Portraits des présidents du Parlement béninois : Monseigneur Isidore de Souza, un pionnier discret

 Portraits des présidents du Parlement béninois : Monseigneur Isidore de Souza, un pionnier discret

Monseigneur Isidore de Souza

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Le Haut conseil de la République ou parlement de transition est le précurseur de l’Assemblée nationale de l’ère du Renouveau démocratique. Il a été mis en place par la Conférence des forces vives de la nation de février 1990 pour jouer à la fois le rôle d’organe législatif et de régulation du fonctionnement des institutions de la République en attendant la mise en place progressive des réelles institutions démocratiques attendues par le peuple. Il était alors présidé par feu Monseigneur Isidore de Souza.

Monseigneur Isidore de Souza
Monseigneur Isidore de Souza

Isidore de Souza est le premier président du parlement de l’ère du renouveau démocratique. En effet, à l’issue de la Conférence des forces vives de la nation tenue à Cotonou du 19 au 28 février 1990, il a été mis sur pied le Haut conseil de la République. Ce dernier faisait office à la fois de parlement et de Cour constitutionnelle. Le Haut conseil de la république avait pour missions essentielles de donner un support juridique aux idéaux de la Conférence des forces vives de la nation et de réguler le fonctionnement des institutions et de l’activité des pouvoirs publics. Cette expérience parlementaire a fonctionné du 28 février 1990 au 31 mars 1991. C’est finalement en juin 1993, après l’installation de la Cour constitutionnelle, que la mission du Haut conseil de la République a pris fin.

Fidèle à sa charge épiscopale

Malgré ce passage en politique avec ce que cela implique comme exigence et confort matériel, Monseigneur Isidore de Souza décide de retourner à sa charge épiscopale et de s’y consacrer entièrement jusqu’à sa disparition soudaine le 13 mars 1999 à l’âge de 64 ans. Isidore de Souza est né le  4 avril 1934 à Ouidah. Il est ordonné prêtre de Jésus-Christ le 8 juillet 1962 à Ouidah. Il poursuit ses études bibliques à Rome. Présent sur place pendant le Concile Vatican II, il y prend conscience de l’importance d’une formation théologique solide, de la nécessité pour les églises locales de s’inculturer, du bienfait pour les prêtres d’être envoyés ailleurs pour parfaire leur formation et du rôle des laïcs dans la vie de l’Eglise. De retour en Afrique, il est nommé professeur missionnaire à l’Institut supérieur de culture religieuse (ISCR) d’Abidjan. Enseignant durant de nombreuses années, Monseigneur de Souza s’est soucié de la formation des prêtres et religieux et de tous les chrétiens. C’est avec lui que l’ISCR est devenu Institut catholique de l’Afrique de l’ouest (ICAO).

Entrée fortuite en politique

Il est sacré archevêque coadjuteur de Cotonou le 8 décembre 1981. C’est le 27 décembre 1990 qu’il est confirmé archevêque de Cotonou. C’est par accident, et en remplaçant au pied levé de Monseigneur Christophe Adimou, qui ne pouvait y assister, qu’Isidore de Souza, archevêque coadjuteur de Cotonou, participa, du 19 au 28 février 1990, à la Conférence nationale des forces vives. « Je suis votre homme si vous le voulez », répondit-il quand on lui demanda s’il acceptait de la présider. Et il fut élu à l’unanimité des participants.

Pendant la Conférence, sa puissance de travail, sa largeur de vue, sa tempérance, son tact et son respect pour chacun, ainsi que sa pondération et sa fermeté en ont fait un négociateur hors pair. Après la Conférence, il a permis que l’espoir du peuple ne soit pas déçu et que la démocratie puisse légitimement s’installer dans le pays, sans heurts et sans difficultés. Pour Monseigneur Isidore de Souza, le chrétien a le devoir de s’engager dans la construction de la société civile pour permettre à tous les citoyens d’avoir des conditions de vie dignes. L’Eglise ne doit pas se confondre avec l’action politique mais ne doit pas non plus y rester étrangère. Monseigneur Isidore de Souza se retire de la scène politique en 1993. Il aura fallu que l’Eglise catholique romaine fasse pression sur le président de la République, Nicéphore Dieudonné Soglo, pour qu’il respecte le calendrier défini par la Conférence avec l’installation effective de la Cour constitutionnelle.

Véril TAKIN
Sources :

-MENSAH (Israël), Isidore de Souza, figure fondatrice d’une démocratie en Afrique : La transition politique au Bénin (1989-1993), Editions Karthala, 2011 ;

-SARR (Lucie), Mgr Isidore de Souza, père de la démocratie béninoise (en ligne), consulté le 8 juillet 2020.

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