. La réforme veut faire reculer les écarts entre régions, soutenir les économies locales et rapprocher les décisions des 77 communes. Agriculture, industrie, tourisme et innovation forment le socle commun de chaque pôle.

Le lieu où l’on naît ou vit ne doit plus fixer le niveau de développement auquel chacun peut prétendre. C’est le principe posé par Romuald Wadagni pour justifier la création de six pôles territoriaux : Atacora-Donga, Borgou-Alibori, Zou-Collines, Mono-Couffo, Ouémé-Plateau et Atlantique-Littoral.

Derrière ce découpage, l’État veut changer de méthode. Le développement ne doit plus seulement partir de Lire + Cotonou vers les communes. Il doit partir des ressources, des réalités économiques et des contraintes propres à chaque région.
Ainsi, une promesse de campagne du 21 mars 2026, devient le 23 septembre 2026, un chantier du candidat élu Président de la République

Six pôles, un même cap

Les six pôles couvrent l’ensemble du territoire national. Ils regroupent les douze départements regroupés par deux et doivent servir de cadres de planification, de coordination et de réalisation des projets publics.

Chaque ensemble devra bâtir sa stratégie à partir de ses atouts. Par exemple, le Borgou-Alibori pourra s’appuyer sur les filières cotonnières, céréalières et pastorales. L’Atacora-Donga mise notamment sur l’écotourisme, l’agriculture, l’artisanat et la formation professionnelle. Dans le Mono-Couffo, la pêche, l’aquaculture, l’agriculture et le tourisme côtier figurent parmi les leviers attendus.

Le principe reste le même partout : ne pas plaquer un modèle unique sur des territoires différents.

Quatre piliers communs

Chaque pôle devra porter quatre chantiers majeurs. Le premier concerne une agriculture productive, pensée d’abord pour améliorer les revenus et les conditions de vie des producteurs. Les agriculteurs, éleveurs, pêcheurs et pisciculteurs doivent tirer une plus grande valeur de leur travail.

Le deuxième pilier porte sur l’industrie. L’objectif affiché est clair : installer au moins une industrie structurante dans chaque pôle pour transformer localement les matières premières, créer des emplois et réduire la sortie brute des productions hors des zones de récolte.

Le tourisme constitue le troisième levier. Chaque pôle devra valoriser au moins une ville et un village de splendeur, en s’appuyant sur le patrimoine, les paysages, les savoir-faire et les activités culturelles locales.

Enfin, l’innovation doit accompagner les autres secteurs. Elle concerne les outils numériques, l’entrepreneuriat, la recherche appliquée, les formations adaptées et les solutions techniques capables de répondre aux problèmes précis des territoires.

L’État ne présente donc pas les pôles comme de simples circonscriptions administratives. Il veut en faire des espaces de production, de transformation, de circulation des compétences et d’emplois.

Des délégués jugés sur le terrain

La réforme prévoit la désignation de délégués généraux à la tête des pôles. Leur mandat reposera sur une obligation de résultats. Ils devront résider dans les territoires qu’ils dirigent, suivre les projets, remonter les blocages et rendre compte des progrès réalisés.

Le président Wadagni attend d’eux un impact mesurable : réduction de l’extrême pauvreté, développement du capital humain et création de richesses dans les communes. Les résultats ne se liront pas seulement dans les rapports administratifs. Ils devront se voir dans les revenus, l’emploi, la qualité des services, l’activité des PME et la transformation des localités.

Une Agence régionale de développement devrait appuyer chaque pôle. Elle coordonnera les interventions, suivra les projets et travaillera avec les communes, les services déconcentrés, les opérateurs économiques et les organisations locales. Au sommet de l’État, une structure rattachée à la Présidence devra harmoniser les stratégies et comparer les résultats d’un pôle à l’autre.

Un premier bilan est annoncé après une année de mise en œuvre.

Maires et préfets face aux freins locaux

La réforme ne se limite pas aux nouvelles structures. Romuald Wadagni a demandé aux maires, préfets, cadres et citoyens de modifier leur manière d’agir au quotidien.

« Si nous souhaitons opérer le développement profond à la base, nous devons même, dans nos attitudes au quotidien, remettre en cause un certain nombre de choses », a déclaré le Chef de l’État.

Il a invité les responsables locaux à ne plus laisser prospérer les obstacles visibles au développement. Insalubrité, déchets abandonnés, désordre urbain, comportements qui dégradent les espaces publics : les autorités communales et départementales doivent les traiter avec constance.

Mais le président écarte la brutalité. « Il faut de la pédagogie, pas de violence. Il ne Faut pas brutaliser les gens. Vous donnez l’exemple », a-t-il lancé aux élus locaux et aux préfets.

De la présentation de cette reforme, on retient aussi que le développement territorial passera aussi par les routes, les unités de production et les services publics, mais il devra commencer dans les quartiers, les marchés, les écoles, les gares routières et les entrées de villes.

L’Atlantique-Littoral comme vitrine

Le pôle Atlantique-Littoral illustre déjà la logique du dispositif. Il rassemble une concentration d’infrastructures et d’activités qui peuvent servir de moteur à l’ensemble de la zone.

La Zone industrielle de Glo-Djigbé, avec ses unités de transformation et ses écoles-usines, porte la composante industrielle. L’économie bleue — pêche, aquaculture, activités portuaires, logistique et protection du littoral — complète ce potentiel.

Le pôle compte aussi sur le tourisme. Ganvié, Ouidah et Gogotinkpon doivent prendre place dans une offre mieux structurée, reliée aux patrimoines culturel, historique et naturel du Sud-Lire + Bénin. Sèmè City représente le versant innovation, avec ses formations, ses laboratoires et son écosystème entrepreneurial.

Chaque pôle devra trouver son propre équilibre. Le modèle ne sera pas copié à l’identique. Il sera adapté aux ressources locales, aux réalités de marché et aux besoins des populations.

Une promesse devenue chantier

Le projet figurait déjà dans le programme présenté par Romuald Wadagni pendant la campagne présidentielle. Le 21 mars 2026, le candidat défendait l’idée de six pôles régionaux pour sortir d’un pilotage uniforme du développement. Le 23 septembre, le président a engagé la phase de mise en œuvre avec les maires des 77 communes, les préfets, le gouvernement, le président de l’Assemblée nationale et les membres du Conseil économique et social.

La réforme repose sur un pari : les régions béninoises ne doivent plus attendre que la croissance arrive de l’extérieur. Elles doivent produire davantage, transformer localement et faire émerger leurs propres moteurs économiques.

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Francis Z. OKOYA

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